Coupe du monde 2018: Pour René Girard, Benjamin Pavard «n'est vraiment pas arrivé là par hasard»

FOOTBALL L’ancien entraîneur du Losc a fait débuter le défenseur chez les pros. Trois ans plus tard, Benjamin Pavard sera titulaire ce samedi midi avec les Bleus en coupe du monde…

Francois Launay

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Benjamin Pavard va faire ses grands débuts en coupe du monde avec l'équipe de France
Benjamin Pavard va faire ses grands débuts en coupe du monde avec l'équipe de France — Claude Paris/AP/SIPA
  • Benjamin Pavard devrait jouer son premier match de coupe du monde ce samedi midi contre l’Australie.
  • Une sacrée ascension pour ce défenseur qui a fait ses débuts en pro il y a seulement trois ans.
  • Entraîneur de Lille à l’époque, René Girard raconte pourquoi il a fait confiance à ce gamin.

C’est l’une des sensations de cette équipe de France. Appelé par Didier Deschamps à la surprise générale en novembre dernier, Benjamin Pavard sera titulaire dans le couloir droit ce samedi midi face à l’Australie pour l’entrée des Bleus en coupe du monde.

Une ascension fulgurante pour le Nordiste de 22 ans, joueur du VFB Stuttgart, qui a commencé sa carrière professionnelle avec le Losc à Nantes le 31 janvier 2015 sous les ordres de René Girard. L’ancien entraîneur de Montpellier, de Lille ou encore de Nantes a accepté de s’épancher sur ce défenseur qui lui est cher.

Comment avez-vous lancé Benjamin Pavard chez les pros ?

C’était un jeune du Losc à une période où j’avais des besoins sur le plan défensif (saison 2014-2015). Dans le cadre du prêt de Rony Lopes à Lille, l’équipe réserve du club avait joué à Luchin un match amical (novembre 2014) contre les U21 de Manchester City alors entraînés par Patrick Vieira, et je l’avais trouvé intéressant. Comme j’avais une pénurie de défenseurs à cause de blessures, j’avais donc fait appel à Benjamin.

Il est venu dans le groupe avec nous. Et très vite, on a eu l’impression qu’il avait toujours été là. Ce n’est pas le genre de garçon à crier haut et fort. C’est quelqu’un de très humble mais qui sait ce qu’il veut. Il montre ce qu’il vaut sur le terrain. Que ce soit sur un côté ou dans l’axe, il s’était rapidement imposé. Aujourd’hui, il est en équipe de France. Il a fait un sacré chemin et a gravi les échelons avec beaucoup de maturité. C’est sa force. Passer de Lille pour aller s’imposer en Allemagne puis s’imposer en équipe de France, il faut le faire.

Était-il le meilleur jeune du club à l’époque ?

Il était là mais ne faisait pas beaucoup de bruit. Par contre, on le remarquait très vite sur le terrain. C’est un garçon élégant. Il est grand. C’est un bon joueur de tête, un bon relanceur. Il fallait juste voir s’il avait la pointure pour passer au-dessus et c’est ce qu’il a fait. Il n’est vraiment pas là par hasard. Ce qui est bien avec un garçon comme ça, c’est qu’il arrive et vous pouvez le mettre où vous voulez, il n’y a aucun souci. Avec nous, il a vite été comme un poisson dans l’eau sans se poser trop de questions. C’est vraiment quelqu’un qui a beaucoup de facilité. Il ne faudrait juste pas qu’il en abuse trop.

Où le faisiez-vous jouer à Lille ?

Il jouait sur le côté droit mais en fait, il est capable de jouer à tous les postes de la défense. Je l’ai d’ailleurs utilisé dans l’axe et même à gauche une fois je crois. Et à chaque fois, il avait répondu présent.

Trois ans après, Pavard est chez les Bleus. Ça vous surprend ?

L’heure n’est pas à la surprise mais plutôt de se dire « quel super parcours ». Il a super bien travaillé et il aussi fait des bons choix de carrière ce qui lui permet de faire un Mondial. C’est quelque chose de fabuleux. Je suis très heureux pour lui. Car en plus d’être un bon footballeur, Benjamin est un garçon super.

Vous êtes restés en contact avec lui ?

Oui. Il a toujours eu un petit mot gentil par rapport à ce qu’on a vécu ensemble. Même si, ce qu’il a fait, il le doit avant tout à lui. Je l’ai lancé mais il a su prendre sa chance. Mais il m’a toujours témoigné de la reconnaissance et du respect. Dans le foot de haut niveau, ce ne sont pas des choses qui courent les rues. Et ça me fait très plaisir.