Coupe du monde 2018: Basket, hand, foot, tennis, ski… Les Croates sont-ils programmés pour gagner?

REPORTAGE Petit pays de quatre millions d'habitants, la Croatie est qualifiée pour la finale de la Coupe du monde en Russie. Elle excelle dans de nombreux sports et a fourni énormément de très grands champions...

Camille Allain

— 

Marin Cilic, Luka Modric et Bojan Bogdanovic. Trois stars du sport croate parmi tant d'autres.
Marin Cilic, Luka Modric et Bojan Bogdanovic. Trois stars du sport croate parmi tant d'autres. — Ben Curtis/Thiago Bernardes/Tony Dejak/SIPA Montage PicMonkey
  • Petit pays, la Croatie affrontera l’équipe de France dimanche en finale de la Coupe du monde en Russie.
  • Rakitic et Modric ne sont pas les seules stars du pays. Les athlètes croates excellent dans de nombreux sports : le hand, le basket, le tennis, le ski ou encore le water-polo.
  • Le système scolaire croate laisse du temps libre aux enfants pour pratiquer le ou les sports de leur choix.
  • Les habitants que nous avons rencontrés à Zagreb estiment qu’ils ont en eux « un potentiel » et « un cœur » pour gagner.

De notre envoyé spécial à Zagreb (Croatie),

Une église, un immeuble. Et au milieu, un terrain de hand. Dans les rues de Zagreb, les terrains de sport se cachent partout. Comme dans tout le pays d’ailleurs. Allez voir la très touristique Dubrovnik, dans le sud. Dans les étroits remparts, vous découvrirez des terrains de basket triangulaires. Les dimensions n’y sont pas très réglementaires mais qu’importe.

C’est un fait, la Croatie aime le sport. Son équipe de foot sera en finale du Mondial russe dimanche face aux Bleus. Ses handballeurs sont parmi les meilleurs au monde (derrière la France, soit). Bojan Bogdanovic est un des meilleurs basketteurs européens du moment. Au tennis, Marin Cilic est numéro 5 à l’ATP, et digne héritier de la star Goran Ivanisevic. On vous épargne leurs résultats en ski (coucou la famille Kostelic) et même en water-polo, sport ultra-populaire ici.

En interrogeant les locaux dans les rues de Zagreb, nous nous sommes vite rendu compte qu’ici, tout le monde avait pratiqué au moins un sport dans sa jeunesse. « Les parents veulent que leurs enfants bougent, ils savent que c’est bon pour eux. Faire du sport, c’est comme boire un café le matin, c’est une habitude », lâche Igor, entraîneur du club de basket des Zagreb Bears.

« Ici, tout le monde a l’esprit de compétition »

La pratique commence souvent en marge de l’école. En Croatie, le système scolaire est organisé en demi-journée. Un semestre vous avez classe le matin, l’autre semestre l’après-midi. Le temps pour les gosses de pratiquer plusieurs sports en même temps. « Mon père jouait au water-polo. Il m’a dit que c’était bon pour moi, alors je m’y suis mis ». Peter y jouera pendant 17 ans et atteindra même le niveau professionnel. « Si tu es bon, c’est plus simple à l’école, on te laisse tranquille. De toute façon, ici tout le monde a l’esprit de compétition ».

Initier ses jeunes au sport est une chose. En faire des champions quand on est un petit pays de quatre millions d’habitants en est une autre. Alors c’est quoi le secret croate pour marcher sur la planète ? « On a ça dans le cœur. On aime se battre. On s’est battus pour notre indépendance et aujourd’hui on se bat pour avoir de meilleurs jobs. Les Croates cherchent toujours le succès », estime Karlo, cuisinier au Food & football festival.

Leur secret ? « La génétique »

Pour Igor, l’entraîneur de basket, c’est « la génétique qui parle ». « Ici, mais aussi en Bosnie, en Serbie, on a toujours eu le potentiel pour réussir en sport ». La superstar du FC Barcelone Ivan Rakitic abonde. « Quand on enfile le maillot de la Croatie, on devient une autre personne. Pas juste au foot, on est aussi très bons en tennis, en handball, en basket, en water-polo. Si jamais on avait un champion de ping-pong avec le maillot croate on serait tous à fond derrière lui », a déclaré le milieu de terrain en conférence de presse.

Nul doute que le parcours des Vatreni (les flamboyants en français) va susciter des vocations. « Ici, les gosses suivent les équipes qui marchent. Si les handballeurs sont champions, ils font du hand. Là, ils vont tous se mettre au foot ». Entraîneuse de tennis, Melita risque donc de perdre quelques élèves cet été. En attendant le prochain triomphe d’un énième grand serveur local…