Coupe du monde de rugby : On a visité l’église du rugby à Cardiff pour aider les Bleus

RUGBY L’église baptise de Saint John héberge une gravure un peu particulière…

Julien Laloye
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L'église baptise de St John, à Cardiff
L'église baptise de St John, à Cardiff — Crédits/wikipedia

De notre envoyé spécial à Cardiff,

L’affaire nous taraudait depuis plusieurs jours. Depuis qu’on avait posé notre regard sur cette curieuse affichette lors d’une balade dans le coquet centre historique de Cardiff. « Visit’s rugby Cardiff rugby church and find the carved rugby ball ». « Venez visiter l’église du rugby à Cardiff et trouvez le ballon de rugby sculpté ». L’endroit, l’église de Saint John, était fermé, et notre hôte galloise n’avait jamais entendu parler de cette histoire. Comme elle n’est ni croyante ni fan de rugby, nous avons décidé de pousser nos investigations en journée, lors des rares heures d’ouverture.


L’idée de départ était simple. Entrer discrètement, apercevoir un groupe de supporters français – de préférence en béret et avec un accent du sud, en train de prier la sainte vierge du rugby oui qui que ce soit d’autre pour éviter d’en prendre 40 contre les Blacks, deux ou trois témoignages, et zou, retour à la maison. Naturellement, cela ne s’est pas passé comme ça. Pas un béret basque à l’horizon, juste une vieille dame silencieuse qui n’aime pas le rugby et qui nous conseille de jeter un œil au tea POT, petite pièce très conviviale où l’on peut manger pour pas chère. « Vous cherchez quelque chose, nous apostrophe une autre vieille dame qu’on jurerait être la même que la précédente ? Le ballon de rugby, C’est par ici, je vais vous montrer ».


Nous voilà emmenés de force, dans une petite chapelle orientée à l’est. Et là, un ballon de rugby clairement visible, entouré par deux petites jonquilles, « les symboles de club de country de Glamorgan », nous précise notre guide. Le reste est taillé dans le bois juste en dessous. « A la mémoire de Hugh Murray Ingledew, un homme aimé, un sage conseiller, un bon sportif, un ami loyal, chevalier de l’ordre vénérable de Saint-Jean ». La vieille dame emmitouflée dans son gilet violet nous invite à jeter un œil à la petite exposition située un peu plus loin. On y apprend qu’avant de devenir un croyant dévot, le fameux Murray avait été un international gallois à la fin du XIXe siècle. Mais l’homme est surtout connu pour avoir acheté le site de l’Arms Park, l’ancien stade de rugby de la sélection galloise, pour son club de cricket en échange de 30 000 livres.

Le Pays de Galles, un peuple qui a de l’humour

En gros, nos amis paroissiens jouent un peu avec l’histoire pour essayer d’attirer le chaland. L’église de Saint John n’est pas un lieu de recueillement et de prières avant les grands matchs du Pays de Galles. « Enfin pas plus qu’ailleurs, corrige la vieille dame qui a changé de gilet. A moins qu’on ait changé de vieille dame, difficile de se rappeler. Mais peut-être qu’il y a des Français qui vont venir prier pour que le match dont vous parlez se passe bien ». On glissera l’idée aux joueurs du XV de France, ça ne peut pas faire de mal.