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L’heptathlète Solène Ndama est « un petit Kévin Mayer au féminin »

Championnats du monde d’athlétisme à Doha : Solène Ndama est « un petit Kévin Mayer au féminin »

HEPTATHLONPrésentée comme l’une des pépites de l’athlétisme français, l’heptathlonienne Solène Ndama dispute à partir de ce mercredi ses premiers championnats du monde à Doha
Clément Carpentier

Clément Carpentier

L'essentiel

  • A 21 ans, Solène Ndama va participer à ses premiers mondiaux d’athlé au Qatar.
  • Grand espoir de l’équipe de France, la jeune Bordelaise s’est construit un mental d’acier en traversant une jeunesse mouvementée.
  • Si à Doha l’objectif est de continuer à apprendre et progresser, elle rêve surtout d’une médaille d’or aux JO de Paris 2024.

Tout sourire, Solène Ndama enchaîne les photos ou autographes auprès des bambins sur la piste du stade Stéhélin de Bordeaux. « Elle dit toujours bonjour à tout le monde. Elle s’entraîne au milieu des enfants, elle est tellement accessible. Elle est restée elle-même », savoure Caroline Pujol, la présidente de Bordeaux Athlé. Pourtant depuis un an, la jeune heptathlonienne bordelaise, 21 ans, a bien changé de dimension.

Un excellent chrono de 12''77 sur le 100 m haies lors des championnats d’Europe de Berlin et surtout une première médaille de bronze européenne en salle (avec le record de France égalé) plus tard, la voilà considérée comme l’une des athlètes françaises les plus prometteuses de sa génération. Pour autant pas question de s’enflammer pour celle qui disputera à partir de ce mercredi ses premiers mondiaux à Doha.

Solène Ndama (à droite) avec sa médaille de bronze lors des championnats d'Europe en salle.
Solène Ndama (à droite) avec sa médaille de bronze lors des championnats d'Europe en salle.  - Andy Buchanan / AFP

Forgée par les épreuves de la vie

Il faut dire que Solène Ndama en a déjà traversé des épreuves dans sa vie. Et pas uniquement sur la piste. A seulement 12 ans, elle perd sa maman. Rude. Très rude épreuve à cet âge-là : « J’ai changé de club, de vie, puisque je suis allée vivre avec mon papa dans le centre-ville de Bordeaux, un nouveau départ qui a forgé mon caractère. Je sais qu’il y a des choses plus graves dans la vie qu’une blessure ou une compétition ratée », expliquait-elle il y a quelques semaines au Parisien.

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Licenciée depuis toute petite à Saint-Médard-en-Jalles, elle débarque à Bordeaux Athlé. Deux ans plus tard, nouvelle épreuve, son père décide partir vivre en Guadeloupe mais elle souhaite rester vivre en métropole. Il la laisse notamment à la charge de son club où Caroline Pujol est déjà là :

« Elle s’est recentrée sur le sport à l’époque car elle adorait ça. Au départ, elle ne se démarquait pas forcément par ses qualités physiques, en revanche elle avait une volonté, une détermination, une combativité incroyable… Elle ne manquait jamais un entraînement, elle était très consciencieuse et mature pour son âge. » »

Un long chemin vers 2024

Solène Ndama va vraiment exploser à partir de 15-16 ans jusqu’à atteindre le très haut niveau, en 2018. Si elle peut paraître un peu « nonchalante comme ça », s’amuse Caroline Pujol, la Bordelaise est une véritable guerrière sur la piste. « Elle n’a peur de personne. C’est une battante. Un petit Kévin Mayer au féminin », explique Jean-Yves Cochand, directeur technique national adjoint à la Fédération française et ancien entraîneur du recordman du monde du décathlon.

Programme de l'heptathlon des championnats du monde de Doha.
Programme de l'heptathlon des championnats du monde de Doha. - IAAF / Capture écran

Comme son illustre compatriote, elle a décidé de ne pas se spécialiser. Son truc, ce sont les épreuves combinées même si elle disputera également le 100 m haies à Doha à partir de vendredi. Quatrième du dernier Decastar de Talence, celle qui poursuit ses études en parallèle (Master 1 de management) va essayer de pourquoi pas créer la surprise lors de ces championnats du monde. « Il ne faut pas oublier qu’elle n’est qu’Espoir, pas encore senior. Aujourd’hui, elle est en phase d’apprentissage. Si elle est finaliste [dans les huit premières] et bat de nouveau son record personnel, ce sera déjà bien », souligne Caroline Pujol.

En effet, Solène Ndama a un autre objectif dans un petit coin de sa tête bien faite, beaucoup plus grand. On peut même parler de rêve. Celui de décrocher la médaille d’or aux Jeux olympiques de Paris en 2024. Mais en attendant, « je pense qu’elle va décrocher beaucoup de médailles, promettait dernièrement dans Sud Ouest sa copine et coéquipière Renelle Lamotte, car cette fille, c’est une tempête » !