J.Lau. avec AFP
L'essentiel
- Athlète français de 400 m haies ayant participé aux JO de Paris 2024, Wilfried Happio a été condamné mercredi à six mois de prison avec sursis pour violences conjugales envers son ancienne compagne.
- La plaignante, Hajar Hajjia Goncalves, s’est dite « soulagée » par cette décision du tribunal judiciaire de Créteil, tout en regrettant que l’athlète « n’a pas reconnu les faits » de violences physiques, qui remontaient à 2018 et 2019.
- Egalement condamné à verser 2 000 euros de dommages et intérêts à la victime, avec interdiction d’approcher son domicile pendant deux ans, Wilfried Happio a annoncé mercredi qu’il renonçait à sa carrière d’athlète de haut niveau. Il sortait tout juste d’une suspension de dix-huit mois pour manquements à ses obligations antidopage.
Ancienne compagne de Wilfried Happio, Hajar Hajjia Goncalves a expliqué mercredi soir être « soulagée » par la condamnation à six mois de prison avec sursis contre l’athlète de 28 ans. « On sait la difficulté d’amener ce genre d’affaire jusqu’au bout. Je suis contente que la justice ait su prendre la bonne décision le concernant. Il y a un arrière-goût amer dans le sens où il n’a pas reconnu les faits », a précisé la plaignante, alors que Wilfried Happio était jugé mercredi au tribunal judiciaire de Créteil pour violences conjugales.
Le coureur de 400 m haies, qui avait notamment participé aux JO de Paris 2024 sous les couleurs de l’équipe de France, malgré un article du Monde publié juste avant, dans lequel Hajar Hajjia Goncalves indiquait (alors anonymement) avoir subi « un énorme coup de poing dans la tête ». Le hurdleur a seulement reconnu pendant l’audience des faits de violence verbale, se disant « le premier responsable » d’une « relation toxique », tombée dans une « spirale infernale ». Mais il a rejeté toutes les accusations de violences physiques.
Interdiction d’approcher la victime pendant deux ans
Le tribunal de Créteil l’a donc reconnu coupable des faits reprochés et l’a condamné à six mois d’emprisonnement intégralement assorti de sursis, ainsi qu’à 2.000 euros de dommages et intérêts à verser à la victime, avec interdiction d’entrer en contact avec elle et d’approcher son domicile pendant deux ans. Le tribunal a accepté de ne pas inscrire la condamnation au bulletin n°2 de son casier judiciaire, tel que demandé par sa défense pour ne pas entraver sa vie professionnelle. Et ce contre l’avis du parquet, qui avait requis une peine d’emprisonnement de 12 mois, assortie d’un sursis simple sur une durée de cinq ans.
« Le tribunal a rendu une décision importante aujourd’hui, je pense qu’il a rappelé une vérité essentielle : aucune violence, qu’elle soit physique ou psychologique, ne peut être tolérée au sein du couple », a souligné l’avocate de la plaignante, Me Lina Belkora. Le 17 juillet 2024, Hajar Hajjia Goncalves avait raconté au Monde, photos à l’appui, les violences qu’elle disait avoir subies entre 2018 et 2019, quand elle était en couple avec le hurdleur.
Happio suspendu dix-huit mois pour dopage
Celui-ci avait fait l’objet en 2024 d’une procédure disciplinaire lancée en interne par la Fédération française d’athlétisme (FFA), qui avait également saisi la justice, après ce témoignage dans la presse. Malgré la procédure disciplinaire, la FFA, qui tenait à s’appuyer sur la présomption d’innocence, avait maintenu sa sélection pour les Jeux olympiques de Paris, où l’athlète avait été éliminé durant les demi-finales.
Il avait précédemment été visé par une plainte pour agression sexuelle pour des agissements qui auraient été commis à l’Insep, classée sans suite en juin 2023. Six mois plus tôt, il n’avait pas non plus été sanctionné à la suite d’une enquête interne de l’Insep. Wilfried Happio s’est depuis distingué en étant suspendu dix-huit mois, en 2025, pour manquements à ses obligations antidopage par l’Unité d’intégrité de l’athlétisme (AIU).
Notre dossier sur les violences conjugalesCette sanction, en raison de manquements à ses obligations de localisation, a pris fin le 29 juillet, mais Wilfried Happio a annoncé mercredi face au juge qu’il renonçait à reprendre sa carrière d’athlète de haut niveau. « La temporalité de la publication de l’article du Monde, juste avant les JO de Paris, a été dévastatrice pour moi, a-t-il ainsi confié au tribunal. Ça m’a totalement détruit et dégoûté du haut niveau, J’ai fait une compétition cet été, sans entraînement, mais j’arrête l’athlétisme. Courir dans un stade où on est mal reçu, ça n’amène pas la performance. »