Dakar 2012: Peut-on améliorer la sécurité des motards?

RALLYE-RAID Après la mort du pilote amateur Jorge Boero, lors de la première étape, dimanche...

Romain Scotto à san Rafael (Argentine)

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Le motard espagnol Marc Coma, lors de ses vérifications techniques à Mar Del Plata (Argentine), avant le départ du Dakar le 31 décembre 2011.
Le motard espagnol Marc Coma, lors de ses vérifications techniques à Mar Del Plata (Argentine), avant le départ du Dakar le 31 décembre 2011. — REUTERS

Tous les pilotes le savent. Il n’y a pas de chute évitable sur le Dakar. Pas de règle infaillible, malgré une préparation physique poussée, une lecture attentionnée du road-book et un travail minutieux sur la mécanique. A tout moment l’accident peut intervenir. Même en bord de mer, dans une ligne droite sans embûche lors de la première étape, où l’Argentin Jorge Boero s’est tué dimanche matin. Encore une fois, c’est un motard qui a payé de sa vie une faute de pilotage, relançant dans la foulée le débat sur la sécurité des deux roues.

Peut-on en faire plus pour protéger les pilotes? «Je ne pense pas, souffle Cyril Desprès, le meilleur français. On a déjà réduit la cylindrée, la vitesse, le poids des machines. Après, ça reste une moto.» Un véhicule sans cockpit, sans ceinture et sans baquet sur mesure. «Quand on chute, on n’est pas protégés. Dès qu’on passe par devant, on tape forcément sur le road-book», se résigne Johnny Aubert, son coéquipier. Si les motos ont été repensées, l’équipement des pilotes a aussi subi quelques améliorations ces dernières années.

Des stage de prévention organisés en amont

Pour participer au Dakar, la fédération internationale impose une panoplie de Tortue Ninja. En plus du casque et des bottes, les dorsales avec coudières descendant des cervicales au coccyx sont désormais obligatoires. A cela, chacun peut ajouter des protections supplémentaires. Certains vont jusqu’à enfiler des «carapaces» de motocross avec genouillères ou un renfort pectoral. La plupart des pilotes portent surtout une «Leatt Brace», un collier d’appoint au niveau de la nuque, bien connu des pilotes de F1 pour éviter le coup du lapin. Pour l’instant, cette protection est juste «recommandée» par l’organisation, qui a vérifié l’intégralité des équipements avant le départ.

Interrogé sur la question, le patron du Dakar, Etienne Lavigne, insiste plutôt sur les stages de sensibilisation effectués en amont sur la sécurité. Selon lui, les pilotes sont «très formés et informés. Sur le Dakar, ne vient pas qui veut. Il y a un dossier très sérieux demandé avec l’obtention de la licence, l’aspect médical. Les gens sont sélectionnés, il faut qu’ils aient effectué d’autres compétitions avant. Jorge avait déjà réalisé un Dakar.» Six étapes en réalité avant qu’il jette l’éponge, perdu dans un ravin et victimes d’hallucinations selon un médecin. Sur son CV, l’Argentin comptait également quelques apparitions sur des épreuves locales. Un peu léger pour prétendre finir le rallye-raid le plus exigeant au monde.