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JO 2024 – Lutte : Mijain Lopez Nunez, le lutteur cubain n’est plus qu’à un match de l’éternité
Jeux olympiques•S’il remporte la finale ce soir, le lutteur Mijain Lopez Nunez sera le seul athlète de l’histoire à avoir remporté l’or individuel sur cinq éditionsJean-Loup Delmas
L'essentiel
- En se qualifiant pour la finale olympique de lutte -130 kilos, Mijain Lopez Nunez n’est plus qu’à un match d’un exploit jamais atteint dans l’histoire des Jeux.
- Le Cubain pourrait en effet devenir le premier athlète à posséder cinq médailles d’or en individuel sur cinq éditions.
- Et à le voir dominer sa journée de compétition lundi, et être extrêmement détendu en conférence de presse, on aurait tendance à miser sur lui.
De notre envoyé spécial à l’Arena Champ-de-Mars,
« Ma victoire fait de ce jour un jour spécial. Pas seulement pour moi, mais pour le monde entier ». Mijain Lopez Nunez n’a pas le succès modeste, mais le plus insupportable pour ses éventuels haters, c’est qu’il est difficile de lui donner tort. Le lutteur, dans la catégorie moins des 130 kg, participera demain à la cinquième finale olympique de sa faste carrière, en quête de sa… cinquième médaille d’or individuel, en cinq éditions des JO. Ce qui ne devrait pas le pousser à l’humilité.
Pour mesurer la taille de l’exploit, rien de plus facile : cela n’a jamais été fait dans toute l’histoire olympique. Pas même Michael Phelps n’a relevé le colossal défi, qui demande tout de même un sacré alignement de planètes et de qualités intrinsèques en matière de domination et de longévité.
Une domination à tous les matchs
A 41 ans bien tassés, Mijain Lopez Nunez nous rassure quand même : ces Jeux seront ses derniers. Ouf, le colosse reste humain et dit avoir pris de l’âge. On commençait à en douter vu comme le quarantenaire a survolé sa journée de compétition. 4-1 en demi-finale, 3-1 en quart et 7-0 en huitième. Merci les jeunes, circulez ! Une boucherie dans les scores, et encore plus visuellement, tant le beau bestiau ne semble jamais pris en défaut ou être menacé par ses pauvres adversaires. Le public, assez connaisseur, ne s’y trompait pas et acclamait le champion dans sa Last Dance, qui pourrait l’amener définitivement dans les livres d’histoire de l’olympisme.
Le Cubain ne faisait pas plus son âge au moment d’arriver en zone mixte, hilare comme un gosse et un sourire remonté plus haut qu’un saut de Duplantis. Presque un gamin insouciant. « Je suis simplement heureux, c’est fantastique. Moi en finale, c’est ce que le monde voulait voir », dira-t-il, décidément bien certain que la planète tourne autour de lui. Dédicace aux parents et au pays, blabla, ça fait dix jours de Jeux olympiques, vous connaissez les éléments de langage d’une conférence de presse.
Cuba or not Cuba ?
Reste donc un match, et le hasard du sport fait qu’il sera contre Yasmani Acosta Fernandez, lutteur chilien né… à Cuba et qui avait déjà lutté pour les couleurs de l’île, avant de ne jamais repartir d’une compétition au Chili. De nombreux athlètes suivent cette voie, et profitent de tournois à l’étranger pour fuir la dictature, et évoluer sous d’autres bannières.
La fierté de Mijain Lopez Nunez de représenter Cuba, et de peut-être mettre l’île dans l’une des plus folles légendes du Mont Olympe, n’en est que décuplée : « Je suis honoré de faire ça pour mon pays et de lui offrir toutes ses victoires », déclare-t-il tout sourire.
Bon, et il la voit comment, cette finale historique ? Alerte réponse sobre et laconique : « Ça va être un beau match », comme s’il ne voulait laisser aucun indice son adversaire. Et ensuite, quelle que soit l’issue, la retraite. « Il faut bien en laisser un peu aux jeunes ». Dégoûtant de facilité jusqu’au bout, mais historique.



















