France - Nouvelle-Zélande: Les cinq héros qui vont nous permettre de renverser les Blacks

RUGBY Attention, un Néo-Zélandais se cache parmi eux…

Nicolas Camus
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Le centre de l'équipe de France Wesley Fofana lors du match perdu contre l'Irlande en phase de poule de Coupe du monde, le 15 octobre 2015 à Cardiff.
Le centre de l'équipe de France Wesley Fofana lors du match perdu contre l'Irlande en phase de poule de Coupe du monde, le 15 octobre 2015 à Cardiff. — DAMIEN MEYER / AFP

Ne comptez pas sur nous pour parler d’exploit. Battre la Nouvelle-Zélande dans un match à élimination directe en Coupe du monde, quand on est Français, tient presque de la routine. Il n’y a qu’à voir comment les Blacks tremblent avant le choc de samedi. « Je ne dirai même pas qu’ils sont vraiment outsiders », estime Ben Smith, qui voit chez les Bleus « des menaces à tous les postes ».

On ne sait pas depuis combien de temps l’arrière néo-zélandais n’a pas vu jouer l’équipe de Saint-André - sans doute jamais - mais on a envie d’être d’accord avec lui. Un savant mélange d’expertise rugbystique, d’enthousiasme béat et de doigt mouillé (pas forcément dans cet ordre, d’ailleurs…) nous permet même de savoir quels vont être les cinq hommes clés de la victoire contre les Blacks. Et ils ne sont pas tous Français…

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Louis Picamoles

PSA l’a répété, et (pour une fois) difficile de ne pas être d’accord avec lui. Contre les Blacks, « pas de victoire sans répondre au défi physique », bien sûr. Et pas de défi physique sans un grand Louis Picamoles. Le troisième ligne toulousain est le joueur type du projet Saint-André. Eventuellement envoyer un peu de jeu, sur un malentendu, pourquoi pas, mais on est surtout là pour défendre et gagner quelques mètres dans les tranchées. Picamoles a été le seul à surnager (enfin, façon de parler) contre l’Irlande, avec 24 mètres gagnés et des tampons bien sentis. Cc Jonathan Sexton.



Et puis Louis il est capable de ça. Ça peut servir pour envoyer Dulin sous les poteaux pour voler le match à la 78e.



Morgan Parra

Le facteur X. « La rébellion, il va falloir la voir sur le terrain. C’est là qu’on verra si on a de la moelle, si on est de vrais compétiteurs », disait PSA après l’Irlande. Va donc pour la titularisation de Parra l’aboyeur, « car on connaît son leadership sur les avants ». Mais ce qui ressemble au changement du désespoir peut se révéler payant. Car le Clermontois avait des fourmis partout à force de s’asseoir sur le banc. Il voulait jouer, il va en avoir l’occasion face à la meilleure équipe du monde. Et puis il y a des gestes qui ne peuvent pas rester impunis ad vitam aeternam.



Wesley Fofana

Il avait commencé son Mondial par un forfait contre l’Italie, avant de se chauffer gentiment les crampons contre le Canada et la Roumanie. Mais face à l’Irlande, Fofana a sombré, comme tous ses petits copains. Alors certes c’est un peu compliqué d’inventer quelque chose dans une équipe qui n’a jamais le ballon, mais marquer des essais contre des nations de deuxième zone ne suffit pas. C’est face aux gros que l’on attend que Wesley Snipe… Ça tombe bien, PSA a décidé, pour ce quart, de le repositionner en premier centre. Un poste où l avait été élu meilleur du monde en 2013. De quoi apporter de la vitesse et de la variété au jeu tricolore. Ça ne pourra pas faire de mal.



Scott Spedding

Le Sud-Africain d’origine est un Ovni dans ce XV de France. Et oui, on a vérifié, il est le seul à avoir réussi l’exploit de franchir une ligne contre l’Irlande. Certes, pour les courses gracieuses et virevoltantes, on repassera, mais Spedding, s’il est parfois désespérant de prévisibilité, a le mérite de tenter des choses. Et de savoir taper des 50 mètres. Vu qu’il faudra saisir la moindre mini-opportunité de scorer, il sera précieux. Passé à deux doigts (ou un coude) de LA superbe relance à plusieurs reprises dans ce Mondial, l’arrière des Bleus va bien finir par y arriver. Ce serait mieux si c’était samedi plutôt que lors du Tournoi 2016.



Dan Carter

On ne va pas se le cacher, malgré tout ce qu’on a dit plus haut, un coup de pouce des Néo-Z ne sera pas de trop pour espérer passer. Heureusement, la victime parfaite est toute trouvée, en la personne du grand, du beau, du talentueux, du merveilleux Dan Carter. Car oui, l’ouvreur Black est tout ça à la fois… sauf quand il y a quelque chose qui ressemble de près ou de loin à du Bleu dans le coin. Comme un Mogwai avec l’eau, Dan devient tout bizarre quand il est mis en contact avec un Français. Sorti sur blessure lors du quart de 2007, victime d’une rupture partielle du tendon d’Achille avec seulement 4 matchs en Top 14 en 2009, il n’était pas de la finale 2011 à cause d’ischios en vrac.


La clé de voûte des Néo-Zélandais sera bien là samedi. Mais avec le pied qui tremble de celui qui veut, enfin, ça peut arriver même aux meilleurs. On adore ce joueur mais là, on est (quasiment) sûr qu’on peut compter sur lui pour rater le drop de la gagne à la fin d’une séquence de 12 minutes de défense acharnée des Bleus dans leurs 22. Que Carter se rassure, on saura l’accueillir comme il se doit quand il débarquera au Racing Métro après le Mondial.