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Marion Bartoli contre le reste de l'humanité

Marion Bartoli contre le reste de l'humanité

TENNISLa franc-parler de la Française ne laisse jamais indifférent...
A.P.

A.P.

De notre envoyé spécial à Roland-Garros


Marion Bartoli ne cogne pas que raquette à la main. Depuis deux jours, la finaliste de Wimbledon 2007 (qualifiée pour le 2e tour à Roland-Garros) et Aravane Rezai règlent leur compte par conférence de presses interposées. Interrogée mardi sur l'émergence de la Stéphanoise, Bartoli a sorti les griffes: «Je m’en fous totalement. Je fais ce que j'ai à faire.» Le lendemain, Rezai contre-attaque. «Marion est une fille très difficile. Elle a vraiment du mal à s'intégrer et à être copine avec les autres joueuses», balance la nouvelle star du tennis français.


Cette polémique aux allures de crêpages de chignon n’est que le dernier épisode d’une série qu’on pourrait appeler «Marion contre le reste de l’humanité». Depuis ses débuts sur le circuit en 2001, l’Auvergnate ne rend des comptes qu’à une personne: Walter Bartoli, son père, mentor et entraîneur. Médecin diplômé mais parfait autodidacte en matière de tennis, papa Barloli est souvent accusé d’étouffer sa fille et de la couper des autres. Ce fonctionnement autarcique dérange et a fermé les portes de l’équipe de France de Fed Cup à la joueuse. A part, l’Israélienne Shahar Peer, la Française entretient d’ailleurs des rapports très distants avec ses collègues de travail. Ses compatriotes n’échappent pas à la règle comme le montre l’épisode Rezai.


«Peut-être je ne suis pas assez blonde»


Avec les médias, ses rapports ne sont pas plus simples. A tort ou à raison, le numéro deux tricolore est persuadée de ne pas bénéficier de l’exposition que mérite ses résultats. Elle n’a pas manqué de le faire à nouveau savoir après son premier tour: «Vous faites ce que vous voulez, mais franchement, quand moi je joue une demi-finale à Miami, j'ai l'impression que cela passe totalement inaperçu.»


Pourtant, Bartoli et son franc-parler donnent souvent du grain à moudre aux journalistes. Comme lors du dernier Open d’Australie, quand la brune s’est plainte d’être la seule joueuse du Top 20 à ne pas bénéficier d’un contrat avec un équipementier. «Peut-être je ne suis pas assez blonde, assez grande ou assez mince», se demandait-elle alors. Depuis rien n’a changé. Marion Bartoli finance toujours elle-même ses chaussures et ses tenues. Sans doute le prix à payer pour poursuivre sa carrière en marge du système.