Championnats d’Europe d’athlétisme : « Il était sur la planète Mars »… Aurélien Quinion héroïque sur le marathon marche
au bout de lui-même•Aurélien Quinion a remporté à 33 ans la première médaille internationale de sa carrière, ce samedi à Birmingham, lors d’un inhabituel format de 42 km. A son arrivée, le marcheur français n’a pas du tout réalisé qu’il avait raflé le bronzeJ.Lau. avec AFP
L'essentiel
- Le Français Aurélien Quinion a décroché ce samedi la médaille de bronze sur le nouveau format de marathon marche (42,195 km), lors des Championnats d'Europe 2026 de Birmingham.
- Ayant franchi la ligne d’arrivée hagard, le marcheur de 33 ans n’a pas compris sur le coup qu’il venait de conquérir son premier podium international.
- Cette médaille est la première dans une grande compétition pour la marche française depuis 2017 et le titre mondial sur 50 km de Yohann Diniz.
C’est l’une des images fortes qui restera de ces Championnats d’Europe d’athlétisme 2026 à Birmingham. Il n’est en effet pas commun de voir un athlète franchir la ligne en tant que médaillé en soupirant, mi-dépité mi-hagard, avant de repartir dans le mauvais sens et même de s’embrouiller avec un organisateur. C’est pourtant ce qui est arrivé au Français Aurélien Quinion, qui a décroché ce samedi le bronze européen sur le marathon marche (42,195 km)… sans s’en rendre compte !
« C’était compliqué parce que tout le monde me parlait sur le circuit. On me disait "fais ci, fais ça, va là-bas, ralentis". Je ne comprenais rien à ce qu’il se passait », a confié le marcheur de 33 ans après avoir retrouvé ses esprits. On ose à peine imaginer à quel point celui-ci est allé puiser au bout de ses ressources pour conclure sa course en 2h59'29'', sur un format marathon inhabituel, loin de son standard du 35 km.
Il s’éloigne du « fond de la classe près du radiateur »
« C’est dur, c’est un marathon, je pense que des millions de personnes peuvent se reconnaître », note Aurélien Quinion, alors que les instances de l’athlétisme cherchent depuis cette année à donner plus de visibilité à la discipline en l’alignant aux distances du running. Un changement qui réussit sacrément bien au Parisien, qui courait après sa première médaille internationale depuis le début de sa carrière.
« C’est beau de faire le kéké aux Championnats de France mais c’est mieux de le faire aux Championnats d’Europe, s’amusait-il avec sa médaille de bronze autour du cou. Disons qu’au fil des années, je suis passé du fond de la classe près du radiateur aux rangs des bons élèves. C’est spécial pour moi aujourd’hui. »
Très ému, après des années à courir - ou plutôt à marcher - après un tel accomplissement, le jardinier francilien décroche enfin ce premier podium majeur, lui qui avait terminé 9e du 20 km marche aux JO de Paris 2024, quelques heures seulement après la naissance de son fils. Puis il avait décroché deux places de finaliste aux Championnats du monde 2025 à Tokyo (4e sur le 20 km, 5e sur le 35 km).
Quinion profite de la pénalité contre Venyercsan
Encore quatrième à un kilomètre de l’arrivée à Birmingham, Aurélien Quinion a arraché le bronze grâce aux quatre minutes de pénalité infligées au Hongrois Bence Venyercsan, qui était alors devant lui (6e au final). En zone mixte, le désormais médaillé européen avait le dos bien éraflé, en raison d’une griffure de sa compatriote Clémence Beretta, qui s’était rattrapée à lui après avoir trébuché durant la course.
Une autre péripétie d’une épreuve qu’il n’est pas près d’oublier, au bout d’un effort éreintant et finalement récompensé. « Cardiaquement, je ne suis pas très haut mais physiquement les jambes prennent trop cher », résume Aurélien Quinion, alors que dénivelé et pavés étaient au rendez-vous dans les rues de Birmingham. « Je prends une claque quand même parce que je vois Massimo Stano [vainqueur en 2h56'49''] qui fait le show pendant toute la course ! Il y en a pour qui c’est la balade du dimanche. »
Première médaille depuis Diniz en 2017
Cette troisième place d’Aurélien Quinion est synonyme de 7e médaille sur ces championnats d’Europe pour l’équipe de France et de première médaille internationale pour la marche française depuis 2017 et le titre mondial sur 50 km de la légende de ce sport Yohann Diniz.
Notre dossier sur l'athlétismeQuatorzième de l’épreuve ce samedi, Martin Madeline-Degy (25 ans) est « très fier » de la performance de son compatriote. Ce qui ne l’empêche pas de chambrer : « On s’envoyait des petits regards pendant la course. Mais au bout d’un moment, je voyais bien qu’il était dans la lune ! Enfin non, il était même sur la planète Mars ! ».



















