Morgan Parra: «Je ne gueule pas 24/24h sur mes avants»

RUGBY Le demi de mêlée des Bleus se confie à 20minutes.fr avant France-Argentine…

Propos recueillis par Alexandre Pedro

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Le demi-de-mêlée français Morgan Parra face à l'Angleterre, le 20 mars 2010
Le demi-de-mêlée français Morgan Parra face à l'Angleterre, le 20 mars 2010 — REUTERS/Philippe Wojazer

Remplaçant lors la victoire contre les Fidji samedi, Morgan Parra devrait de nouveau cornaquer le pack du XV de France samedi prochain contre l’Argentine. A 22 ans, le Clermontois est devenu l’un des hommes forts de Marc Lièvremont mais refuse de se voir comme le numéro neuf inamovible des Bleus.

Est-ce une déception de ne pas pouvoir jouer avec François Trinh-Duc comme partenaire au poste d’ouvreur lors de cette tournée d’automne?

J’aurais bien voulu évoluer à nouveau à côté de François et de rester sur la continuité de ces derniers mois. En plus, il était en pleine bourre avant sa blessure. Mais ce sont les aléas du rugby.

Pour être considérée comme réussie, cette tournée passe-elle obligatoirement par trois victoires ?

On a envie de se faire pardonner de notre tournée d’été ratée (NDLR : deux lourdes défaites contre l’Argentine et l’Afrique du Sud). Il faut vite basculer sur autre chose et confirmer ce qui avait été fait lors du dernier Tournoi des VI Nations. Pour cela, il nous faut des certitudes et ces certitudes passent par des victoires contre l’Argentine et l’Australie.

Est-ce que cette tournée d’été catastrophique a finalement eu une utilité?

Elle en a eu dans le sens où on s’est tous remis en question. On s’est remis à bosser. Cet échec, on le prend tous pour nous, mais je ne pense pas qu’elle ait cassé la dynamique née de notre Grand-Chelem.

Malgré vos 22 ans, est-ce que vous vous sentez comme cadre de cette équipe dans laquelle vous évoluez depuis 2007 déjà ?

Je ne suis pas d’accord quand on dit que je suis un cadre. Je fais partie d’un groupe mis en place, mais je dois justifier tous les week-ends cette place en équipe de France par ma performance avec mon club. Je ne suis pas le numéro neuf intouchable du XV de France. Je dois encore gagner ma place de titulaire pour la Coupe du monde.

Qu’est-ce que votre passage de Bourgoin à Clermont a changé pour vous au niveau de l’équipe de France ?

Clermont m’a appris à mieux me connaître, à grandir tout simplement. J’ai acquis une certaine rigueur. Mais j’ai encore beaucoup de choses à apprendre, ma phase d’apprentissage n’est pas encore terminée. Par exemple en tant que buteur, il me reste encore tout à bosser. C’est un rôle où on connait des hauts et des bas, je bosse pour retrouver cette régularité que je pouvais avoir la saison dernière, en ce moment j’ai plus de mal.

A vos débuts internationaux, vous aviez la réputation de beaucoup gueulez sur vos avants. Est-ce le poste de demi de mêlée qui l’exige?

C’est l’image qu’on a mise sur moi. Pourtant, je ne gueule pas 24/24h sur mes avants. Ils sont assez grands pour se passer de ça, d’ailleurs la plupart ont plus d’expérience que moi. Je suis là pour gueuler sur les systèmes de jeu et faire passer les consignes. Je n’aime pas qu’on me résume à un rôle de gueulard.