Le chauffeur du bus de Knysna témoigne dans «So Foot»

FOOTBALL Lui non plus n'a pas oublié le jour de la grève...

A.M.

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Les joueurs de l'équipe de France, lors de la grève de l'entraînement à Knysna, le 20 juin 2010.
Les joueurs de l'équipe de France, lors de la grève de l'entraînement à Knysna, le 20 juin 2010. — REUTERS

Dans son édition de mars, qui paraîtra jeudi, So Foot consacre un article au bus des mutins de Knysna. Le mensuel a retrouvé le véhicule qui a hébergé la grève des joueurs de l’équipe de France, le 20 juin 2010. Immatriculé, ZFY 456 GP, il est aujourd’hui stationné à Johannesburg, et comme le reste des cars dévolus au transport des équipes du Mondial, il n’est que très peu utilisé.

Alou Diarra chez les meneurs?

Quant à son chauffeur, Jakobus Williams, il est retourné au Cap. Et se souvient très bien du jour le plus noir de l’histoire du foot français. «Nous étions au terrain d’entraînement, et j’ai vu arriver un membre du staff (le physio Robert Duverne, Ndlr) très énervé. Il gesticulait et criait, alors je me suis douté qu’il se passait quelque chose de bizarre. J’étais à côté du bus, mais les joueurs étaient déjà remontés et l’un d’eux s’est mis à taper sur la vitre en me faisant signe de venir.» Le joueur en question n’est autre qu’Alou Diarra.

«Des joueurs qui continuaient de crier ‘’Go! Go! Go!’’»

«J’ai cru que les joueurs voulaient que je mette l’air conditionné, mais ils étaient trois ou quatre, au fond du car, qui m’ont dit: ‘’Il faut nous ramener à l’hôtel.’’ Seul l’officier de sécurité pouvait me donner des ordres. Alors, je suis resté immobile derrière mon volant, j’entendais dans mon dos des joueurs qui continuaient de crier ‘’Go! Go! Go!’’ C’était très tendu, mais ils n’ont jamais été agressifs, ni envers moi, ni entre eux», raconte à So Foot Kobus Williams, qui a ensuite été prié de descendre du bus. Les Bleus ne laissent pourtant pas qu’un mauvais souvenir au Sud-africain. Il a pu récupérer quelques équipements, et les joueurs se sont cotisés pour lui donner 2.600 rands (266 euros). Pas le prix du silence, visiblement.