Coupe du monde 2018: «Ils se connaissent par cœur», la génération 93 squatte les Bleus et ça pourrait bien nous servir

FOOTBALL Ils sont six nés cette année-là à faire partie du groupe pour ce Mondial... 

Nicolas Camus

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Paul Pogba et Samuel Umtiti sont deux des six représentants de la génération 93 en équipe de France pour la Coupe du monde 2018.
Paul Pogba et Samuel Umtiti sont deux des six représentants de la génération 93 en équipe de France pour la Coupe du monde 2018. — AFP / Montage
  • Pogba, Varane, Umtiti, Areola, Thauvin et Fékir font partie de la même génération.
  • Quatre d'entre eux ont été champions du monde U20 ensemble.
  • Leur histoire commune est solide, et constitue un point fort pour le groupe actuel.

De notre envoyé spécial à Istra,

Il y a des années, comme ça, qui marquent plus que d’autres quand on s’intéresse au foot. 1993 en est une. Elle a offert à la France la seule Ligue des champions de son histoire, et puis quelques sacrés joueurs de ballon, aussi. Désolé pour Basile Boli, mais c’est bien ça qui nous intéresse pour cette Coupe du monde en Russie. La « génération 93 » est avec six éléments la plus représentée dans la liste des 23 de Didier Deschamps, et ce n’est pas si anecdotique.

Parlez-en à Florian Thauvin et vous verrez son visage s’illuminer dans la seconde. Se retrouver à Clairefontaine lors de la préparation avec Paul Pogba, Raphaël Varane, Samuel Umtiti, Alphonse Areola et Nabil Fekir (tous nés en 93 donc pour ceux qui n’auraient pas été attentifs) est pour lui un vrai bonheur. « On se connaît tous très bien, on est de bons potes dans la vie, raconte le Marseillais. A chaque fois qu’on se voit, ce sont de super moments. C’est une génération exceptionnelle, pétrie de talent. »

Champions (du monde) mon frère

Talentueuse, et qui connaît le goût de la victoire. C’était en 2013, en Turquie. Les petits Bleus - sans Varane, déjà en A, ni Fekir - ont été sacrés champions du monde U20. « On en parle régulièrement, c’est un magnifique souvenir pour nous », reprend FloTov. Mais pas que. Ce titre n’est pas seulement une belle photo encadrée sur la cheminée à la maison, il est aussi un repère, un truc qui les a tous marqués et qui se voit encore aujourd’hui. « On a appris à gagner, explique Samuel Umtiti. Ça nous a donné la volonté de vouloir accrocher cette équipe de France A et de jouer toutes les grandes compétitions. »

Jour J ! Rdv à Clairefontaine 😍🇫🇷 @paulpogba @areolaofficiel

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L’apprentissage s’est fait dans la douleur. L’année précédente, la défaite en demi-finale de l’Euro U19 face à l’Espagne a fait très mal. La phase de poule de ce Mondial se passe mal, avec un nul contre les Etats-Unis et une défaite face aux Espagnols. Encore eux. « C’était la mini-crise ! On avait organisé une réunion pour se parler, nous raconte Alexy Bosetti, présent dans ce groupe pendant trois ans. Après ça, on avait explosé la Turquie chez elle en 8e, 4 à 0. Ça nous avait libérés et renforcés. Tout est parti de là. »

A l’intérieur, le taulier, c’est Paul Pogba. « Il était capitaine. C’était le patron, le boss. Et il n’avait pas besoin de le dire, c’était comme ça », retrace Bosetti. C’est lui, surtout, qui avait parlé lors de cette « mini-crise ». Umtiti est son lieutenant. Les deux sont les meilleurs sur le terrain. « Paul était au-dessus. Il jouait avec nous, on était ses enfants, dit le Niçois en se marrant. Sam, lui, il était déjà hyper costaud. A l’entraînement il me choquait, il mettait un engagement de dingue. C’était un monstre, une montagne. »

Paulo, 20 ans et déjà chambreur.
Paulo, 20 ans et déjà chambreur. - BEHROUZ MEHRI / AFP

Titulaires en Russie, comme l’élève modèle Varane, ils ont toujours des liens particuliers. « Ça fait quasiment dix ans que sans jouer dans le même club, ils évoluent ensemble. Ils se connaissent par cœur », explique Bosetti, pour qui un élément de cette génération est plus important encore que tout le reste : l’entente.

L’ambiance qu’il y avait dans cette équipe, c’était dingue. Je n’ai jamais connu ça à nouveau ensuite. Avec cette génération, ça a toujours été comme ça. Il n’y avait pas d’embrouille. J’en ai jamais vu, ou alors des tout petits trucs. On s’entendait tous très bien. Et là, de ce que je sais, en A c’est toujours pareil. Ce n’est pas une façade.

Décidément, le tableau est joli. La touche finale est pour Guy Ferrier, à l’époque entraîneur national des moins de 16 et moins de 17 ans, et qui a vu éclore cette génération. « Ils ont du talent et en même temps des valeurs, disait-il dans le Parisien. Ils jouent ensemble par envie, pas par obligation. Ils ont la victoire en eux. » La victoire est en eux ? Ça nous rappellerait presque quelque chose… mais on n’en est pas encore là.