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Justine Henin a-t-elle vraiment changé?

Justine Henin a-t-elle vraiment changé?

TENNISToujours efficace raquette en main, la Belge affirme avoir pris du recul sur son métier...
Alexandre Pedro

Alexandre Pedro

De notre envoyé spécial à Roland-Garros


«J’étais née pour jouer au tennis mais pas pour vivre dans la lumière.» En une phrase, Justine Henin a résumé un malentendu vieux de dix ans. Respectée, crainte mais pas toujours aimée, la Belge a toujours eu un set de retard sur sa compatriote et rivale, Kim Clijsters (surtout en Belgique) dans le cœur des foules. Mais à entendre l’ovation réservée par le Central de Roland-Garros (de loin le tournoi où elle est la plus populaire) après sa victoire sur Maria Sharapova, Henin doit se dire que ses deux ans de retraite ont eu le mérite de créer le manque auprès des spectateurs.


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Depuis le début de la quinzaine parisienne, Henin se livre sur et en dehors du court. Elle a ainsi transformé la salle de conférence de presse en un divan de psychologue. La championne supposée froide et distante n’en finit plus d’ouvrir son cœur et de vanter les mérites de ce break avec la petite balle jaune. «J'ai vécu dans le monde du tennis et tout donné pour ça. A un moment, vous croyez qu'il n'y a que ça. J'ai appris que je suis une autre personne, mes voyages avec l'Unicef m'ont beaucoup apporté. J'ai appris à m'accepter comme je suis hors des courts. Je suis plus tolérante que par le passé, revenir est très passionnant.»


Favorite avec Serena Williams


Justine Henin jure qu’elle a pris de recul sur son métier. Pour l’ancienne joueuse (aujourd’hui consultante pour France Télévision), Sarah Pitkowski, le Belge reste la même. «Elle dit qu’elle a pris du recul, mais on voit qu’elle est toujours aussi stressée. On le remarque sur son visage qu’elle reste un monstre d’orgueil. Peut-être qu’elle s’accorde plus de temps de libre, mais sur le court, c’est la même.»


Les trois premiers tours de Henin à Paris viennent accréditer cette version. La joueuse continue à souffler le chaud et le froid. «On ne se refait pas, mes matchs ont toujours un peu ressemblé à des montagnes russes, je me crispe alors que tout va bien», analyse l’ancienne n°1 mondiale.


Et quand on évoque une éventuelle quatrième victoire à Paris, la Wallonne réfute l’étiquette de favorite. «Je ne me considère pas comme telle, esquive-t-elle. Je ne suis qu’une des filles encore en course.» «Pour moi, il y a deux filles au-dessus des autres dans ce tournoi: Serena Williams et elle. Les autres n’ont pas les épaules pour aller chercher un Grand-Chelem», assure Sarah Pitkowski. Mais avant d’éventuelles retrouvailles entre les deux filles en quart de finale, la nouvelle Henin doit encore se débarrasser de la coriace Australienne Samantha Stosur.