Ligue des Champions: Contre Trabzonspor, Rudi Garcia peut boucler la boucle

FOOTBALL L'entraîneur lillois, en cas de qualification, effacerait définitivement son prédécesseur des tablettes...

A Lille, François Launay

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Rudi Garcia, l'entraîneur du Losc, à Toulouse, le 8 novembre 2011.
Rudi Garcia, l'entraîneur du Losc, à Toulouse, le 8 novembre 2011. — LANCELOT FREDERIC/SIPA

Si Lille bat Trabzonspor mercredi en Ligue des champions, Rudi Garcia pourra postuler au titre de meilleur entraineur de l’histoire du club nordiste. Plus fort que Claude Puel au niveau national depuis son doublé du mois de mai, Garcia fera aussi bien en Europe que son prédécesseur si le Losc se qualifie pour les huitièmes de finale. Avant de retrouver dimanche en Ligue 1 le club de Dijon là où son incroyable aventure a vraiment commencé il y a neuf ans. «Quand il est arrivé,  il n’avait pas encore le diplôme d’entraineur. Mais je sentais son potentiel. Et puis il avait une vraie personnalité et du charisme», se souvient Bernard Gnecchi, le président dijonnais.

 Proche du divorce il y a deux ans

Le charisme, c’est aussi ce qui a séduit Michel Seydoux quand il a choisi le prometteur entraîneur du Mans pour remplacer Claude Puel parti à Lyon en 2008. «Il fallait qu’on trouve un autre challenge. J’ai toujours travaillé au feeling. Dans mon métier de producteur de cinéma, j’ai l’habitude de choisir et de découvrir des talents nécessaires pour l’ambition», se réjouit le président lillois. Même si le patron du Losc ne s’attendait pas forcément à voir Garcia faire mieux que Puel. «Est-ce qu’il m’a bluffé? Disons qu’on est toujours surpris par ceux avec qui on travaille au quotidien. C’est comme dans un couple», compare Michel Seydoux. Même si le couple a traversé des tempêtes comme en juin 2009 où Le Losc voulait divorcer de son entraîneur. «Mais cette période l’a rendu plus humble» affirme Bernard Gnecchi resté proche de son ancien coach. 

«Parfois, il fait semblant d'écouter»

Et depuis Garcia a repris sa route vers les sommets grâce à ses qualités reconnues de meneur d’hommes. «C’est le coach qui nous a retourné le cerveau», confiait en mai Rio Mavuba, le capitaine du Losc,  pour expliquer le doublé. «Sa force c’est sa communication et sa complicité avec ses joueurs. Même s’il ne dépasse jamais la limite joueur-entraîneur» confirme Gnecchi. Mais derrière ses réussites, l’homme de 47 ans a aussi ses failles. «Parfois, il fait semblant d’écouter», se marre Gnecchi. Qui souriait un peu moins quand l’entraîneur a filé au Mans en 2007 après cinq ans de bons et loyaux services. «J’étais surpris et déçu par sa décision. Sur le coup de la colère, je lui ai dit qu’on se retrouverait en Ligue 1». Les retrouvailles sont pour dimanche.