William Pereira
L'essentiel
- Cristiano Ronaldo a publié un communiqué le 6 octobre 2026 où il impose à son sélectionneur Jorge Jesus huit points à aborder en conférence de presse.
- Le 6e point fait figure de point culminant du communiqué. « J’ai commis une erreur en demandant à un joueur du calibre de Pelé ou Maradona de s’échauffer sans le faire entrer en jeu ensuite. Si c’était à refaire, je ne le referais pas. »
- Cristiano Ronaldo aurait pu aller encore plus loin. « 20 Minutes » imagine donc d’autres exigences que Ronaldo aurait pu imposer à son sélectionneur.
Le 30 septembre dernier, Cristiano Ronaldo écrivait, sur ses réseaux sociaux qu’il dirait « en temps voulu la vérité à tous les Portugais sur les raisons qui [l]’ont motivé à quitter l’équipe nationale » après avoir été envoyé à l’échauffement pour rien. L’astre portugais a finalement choisi le mardi 6 octobre 2026, à quelques heures des adieux de Lionel Messi avec l’Argentine - hasard du calendrier, sans doute - comme étant la date idoine pour passer à l’acte.
Dans un communiqué écrit en anglais - le genre de chose que l’on fait quand on veut s’adresser à ses compatriotes lusophones - il raconte sa version d’une histoire définitivement propulsée au panthéon des telenovelas, dont le point culminant est un « guide » des huit points qu’aurait dû aborder son sélectionneur Jorge Jesus en conférence de presse pour mériter la grâce du tyran de Funchal. Le 6e va vous surprendre : « j’ai commis une erreur en demandant à un joueur du calibre de Pelé ou Maradona de s’échauffer sans le faire entrer en jeu ensuite. Si c’était à refaire, je ne le referais pas. » Rien que ça.
Mais ce communiqué laisse en bouche un arrière-goût de trop peu. L’ego de Cristiano Ronaldo dépassant tout ce que les chercheurs de la Nasa ont pu observer dans les confins de l’univers, il y avait matière à exiger encore plus de Jorge Jesus. Voilà ce que « 20 Minutes » aurait conseillé d’imposer à l’entraîneur de la Seleção pour mériter le retour de Cristiano Ronaldo.
Lui faire rejouer la tirade de Francis Huster : « tuez-moi, je représente le Cris ! »
Si CR7 avait eu connaissance de la citation iconique de l’acteur français, le Portugal aurait pu assister à la plus grande scène de son histoire. Imaginez Jorge Jesus crier ces mots sur une estrade devant des milliers de personnes : « C’est-à-dire qu’il y a 22 millions de followers du Portugal sur Instagram, 70 % sont des ''Cristianistes'' et le président de la Fédération reste dans son bureau ? Au lieu d’aller à Lisbonne et de dire : '' Tuez-moi ! Je représente le Cris ! Je représente le Cris ! »
Faire dire à Jorge Jesus : « Je me suis trompé en envoyant l’égal de Vasco da Gama à l’échauffement sans le faire rentrer »
Les fans de Cristiano Ronaldo aiment rappeler que le quintuple Ballon d’Or a placé le Portugal sur la carte du monde, tel un grand navigateur du XVe siècle. Plutôt que se réclamer de Maradona et Pelé, CR7 aurait dû demander à Jorge Jesus de le comparer à Vasco Da Gama et Magellan.
Faire annoncer par Jorge Jesus l’organisation à venir d’un battle d’aura entre CR7 et lui
Les battle d’aura sont à 2026 ce que les duels au pistolet furent au XIXe siècle, il est donc naturel de régler le différend entre ces deux hommes de la manière la plus contemporaine qui soit. Jorge Jesus part avec l’avantage d’avoir dégainé le premier « six seveeeeen » en remplaçant Cristiano Ronaldo par Gonçalo Ramos à la 67e minute du premier match de Ligue des nations entre le Portugal et le Pays de Galles.
Affirmer que « Les 1.000 buts de Cristiano Ronaldo sont une priorité, car la Seleção a besoin d’un cap clair »
La Ligue des nations, c’est bien, mais il serait grand temps que le Portugal arrête de gagner cette coupe en bois pour se focaliser sur ses priorités. Pas la Coupe du monde et l’Euro, non, mais le bien-être de sa plus grande légende. Et cela passe par la quête du 1.000e but. Chaque penalty, chaque coup franc, chaque centre, chaque touche doit avoir pour destinataire Cristiano Ronaldo. Une stratégie dont Jorge Jesus devrait se porter garant devant tout le pays.
Lui faire coller des affiches « Pardon Cristiano » générées par IA sur d’immenses encarts publicitaires
Aux grands maux les grands remèdes. Laver l’affront commis par Jorge Jesus nécessitera une campagne massive de réhabilitation de l’image de Ronaldo. Sur le modèle de l’action menée par l’entrepreneur Fernando Maia, qui s’était donné le droit de coller des grandes affiches de soutien au joueur sur d’immenses encarts publicitaires aux abords du Estadio da Luz et de la cité du football (le Clairefontaine local), CR7 aurait pu réclamer une action similaire à travers le pays de la part de sa fédération. Avec, pour le symbole, Jorge Jesus à la manœuvre pour coller la première affiche.
Lui faire dire que Ronaldo est celui qui offre le plus de Pasteis de nata au sein de la sélection
Parce que l’histoire des autographes et des selfies avec les supporters, c’est bien, mais que les Pasteis de Nata, c’est meilleur. Et puis c’est un symbole.
Lui faire déclarer que Cristiano Ronaldo mérite de gagner un 6e Ballon d’Or
Parce que pourquoi pas, finalement ? Et puis la campagne de cette année est déjà tellement ridicule que ça n’y changerait pas grand-chose.