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Ligue 1: Zoumana Camara décrypte le titre raté du PSG en neuf dates
FOOTBALL•Dix huit ans après son dernier titre...Alexandre Pedro et Romain Scotto
Malgré l'arrivée de l'actionnaire qatari, le club parisien termine la saison bredouille. Malgré tout, la saison parisienne restera comme la première d'une nouvelle ère. Retour quelques mois mouvementés avec Zoumana Camara, le défenseur du PSG, un taulier du vestiaire parisien.
6 août 2011, Une claque pour commencer. Pour son baptême au Parc des Princes en L1, Nasser Al Khelaïfi n’est pas gâté puisque son PSG plie d’entrée face à Lorient (0-1). L’unique occasion d’applaudir intervient lors de la présentation au public de Javier Pastore. Et cela amuse déjà Christian Gourcufff, le coach lorientais: «Il n'y a pas que l'argent et le fait d'empiler des noms pour gagner. Il y a d'autres valeurs dans le foot: le jeu, par exemple.» Les Parisiens mettront du temps à l’intégrer.
Le commentaire de Zoumana Camara «Le club vient de changer de dimension et l’équipe est encore en chantier. Une équipe n’est pas une addition de talents. On ne gagne pas 3-0 en claquant des doigts et en achetant six joueurs. On le savait et on n’était pas plus abattu que ça.»
24 septembre, Pastore marche sur l’eau. Après un léger retard à l’allumage, le PSG nouveau décolle enfin. Contre le leader montpelliérain (déjà), Javier Pastore fait oublier les millions de son transfert. Doublé pour l’Argentin et 3-0 à l’arrivée. Après cette rencontre, la question n’est plus de savoir sir Paris sera champion, mais quand.
Le commentaire de Zoumana Camara «C’est un très bonne période pour nous. Sur ce match, on marque les esprits et on enchaîne avec une victoire 2-0 contre Lyon. Tout le monde nous voyait écraser le championnat. Mais cela n’a pas été le cas. Comme quoi, le championnat de France n’est pas si mauvais.»
27 novembre 2011, Lugano se noie au Vélodrome. Avec son air de «Conan le Barbare» et sa réputation de désosseur des surfaces, Diego Lugano n’a jamais tenu son rang en défense centrale cette année. Le match face à Marseille, perdu 3-0, est un condensé d’une saison où il s’est montré lent et hasardeux dans ses interventions (7 jaunes en 12 matchs), obligeant les coachs parisiens (Kombouaré puis Ancelotti) à d’incessants ajustements.
Le commentaire de Zoumana Camara «On a le droit de perdre un match. Mais ce soir-là, on s’est fait manger dans l’agressivité et l’engagement. Cette défaite fait mal. Mais pas tant que ça, puisqu’on est quand-même champion d’automne derrière. Diego ? Que ce soit lui ou un autre qui passe au travers, ça ne change pas grand-chose.»
30 décembre 2011, Ancelotti prend les commandes. Il y a d’abord eu les dîners en tête à tête avec Leonardo, les rumeurs dans la presse, et l’interminable attente d’un faux pas d’Antoine Kombouaré. Même si le PSG occupe la tête de la L1, Carlo Ancelotti est finalement intronisé pour offrir au club une image un peu plus huppée. Côté terrain, le technicien italien n’a pourtant pas fait mieux que son prédécesseur.
Le commentaire de Zoumana Camara. «On entendait des choses, mais Antoine avait donné la date de retour des vacances… Le club a pris une décision pour prendre une autre dimension, avec un entraîneur qui a tout gagné. En tant que joueur, on reste à notre place. J’avais de bons rapports avec Antoine, mais c’est le football. Il faut l’accepter.»
3 janvier 2012, Beckham fait faux bond. Du triplex dans les Yvelines à l’école privée pour les bambins, tout était prêt pour accueillir la famille du Spice Boy. Et puis Leonardo a mis fin au suspense en annonçant que Beckham ne viendrait pas, comme beaucoup d’autres noms annoncés à la volée. Souvenez-vous Cavani, Ganso, Hamsik, Kaka, Luisao, Milito, Honda, Pato, Taarabt, Tevez…
Le commentaire de Zoumana Camara «Son arrivée ne m’aurait déplu. Partout où il est passé, on dit de lui que c’est un grand professionnel. Ca ne s’est fait pour des raisons familiales, on respecte sa décision.»
14 février 2012: Le coup de gueule de Ceara. Le charme de Carletto n’a pas opéré sur tout le monde. Dans France Football, Marcos Ceara se lâche, dénonçant le manque de considération pour les anciens de la maison. Relégué sur le banc, l’ancien protégé de Kombouaré regrette le changement des «piliers de l’équipe», «une stratégie pour qu’il pète un plomb», avant de présenter des excuses publiques.
Le commentaire de Zoumana Camara. «C’est personnel et propre à chacun. Il a dit ce qu’il avait à dire. Moi, je pars du principe que je fais partie d’un projet que j’ai accepté. On voudrait tous débuter et disputer 38 matchs. Mais on est un effectif de 25 bon joueurs. C’est comme ça dans tous les grands clubs.»
26 février 2012, le retour de l’enfer à Lyon (4-4). Au bout du temps additionnel, c’est un but de Guillaume Hoarau qui offre l’égalisation à Paris. L’équipe d’Ancelotti a certes encaissé quatre buts, mais montré qu’elle possédait aussi une vraie personnalité. Dommage qu’elle en fasse l’étalage quand elle se trouve au pied du mur.
Le commentaire de Zoumana Camara. «Après cette égalisation à la dernière seconde, on se dit que quelque-chose est en train de se créer dans le groupe. Une force, une énergie.»
31 mars 2012, la déroute à Nancy (1-2). Pendant que Montpellier s’impose 3-1 à Marseille et réalise un premier break, les Parisiens sombrent à Marcel Picot. Invaincus en championnat depuis novembre, Paris vit la première défaite en L1 de l’ère Ancelotti, synonyme de mini-crise. A la longue, le manque de constance des stars, incapables de jouer en équipe, devient vraiment problématique.
Le commentaire de Zoumana Camara. «Avec le nul à Auxerre, certains vont dire que c’est sur ce match qu’on perd le titre. Je ne crois pas. Tous les clubs ont des regrets à un moment ou un autre de la saison. Sauf le champion. »
22 avril 2012, le carton de la saison contre Sochaux (6-1). Finalement, Paris a attendu le crépuscule de sa saison pour se mettre enfin en ordre de bataille. Face à Sochaux, le PSG déploie son attaque sans numéro 9, mais avec sa triplette Nenê, Pastore, Ménez, buteurs tous les trois. La formule fonctionne parfaitement. Dommage qu’elle soit appliquée si tard.
Le commentaire de Zoumana Camara. «Je me souviens d’un match en 2007 où il fallait aller chercher le maintien à Sochaux. Je préfère sortir du congélateur et jouer des matchs pour le titre. Notre fin de saison est très bonne, mais je n’ai pas l’impression qu’on a attendu les dernières journées pour voir le PSG pratiquer un bon football.»



















