Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Quentin Fillon Maillet s’offre le record olympique et songe aux JO 2030

JO 2026 - Biathlon : « Pourquoi pas aller chercher les Alpes 2030 »… Quentin Fillon Maillet, entre un record et une vision

Un homme tout neufLe héros des JO de Pékin 2022 vient de boucler en beauté ses Jeux de Milan-Cortina, ce vendredi, avec une médaille de bronze sur la mass-start à Anterselva. Pourquoi s’arrêter en si bon chemin, après cette 9e médaille olympique en poche ?
Qui est Quentin Fillon Maillet, le Français le plus médaillé de l'histoire des Jeux olympiques ?
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • Quentin Fillon Maillet a remporté ce vendredi sa quatrième médaille sur les JO de Milan-Cortina 2026, le bronze sur la mass-start. Cette nouvelle perf du Jurassien porte son total à neuf médailles olympiques.
  • Il s’agit d’un record pour un athlète français sur des JO, hiver et été compris, devant des « monuments » comme Teddy Riner, Léon Marchand et Martin Fourcade.
  • Malgré quatre tirs manqués ce vendredi, le biathlète de 33 ans a fini sa course sur le podium grâce au meilleur temps de ski du jour, avec 36 secondes d’avance sur le Norvégien Sturla Laegreid (2e). « QFM » a de lui-même ouvert la porte à une participation aux JO 2030 dans les Alpes.

De notre envoyé spécial à Anterselva,

Roger Federer a-t-il une part de responsabilité dans les énormes JO de Milan-Cortina 2026 de Quentin Fillon Maillet ? Le Jurassien explique en tout cas avoir été marqué par une interview du légendaire tennisman suisse, qui révélait avoir gagné « 54 % de ses points dans toute sa carrière ». « Quand on voit ça, on se dit que ça n’est pas tant, mais il a gagné les bons points, indique le biathlète tricolore. C’est ce qu’il faut faire pour devenir un grand champion, on n’a pas besoin d’être parfait tout le temps, il faut aller chercher les bonnes choses. »

Et « QFM » s’est autant spécialisé dans cette quête que le vainqueur de 20 tournois du Grand Chelem. Ses cinq médailles de Pékin étaient supposées être son évident prime, avant une dégringolade en Coupe du monde à partir de la saison suivante ? Figurez-vous qu’à 33 ans, Quentin Fillon Maillet reste une machine à grands rendez-vous, comme l’a encore prouvé la médaille de bronze arrachée ce vendredi sur la mass-start, sa quatrième trace laissée pour l’histoire en Italie, après l’or sur les deux relais et sur le sprint.

Tout sourire, Quentin Fillon Maillet savoure sa quatrième médaille récoltée sur ces JO de Milan-Cortina, ce vendredi à Anterselva.
Tout sourire, Quentin Fillon Maillet savoure sa quatrième médaille récoltée sur ces JO de Milan-Cortina, ce vendredi à Anterselva.  - O. Andersen/AFP

Encore ultra-dominateur sur les skis

Avec lui, il n’est pas question de deux semaines éreintantes ou d’un vent ultra-capricieux. Non, « QFM » s’accroche pour coiffer dans le dernier tour l’Allemand Philipp Horn, déposé dans la grosse bosse d’Anterselva. « Quentin, c’est dans son tempérament, c’est quelqu’un qui ne lâche jamais rien, du début à la fin, ni à l’entraînement, ni en compétition, apprécie Simon Fourcade. Quand il a une idée en tête, il va au bout. C’est ce qui est compliqué des fois aussi avec lui, parce qu’il y a du bon et du moins bon là-dedans. »

Le voir dynamiter une course assez décevante ce vendredi place sa performance du jour du bon côté de la barrière. Ultra-dominateur sur les skis durant l’intégralité de la course (+ 36 secondes sur Sturla Laegreid), Quentin Fillon Maillet n’a pas pu se mêler à la course à l’or en raison de quatre balles laissées en route. Mais le bonheur est là pour le seul athlète français de l’histoire comptant neuf médailles olympiques.

« Vous parlez presque plus de ce record que je n’y pense, sourit l’intéressé, en s’adressant aux médias avec la 9e médaille olympique de sa carrière autour du cou. Il y a plus d’échecs que de succès dans une carrière, mais c’est sûr que sur ces deux derniers JO, la tendance a été différente pour moi. » Tout sourire après sa dernière épreuve de la quinzaine à Anterselva, Quentin Fillon Maillet est conscient qu’il est « exceptionnel d’avoir battu des monuments comme Teddy Riner, Martin Fourcade, Léon Marchand et d’autres ».

Eric Perrot et Quentin Fillon Maillet, ici lors du relais masculin olympique de biathlon, remporté pour la première fois de l'histoire par les Bleus.
Eric Perrot et Quentin Fillon Maillet, ici lors du relais masculin olympique de biathlon, remporté pour la première fois de l'histoire par les Bleus. - M.Bergeld/BILDBYRÅN/SIPA

« QFM » ambitieux aussi en Coupe du monde ?

Et là, en pleine enflammade, le biathlète enchaîne de lui-même, sans la moindre question sur son avenir à long terme : « C’est exceptionnel de vivre ces moments-là, et ça me fait encore plus rêver à pourquoi pas aller chercher les Alpes 2030. Ça n’est pas une annonce officielle bien entendu. Je me dis que si j’arrive à gérer l’emploi du temps, la famille [il sera papa pour la première fois dans les prochains mois], la motivation, les performances, alors pourquoi pas. J’aime tellement le biathlon, m’entraîner, les courses, gagner bien sûr ».

Cette insatiable soif de titres sur les grands événements, son colocataire à Anterselva Eric Perrot en est témoin de près depuis deux semaines. « C’est impressionnant, estime le jeune Savoyard. Humainement, il est beau à regarder, je suis fier de pouvoir suivre son aventure. Il a réussi des Jeux de Pékin hors normes, il arrive à refaire ça quatre ans après malgré beaucoup de moments difficiles. Il fait partie des vrais robustes de la Coupe du monde. » Une Coupe du monde que « QFM » a même hâte de retrouver, après avoir fait le plein de récompenses dans le Sud-Tyrol.

Notre dossier sur les JO d'hiver 2026

Alors oui, il n’est que 5e du classement général à 331 points d’Eric Perrot. Mais le « morbac », surnom donné par le staff des Bleus, n’a pas lâché d’affaire. « Je ne sais pas si j’ai une chance de reconquérir le maillot jaune, mais en tout cas ces Jeux me donnent beaucoup de motivation et de confiance pour la suite. Je me rappelle de la fin de saison après Pékin qui avait été exceptionnelle. » Et si on assistait à une passionnante explication entre colocs sur le circuit de Coupe du monde, puis à long terme sur des JO en France, avec un « QFM » toujours bluffant à 37 ans ?