Coupe du monde 2022 : Avec une équipe bis, les Bleus de DD la bricole s’inclinent face à la Tunisie

FOOTBALL Avec une équipe remaniée à plus de 80 % au coup d’envoi, Les Bleus ont fini par céder la victoire à la Tunisie, mais conservent la première place de leur groupe

Aymeric Le Gall
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L'entrée de Kylian Mbappé n'a rien changé pour les Bleus face à la Tunisie.
L'entrée de Kylian Mbappé n'a rien changé pour les Bleus face à la Tunisie. — Anne-Christine POUJOULAT
  • Les Bleus se sont inclinés dans un match sans saveur avec une composition d’équipe très remaniée face à la Tunisie (0-1)
  • Un revers qui ne change rien sur le fond puisque les Bleus sont qualifiés pour les 8es en tant que premiers de poule, mais qui confirme que les remplaçants tricolores n’ont pas tous le niveau.

De notre envoyé spécial à Doha,

On avait voulu croire que ce troisième match face à la Tunisie serait différent de ceux, pour du beurre aussi, de 2014 et 2018. Et il le fut en un sens, puisque, cette fois-ci, on n’a pas fait match nul, mais on a carrément perdu. Il a tout de même fallu l’intervention de la VAR pour annuler un but de Griezmann, au bout du bout du temps additionnel, pour en venir à ça. Mais, dans le contenu, et peut-être aussi dans la compo, on espérait mieux du sélectionneur et de ses coiffeurs.

Certains choix amèneront à s'interroger et on aura le temps d’en discuter d’ici aux huitièmes de finale de dimanche. En attendant, les Bleus sont premiers de leur groupe et n’ont perdu personne sur blessure. C’est bien le principal pour le Didier Deschamps et son staff. Un DD qui a aussi pu constater qu’entre ses titus habituels et son équipe bis, ce n’est pas un ou deux niveaux d’écart qu’il y a, mais bien un gouffre insondable. Interdiction de perdre qui que ce soit sur blessure désormais.




Deschamps nous l’a fait à l’envers. Et dire qu’on l’a cru quand il nous a dit qu’il n’était pas question de « galvauder » ce match pour peanuts contre la Tunisie. Naïfs que nous sommes… En voyant le XI aligné par Didier Deschamps, mercredi soir, du côté du stade de la Cité de l’éducation (ils auraient pu faire plus long aussi), avec neuf changements par rapport à l’équipe victorieuse du Danemark quatre jours plus tôt, mais surtout en voyant les positions de certains – Disasi latéral droit, Guendouzi milieu gauche ou Camavinga latéral gauche, et Veretout, tout court – on ne peut s’empêcher de suspecter que DD a perdu un pari. Du genre « je suis sûr que t’es pas cap ! ». Eh ben si, cap. La première période ne fut donc, sans aucune surprise, qu’un long calvaire, notamment pour Camavinga dans son couloir gauche sur lequel les Tunisiens, pas cons, n’ont cessé d’appuyer. C’est finalement sur une perte de balle clownesque de Youssouf Fofana au milieu du terrain que la Tunisie va ouvrir le score grâce à Khazri (58e), bien aidé par un Varane en recule-frein dont le niveau a de quoi inquiéter avant dimanche.

Une stratégie qui laisse songeur. Le pire dans tout ça, c’est que c’était exactement le plan du sélectionneur. Pas qu’on s’emmerde comme des rats morts, quoique, mais que ses coiffeurs gambadent au moins une heure, peu importe la manière et le résultat, afin que les cadres se refassent la cerise en vue de ce qui nous attend dimanche. Derrière, que le public et les téléspectateurs aient vu défiler leur vie devant leurs yeux, ce n’est pas son problème, à Deschamps. Le problème, c’est que cette stratégie a ses limites. Déjà, la défaite brise, qu’on le veuille ou non, une certaine dynamique, mais, surtout, ce groupe France et les titulaires de ce Mondial n'ont pas non plus tant de vécu que ça pour qu’on se permette de bazarder un match d’une telle manière.

Dembouz peut siester tranquille. Titularisé en attaque aux côtés de Kolo Muani, l’ailier du Bayern était certainement le joueur qui avait, sinon le plus à jouer, au moins le plus à prouver à son sélectionneur. Force est de constater que l’ancien parisien est passé totalement à côté de sa mission, mercredi soir, à l’image de ce contrôle assassin manqué, alors que Fofana venait de le mettre sur orbite dans la surface adverse, pour ce qui aurait pu être la seule occase française en première période. Au-delà de ça, le King s’est montré brouillon techniquement et peu ambitieux au moment d’aller défier son vis-à-vis sur l’aile, ce qui est quand même dommage, quand on a la pointe de vitesse d’une F1 de chez Red Bull. Ousmane Dembélé peut donc roupiller tranquille au fond de la classe, ce n’est pas demain que Coman va lui contester sa place en huitièmes de finale. Au grand jeu des perdants, on peut ajouter à peu près tous les remplaçants, excepté Kolo Muani et Konaté, très solide derrière. Ça fait tout de même léger pour voyager loin si par malheur il nous arrivait de perdre encore un ou plusieurs cadres en route.