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JO 2026 - Biathlon : « J’étais comme déconnectée de mon corps »… Faut-il s’inquiéter pour le tir de Lou Jeanmonnot ?
Coup de Lou•Rayonnante lors du relais mixte, la leader de la Coupe du monde ne domine pas jusque-là les formats individuels des JO d’hiver de Milan-Cortina 2026. Ses difficultés inhabituelles au tir lui coûtent une médaille, ce dimanche, lors de la poursuiteJérémy Laugier
L'essentiel
- La série de médailles de l’équipe de France de biathlon aux JO de Milan-Cortina 2026 vient de s’arrêter ce dimanche lors de la poursuite féminine.
- Les performances au tir d’Océane Michelon (5e avec 16/20) et de Lou Jeanmonnot (4e avec 17/20) ont été insuffisantes pour accéder au podium d’une course remportée par l’Italienne Lisa Vittozzi.
- Bien que médaille d’argent sur l’individuel et en bronze sur le sprint, Lou Jeanmonnot peine à confirmer son statut de leader incontestée de la Coupe du monde. Elle souffre notamment sur le pas de tir d’Anterselva-Antholz.
De notre envoyé spécial à Anterselva,
L’impériale série de l’équipe de France de biathlon a pris fin sur la 7e course de ces JO d’hiver de Milan-Cortina 2026. Avec systématiquement un(e) biathlète (voire deux) sur chaque boîte depuis une semaine, la discipline continue de représenter plus de 50 % des médailles de la délégation tricolore (8/15 avec Emilien Jacquelin en petit dernier). Mais le coup d’arrêt de ce dimanche sur la poursuite féminine n’est pas anecdotique.
Il s’explique par le forfait d’une Julia Simon malade, par la non-qualification de Justine Braisaz-Bouchet (62e du sprint), ainsi que par la réussite au tir insuffisante d’Océane Michelon (5e avec 16/20) et de Lou Jeanmonnot (4e avec 17/20). La jeune Savoyarde (23 ans) a pleinement répondu aux attentes depuis son entrée en lice samedi, pour les deux premières courses olympiques de sa vie (2e au sprint). Mais l’or dans une course individuelle fait défaut à l'actuel dossard jaune de la Coupe du monde.
« Le pire, c’était le tir », enrage Lou Jeanmonnot
« Lou, il lui manquait la médaille en chocolat, maintenant elle l’a. Je ne sais pas quelle saveur elle aura », a lancé l’entraîneur des Bleues Cyril Burdet. Avant de reprendre, plus sérieusement : « J’imagine qu’elle va être très frustrée ». En effet, la Jurassienne, bien marquée, ne s’est pas éternisée dans la zone d'interview d’Anterselva.
Elle a tout de même glissé : « Au début, je me sentais super bien sur les skis. Je pensais que ça allait être une bonne journée, et puis j’ai eu l’impression que ça n’arrêtait pas de se dégrader. Le pire, c’était le tir, où je n’ai pas réussi à rester dans la course aux médailles ».
Voilà effectivement le point central des difficultés de Lou Jeanmonnot, en argent sur l’individuel et en bronze sur le sprint. Elle court après un sans-faute sur le pas de tir depuis son arrivée en Italie, entre le 9/10 du relais mixte, un 18/20 sur l’individuel, un 9/10 au sprint, et donc ce problématique 17/20 du jour. Dont une balle fatale au dernier tir debout qui a permis à Lisa Vittozzi, Maren Kirkeeide et Suvi Minkkinen de lui souffler les médailles.
Première course sans médaille pour la Jurassienne
« Il m’a semblé que Lou était un peu sur la retenue sur le pas de tir, note Cyril Burdet. Elle avait beaucoup d’exigence sur la manière, peut-être un peu trop, et elle a oublié de lâcher son tir. C’était un peu lent, alors que je l’ai encore trouvée très rapide sur la piste. » Quatrième biathlète la plus rapide sur les skis, elle n’est effectivement que 30e dans son temps passé sur le pas de tir. Très régulière au tir cette saison (95 % au couché, 87 % debout), Lou Jeanmonnot montre une fébrilité dans cet exercice à Antholz.
« J’ai vraiment envie de faire une belle course, parce que là, sur le pas de tir, ce n’est pas chouette. Sur les skis, j’étais très bien sur le premier tour, mais je sais que je peux mieux faire au tir. Je me tends et je ne comprends pas pourquoi je n’arrive pas à me ressaisir, je m’autosabote et ça m’énerve. A un moment donné, j’étais comme déconnectée de mon corps, et je n’arrive toujours pas à croire que j’ai raté une si belle occasion », résume-t-elle, tout en se disant « abasourdie » par sa poursuite.
« Ce sont des choses qui arrivent, relativise Cyril Burdet. Il lui reste encore à apprendre. Ce sont ses premiers Jeux, et là c’est la première fois qu’elle ne fait pas de médaille, ça fait partie du parcours. » Problème : il ne lui reste plus que la mass-start dans six jours pour sortir la « belle course » référence que vise forcément un dossard jaune de Coupe du monde.
Le retour du « cheat code » attendu
Tout en expliquant que le vent d’Antholz n’a « pas trop d’impact » sur les tirs, Océane Michelon ne s’inquiète pas pour sa coéquipière : « Aujourd’hui, elle est surtout frustrée par cette dernière erreur au tir qui lui coûte le podium. Je la sens hyper motivée et je n’ai aucun doute sur le fait qu’elle va rebondir, on la connaît tous. Ça va lui faire ressortir encore un peu plus les crocs. Et attention les yeux sur les prochaines courses ! ».
Avant la mass-start finale, il y aura le relais féminin, où les Bleues font subitement moins office d’épouvantail. Qualifiées de « cheat code » dans les épreuves par équipe par les Norvégiens et les Allemands, les Françaises auront besoin d’une Lou Jeanmonnot taille patronne mercredi, surtout en raison des incertitudes qui planent autour de Julia Simon et de Justine Braisaz-Bouchet.
Notre dossier sur les JO d'hiver 2026« On joue aux avant-postes sur les relais depuis le début de l’année mais cette poursuite nous rappelle que le biathlon demande un niveau d’exigence élevé, insiste Cyril Burdet. Aucune course n’est gagnée à l’avance. » Sauf en cas de réactivation du mode « cheat code » au meilleur moment.



















