Championnats de France: Amaury Leveaux ne rit plus

NATATION Le sprinter français vise un billet pour les Mondiaux de Shanghai, sans une préparation poussée...

Romain Scotto

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Le nageur français Amaury Leveaux, lors du 100m papillon des championnats de France de Schiltigheim, le 23 mars 2011.
Le nageur français Amaury Leveaux, lors du 100m papillon des championnats de France de Schiltigheim, le 23 mars 2011. — F.Florin/AFP

Il n’a plus la barbe touffue du nageur dilettante. Avant de débarquer à Schiltigheim, pour les championnats de France, Amaury Leveaux a pris le temps de passer chez le barbier. Preuve que cette fois-ci, il est peut-être bien réveillé et ne mise pas seulement sur son instinct au moment de plonger. Lors de la première journée, mercredi, le grand blond s’est testé sur 100m papillon (5e loin du vainqueur Fred Bousquet), la première des cinq courses sur lesquelles il est finalement engagé. Jeudi, il retentera sa chance sur le 50m nage libre, sensé être sa spécialité.

Il y a encore quelques jours, Leveaux ne savait pourtant pas s’il nagerait. Philippe Lucas, non plus. Le coach au marcel jaune se faisait même beaucoup de souci pour son athlète, freiné par une bronchite et auteur d’une seule sortie en meeting avant ces championnats, sélectifs pour les Mondiaux de Shanghai. «Dans l'eau, il a des qualités mais pour gagner, il faut tout mettre en œuvre dans sa vie, déclarait-il récemment au Figaro. Plus personne ne croit en lui. A 100% de ses moyens, il peut déranger sur 100 et 200m. Là, il ne nage plus.»

«Une remise en question plus longue pour certains que pour d’autres»

Leveaux voguerait sur une trajectoire incertaine depuis son départ de Mulhouse pour Paris il y a un an et demi. Fatigué, parfois démotivé avant de rejoindre son nouveau coach. Côté chrono, la pêche est aussi maigre depuis deux ans et ses deux médailles olympiques. Un bronze aux Mondiaux de Rome en 2009 et l’argent européen à Budapest. D’où l’inquiétude générale. Même Christian Donzé, le DTN français qui le connaît depuis ses plus jeunes années, l’a prévenu d’éventuels dangers. «Le haut niveau, c’est exigeant. Il y a des moments de remise en question qui prennent plus de temps pour certains que pour d’autres…», tente d’évacuer celui qui pourrait réciter par cœur tous les temps officiels du nageur, y compris chez les cadets.

«Il sait tout faire et veut tout faire à la fois. Mais qu’il se taise et travaille, enchaîne Bryan Grandjean, un ancien coéquipier interrogé par les Dernières Nouvelles d’Alsace. Quand il est arrivé, il avait déjà ce côté chambreur, puis il s’est viandé et cela a fait mal. Avec plus de rigueur, de volonté, il peut encore aller loin.» Dans une région où il a passé huit ans, l’ancien Mulhousien arrive sans objectif précis, mais n’exclut pas d’obtenir un billet pour les Mondiaux chinois. Il faudra pour cela remporter au moins un titre, en réalisant les minimas. A ce jour, Leveaux n’a qu’une seul couronne. Un tatouage, dans le cou.