Route du Rhum: Le Cleac'h, 2e IMOCA du Rhum 2010, confirme son talent
Le Breton Armel Le Cleac'h a pris dimanche la 2e place de la Route du Rhum dans la catégorie très disputée des monocoques IMOCA (18,28 mètres), confirmant qu'il est bien l'étoile montante de la nouvelle génération de coureurs océaniques français.© 2010 AFP
Le Breton Armel Le Cleac'h a pris dimanche la 2e place de la Route du Rhum dans la catégorie très disputée des monocoques IMOCA (18,28 mètres), confirmant qu'il est bien l'étoile montante de la nouvelle génération de coureurs océaniques français.
Nonobstant un zéphyr antillais mollasson qui joue avec les nerfs des concurrents de ce 9e Rhum, "le chacal" (son surnom dans le milieu) a montré qu'il méritait sa réputation de ténacité, de ne jamais rien lâcher, finissant huit heures derrière Roland Jourdain (Veolia Environnement) à la barre de Brit Air, un plan Finot/Conq de 2007.
Le prochain concurrent attendu à Pointe-à-Pitre, terme de cette régate océanique partie le 31 octobre de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), devrait être Jean-Pierre Dick (Virbac Paprec), un autre IMOCA.
"Le tour de l’île (de la Guadeloupe) a été assez rapide jusqu’aux Saintes, a-t-il expliqué à son arrivée. Mais le (dimanche) matin, sous le vent de l’île (...), le vent s’est vite cassé la figure. Et pour finir, il n’y avait quasiment plus de vent. Donc, un peu dur pour les nerfs".
Le Cleac'h -qui a remporté cette année la Solitaire du Figaro (3 victoires d'étapes sur 4!) et la Transat AG2R avec Fabien Delahaye- a rendu hommage à Roland Jourdain, estimant qu'il avait fait "une course parfaite" et qu'"il n’y avait pas grand-chose à faire pour le doubler".
"Il y a eu plusieurs moments-clés dans cette course, a-t-il expliqué. D’abord, la décision de partir au nord (de l'archipel des Açores) qui n’était pas forcément évidente à prendre. Tout le monde ne l’a pas prise".
"Et puis, il y a eu des phases de transition, a-t-il poursuivi. Il fallait être attaquant, appuyer sur le champignon, savoir bien abattre ou bien lofer pour aller chercher le système (météo) suivant. Bilou (Jourdain) l’a très bien fait, moi je l’ai peut-être fait avec un peu de retard. C’est ce qui m’a fait avoir 20-30 milles de retard que je n’ai jamais réussi à rattraper".
Lors de la conférence de presse d'après course, Le Cleac'h a déclaré que s'il s'alignait dans le prochain Vendée Globe (en 2012), ce serait avec ce bateau, après l'avoir tout de même optimisé.
"On a des idées, a-t-il dit. Il faudrait alléger le bateau, installer un nouveau mât, une nouvelle quille, modifier tout le plan de pont arrière... Il y a pas mal de points sur lesquels on peut gagner en performances, en poids, en ergonomie".
Armel Le Cleac'h avait terminé 2e du dernier Vendée Globe (le tour du monde en solitaire sans escale) en 2009 derrière Michel Desjoyeaux.
Derrière les monocoques IMOCA, le duel qui oppose les deux premiers concurrents de la classe Multi 50 (trimarans d'une quinzaine de mètres) est acharné... et l'issue incertaine.
Au pointage de 16 heures (Paris) dimanche, Lionel Lemonchois (Prince de Bretagne) -vainqueur toutes classes de la Route du Rhum en 2006- devançait toujours Lalou Roucayrol (Région Aquitaine-Port Médoc) et n'était plus qu'à 160 milles de l'arrivée. Mais l'écart entre les deux trimarans, une quarantaine de milles, était négligeable compte tenu des vitesses atteintes par ces voiliers... et des caprices de la météo.
Une flotte de 85 solitaires avait pris le départ de cette 9e Route du Rhum le 31 octobre à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Après l'arrivée d'Armel Le Cleac'h, 67 étaient encore en course dimanche (6 arrivés, 12 abandons).


















