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Nze Minko parle de son avortement pour inciter à voter contre le RN

Handball : Nze Minko révèle son avortement « très complexe » en Hongrie pour appeler à « lutter contre l’extrême droite »

TOUT SAUF LE RNLa capitaine des Bleues du handball, Estelle Nze Minko, qui évolue dans un club hongrois, a évoqué sa situation personnelle pour expliquer son engagement contre la victoire du RN aux élections législatives
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Elle se dit « touchée » « en tant que citoyenne » par la situation politique. La capitaine des Bleues du handball, Estelle Nze Minko, appelle à « lutter contre l’extrême droite », en évoquant son expérience depuis huit ans dans la Hongrie de Viktor Orban. « Je sais qu’on parle beaucoup du fait que les sportifs n’ont pas forcément leur place dans le débat politique mais je pense qu’il y a un moment où le silence n’est pas une option ».

Sportive engagée, qui s’est notamment insurgée du tabou des règles dans le sport en 2020, Nze Minko se dit « touchée par la situation qui est critique, dangereuse ». « Je suis frustrée, en colère, ça rajoute de la tension, de la pression en tout cas pour moi », ajoute-t-elle.

En Autriche pour avorter

« J’aimerais pouvoir dire à tout le monde et surtout aux jeunes que c’est important d’aller voter. Je comprends qu’ils puissent se sentir à l’écart mais j’ai envie qu’ils soient acteurs, qu’ils comprennent qu’ils ont un rôle à jouer, que chaque voix compte », explique la championne olympique aux 165 sélections qui évolue depuis 2016 en Hongrie, pays dirigé par le Premier ministre nationaliste Viktor Orban.

« C’est pour cela que je me permets de dire qu’il faut absolument lutter contre l’extrême droite car j’ai de vrais exemples de vie en Hongrie depuis huit ans », poursuit-elle, citant notamment un événement personnel qu’elle n’avait jamais évoqué publiquement auparavant car « c’est un peu privé ».

« Je ne souhaite à personne que ça arrive »

« Il y a quelques années, j’ai voulu avorter et l’avortement est très compliqué en Hongrie. Il est autorisé mais très complexe et du coup pour ma sécurité et le respect de mon corps, pour avoir des conditions dignes et respectueuses, j’ai dû passer la frontière et aller le faire en Autriche », raconte-t-elle. « Donc, quand je parle, je sais de quoi je parle et c’est pour cela que je ne souhaite à personne que ça arrive », a poursuivi Estelle Nze Minko, qui veut « mobiliser pour une société démocratique, plus libre, plus égalitaire, plus durable, plus juste ».

Si le leader du Rassemblement national Jordan Bardella a défendu la semaine dernière « le droit fondamental à disposer de son corps », en rappelant que Marine Le Pen a voté pour l’inscription de l’IVG dans la Constitution, les eurodéputés RN n’ont pas soutenu au printemps une résolution pour introduire le droit à l’avortement dans la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.