Vincent Laban: «Le football chypriote progresse d’année en année»

FOOTBALL L'Apoel Nicosie, adversaire de Lyon mardi soir en Ligue des Champions, est le premier club chypriote à atteindre les 8e de finale...

Jean-Charles Barès
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Vincent Laban, le joueur français de l'Anorthosis Famagouste, en 2008, à Athènes.
Vincent Laban, le joueur français de l'Anorthosis Famagouste, en 2008, à Athènes. — REUTERS/Yiorgos Karahalis

Chypre, une île, deux nations, un million d’habitants et un petit français : Vincent Laban, parti y vivre du football il y a sept ans. Avec son club de l’Anothorsis Famagouste, il avait participé en 2008 à la première campagne d’un club chypriote en Ligue des Champions. Aujourd’hui, c’est au tour du rival désigné, l’Apoel Nicosie, d’écrire l’histoire du football national en accédant aux huitièmes de finales de la compétition. Symbole de la réforme Platini de 2009, visant à promouvoir l’accès des clubs des championnats mineurs à la Ligue des Champions, le club de Nicosie se présente sans complexe face à Lyon. Témoin de l’avènement du football chypriote, Vincent Laban revient sur ses progrès et sur son identité. Tout en réfléchissant à prendre la double nationalité, «pour aider le football» dit-il.  

Quel est le niveau du championnat chypriote? 

C’est comme si on mettait Rennes, Sochaux et le Gazélec d’Ajaccio dans le même championnat. Il y a des écarts énormes. Les trois premiers ont le niveau d’un bon club de Ligue 1 de milieu de tableau alors que les trois derniers sont plus proches du National. En termes de jeu, les équipes chypriotes ne peuvent pas rivaliser avec les grands d’Europe, alors elles jouent avec leurs moyens. Jusqu’ici ca marche plutôt bien.

Comment expliquer ces performances répétées des clubs chypriotes en Coupe d’Europe? 

Si on m’avait dit que je jouerais la Ligue des Champions quand je suis arrivé à Chypre, je n’y aurais pas cru. Mais depuis, le football chypriote a progressé d'année en année. Aujourd'hui, les salaires sont attractifs. Ca n’a rien à voir avec l’OL mais les clubs sont capables d’attirer de bons joueurs étrangers qui ont aidé à relever le niveau.

A force, il n’y a presque plus de joueurs locaux…

Si il y avait que des chypriotes, avec tout le respect que j'ai pour eux, on ne pourrait pas être compétitif au niveau européen. Aujourd’hui, dans mon équipe il y a des Bulgares, des Slovaques, des Brésiliens, ca donne un football très cosmopolite, très riche. Après, c’est une alchimie qui se crée entre les étrangers et les meilleurs joueurs locaux. A l’Apoel Nicosie, ca marche très bien.

Le contexte politique de l’île intervient-il dans le football ? 

Je pense. Quand je suis arrivé, j’ai été frappé par la passion qui se dégage autour des stades. En France, on a un public de connaisseurs qui viennent voir du spectacle. Ici, on a des supporters, des fanatiques, des gens qui pleurent. Depuis 1974, année de l’invasion turque, le club de Famagouste s’est réfugié du côté grec à Larnaca. Pour beaucoup de gens, c’est tout ce qui reste de leur identité.