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Mondiaux d’athlétisme: Jimmy Vicaut «n’a plus besoin d’être rassuré comme avant»

Mondiaux d’athlétisme: Jimmy Vicaut «n’a plus besoin d’être rassuré comme avant»

PEKINJeffrey John, partenaire d’entraînement de Jimmy Vicaut, raconte la star française du sprint au quotidien...
Julien Laloye

J.L.

Quand Jimmy Vicaut entrera dans le Nid d’oiseau pour disputer les demi-finales du 100m dimanche après-midi à Pekin, Jeffrey John sera sûrement dans les parages. Le jeune athlète du Plessis-Robinsson (Hauts-de-Seine), spécialiste du 200m et membre du relais français sur 100m, côtoie le meilleur sprinteur tricolore depuis quatre ans au sein du groupe d’entraînement de Guy Ontanon. Il raconte le Vicaut qu’il connaît.

La rencontre

La première fois qu’on s’est vus avec Jimmy, c’est quand on a participé aux Championnats d’Europe juniors en Estonie en 2011 (Les deux hommes avaient remporté deux médailles chacun, NDLR). Le courant est tout de suite bien passé entre nous. Mon coach venait de me larguer et j’ai pu intégrer le groupe d’entraînement de Jimmy. On avait mis en place un cycle pour aller tous les deux aux Jeux de Londres, mais il n’y a que Jimmy qui y est parvenu. J’espère qu’on sera ensemble à Rio.



A l’entraînement

On est autour d’une dizaine dans le groupe de Guy Ontanon. Jimmy est le leader naturel au vu de ses performances. Il est toujours à bloc, il pousse tout le monde à être à la hauteur, mais ça va dans les deux sens. Il a souvent eu des pépins physiques dans sa carrière, des périodes pas faciles où il a fallu être derrière lui pour le remotiver. On ne l’a jamais lâché, quand il revenait, on lui disait, « Allez faut que tu nous rattrapes ». Chez nous, on ne laisse personne à terre. On essaie de monter ensemble et de soutenir ceux qui en ont besoin quand ils sont moins performants.



La personnalité de Vicaut

Jimmy est un garçon qui manquait de confiance en lui. Il avait souvent besoin d’être rassuré, qu’on lui dise « c’est bien ce que tu fais, continue »… Il n’était pas en retrait non plus, mais dans nos délires de jeunes, c’était plus un suiveur. On avait tous nos personnages ou nos mimes, et lui se contentait de reproduire ce que faisaient les autres. Maintenant, ça y est, il blague plus, il a son personnage. Lequel ? Disons que Jimmy c’est quelqu’un qui a beaucoup de testostérone, je ne vous en dis pas plus (rires).



Le record d’Europe

J’étais super-content pour lui. Jimmy a galéré pour passer sous les dix secondes, alors qu’il en avait le potentiel depuis longtemps. Moi j’étais au Stade de France ce soir-là, et dans la minute j’ai reçu un texto des coachs qui disait « Bon, les mecs, va falloir se bouger ». J’avais une compétition le lendemain, je me suis dit « Si je ne suis pas bon, je suis mort ! ». Une perf comme celle de Jimmy, ça fait monter le niveau du groupe en flèche. On a envie de faire aussi bien, et pour lui, c’est plus facile d’assumer son rôle de leader.