Domenech, le point de non retour
FOOT•Même s'il tente de minimiser l'affaire Anelka, son discours ne passe plus auprès des joueurs...Romain Scotto, à Knysna
De notre envoyé spécial à Knysna (Afrique du sud),
Il a bien été envoyé au front. Seul. Attendu par une nuée de caméras, Raymond Domenech s'est présenté dimanche après-midi au bord de la pelouse du Field of Dreams, pour lire la lettre de ses joueurs qui n'ont pas eu le courage de le faire eux-mêmes. Déjà remplacé par Laurent Blanc après la Coupe du monde, Domenech n'a plus rien à perdre. Mais que pense-t-il de cette mutinerie des joueurs? Pendant de longues minutes, il a tenté, à l'intérieur du bus, de convaincre ses joueurs de rechausser leurs crampons. A travers les vitres, on a vu ses mains se sont agitées. Le ton est clairement monté. Mais les palabres de Raymond ne suffisent plus. Son discours n'est plus entendu.
Plus tôt dans la journée, sur le plateau de Téléfoot, le sélectionneur avait approuvé la décision de la fédération pour mettre un terme à l'affaire Anelka. «J'ai mal pour tous ces enfants pour qui l'équipe de France représente quelque chose, il n'a pas le droit de dire des choses pareilles. Cette décision était la bonne.» En une phrase, il a donc marqué son désaccord avec les joueurs, furieux après le départ du buteur.
Tout et son contraire
La position de Domenech est ambiguë. Car dans le même, temps il s'efforce de minimiser les insultes qu'il a essuyées. On l'a entendu parler d'un simple incident de vestiaire, d'un problème réglé en interne. Il n'en est rien. L'affaire illustre surtout le discrédit dont jouit le sélectionneur auprès de ses joueurs. Il n'est plus respecté et semble pressé d'en terminer.
Scène hautement symbolique, on l'a vu cette semaine tourner le dos à ses joueurs en pleine séance d'entraînement, comme les Bleus tournent le dos à leurs supporters en faisant grève. Pendant plusieurs minutes, il se désintéresse des exercices de son équipe. Même Guy Roux et ses douze Coupes du monde au compteur, est choqué par la scène. «J'ai vu une seule fois un entraîneur tourner le dos à son équipe. C'était Michel Platini, à l'Euro 92. Il était en short et en tongs.» A l'époque, l'équipe de France s'était effondrée au premier tour de la compétition...


















