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BasketWemby et les Spurs enquillent les défaites ? Voilà pourquoi on s’en fiche

NBA : Victor Wembanyama et San Antonio enquillent les défaites ? Voilà pourquoi on s’en fiche

BasketDerniers de la conférence Ouest, les Spurs de Wemby restent sur 13 défaites d’affilée, mais ce n'est pas vraiment là l'essentiel (pour l'instant)
Victor Wembanyama conseillé par son entraîneur Gregg Popovich lors du match des San Antonio Spurs à Denver, le 26 novembre 2023.
Victor Wembanyama conseillé par son entraîneur Gregg Popovich lors du match des San Antonio Spurs à Denver, le 26 novembre 2023. - Justin Tafoya / Getty Images North America / AFP
Nicolas Stival

Nicolas Stival

L'essentiel

  • Jeudi face à Atlanta, San Antonio a enchaîné sa 13e défaite consécutive et pointe à la dernière place de la conférence Ouest de la NBA.
  • Après avoir si souvent gagné lors des prémisses de sa jeune carrière, Victor Wembanyama collectionne les revers.
  • Ce constat ne remet pourtant pas en cause le sentiment commun depuis la draft, dont le Français de 19 ans est sorti numéro 1 : la franchise texane est le meilleur endroit pour qu’il s’épanouisse, à moyen et long termes.

Un temps incertain pour cause de hanche douloureuse, Victor Wembanyama a finalement joué jeudi contre Atlanta, avant d’être vraisemblablement ménagé ce vendredi soir à la Nouvelle-Orléans. Comme souvent depuis ses débuts surmédiatisés en NBA, le premier Français numéro 1 de la draft a plutôt assuré face aux Hawks (21 points, 12 rebonds, 2 passes et 4 contres). Pourtant, comme toujours depuis le 3 novembre, San Antonio a perdu (137-135).

Avec 13 défaites de rang, les Spurs ne sont plus qu’à trois revers de la pire série de la franchise, encore toute fraîche (16, la saison dernière). Le record absolu de la ligue, partagé par Cleveland et Philadelphie (24), reste pour l’heure hors d’atteinte, mais les quintuples champions NBA – pour la dernière fois en 2014 – traînent leur peine encore plus que prévu.

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« Lors des premiers matchs, beaucoup de gens sont allés là-bas puis sont rentrés en nous expliquant que les Spurs pouvaient faire les play-in, que l’équipe qui avait gagné 22 matchs l’année dernière pouvait en gagner 35 ou 40, retrace Jacques Monclar, consultant BeIN Sports, diffuseur de la NBA en France. J’avais dit qu’avec 25 victoires, ce serait déjà une très bonne saison et qu’à 30 il fallait défiler sur le River Walk [réseau de sentiers au cœur de San Antonio]. Pour l’instant, ils sont à trois succès et 15 défaites. Il y a deux équipes, les Pistons et eux, qui n’arrivent pas à gagner un match. »

Justement, seul Détroit (2-17), le cancre de la conférence Est, affiche à ce jour un pire bilan. L’ex-équipe de David Robinson, Tony Parker ou Tim Duncan bénéficie encore en France d’une aura qu’elle ne mérite plus depuis un bail. Son début de saison positif (trois victoires lors des cinq premières rencontres) n’a fait qu’entretenir l’illusion, en pleine « Wembymania ».

« Un manque terrible au poste de meneur »

« L’équipe est faible, tranche Monclar. Il y a de bons joueurs, mais le niveau de la NBA est très, très haut. Il y a un manque terrible au niveau de la régulation du jeu, au poste de meneur. Avec un joueur vétéran, un peu stable sur ce poste, les Spurs auraient peut-être trois matchs de plus en magasin. »

C’était aussi l’avis de Joël Ayayi, ex-joueur NBA, lorsqu’il était invité de l’émission de 20 Minutes « Les croisés, tu connais » sur Twitch, mi-novembre. « L’effectif est jeune et faible, avait lâché l’actuel arrière-ailier de Nanterre. Les gens, quand ils "scoutent " San Antonio, ils voient Victor, encore Victor et ensuite ils passent aux autres joueurs. »

A ce niveau de médiocrité, une question peut se poser : si une autre franchise avait gagné le « first pick » à la loterie de la dernière draft NBA, le sort immédiat de Wembanyama aurait-il été meilleur ? Avec Houston par exemple, étonnant 9e de la conférence Ouest…

Pas sûr, loin de là même. « San Antonio est une franchise qui n’est pas sous pression des résultats, c’est le bon endroit pour se développer, reprend Jacques Monclar. Les Spurs et Gregg Popovich prennent leur temps, observent le joueur avant de le placer réellement sur le terrain et, en fonction de cela, de compléter l’effectif. Il y a un projet. »

Là encore, Joël Ayayi acquiesce : « La blague aux Etats-Unis, c’est de dire que la loterie était truquée, sourit-il. Quand tu vois les autres franchises, sans leur manquer de respect, tout le monde avait un peu peur que Victor tombe là-bas. Quand San Antonio l’a chopé, on s’est dit que c’était exactement ce que la NBA voulait parce que c’est parfait pour Victor. Je pense que les Spurs font du bon boulot. »

Même Michael Jordan a dû patienter

C’est l’un des (rares) avantages d’une ligue fermée : sans pression de relégation, un club peut la jouer François Mitterrand et « donner du temps au temps », pour faire progresser son effectif et le renforcer progressivement avant, à moyen terme, d’espérer toucher le Graal. Surtout lorsque le coach s’appelle Popovich, éleveur de champions en place depuis 1996. « Michael Jordan a été drafté par les Chicago Bulls en 1984 et il n’a été champion qu’en 1991 », rappelle Monclar. On espère que Wemby n’attendra pas aussi longtemps, mais en attendant, silence, ça pousse.

« Déjà, l’un des objectifs de la saison, c’est de voir s’il peut enchaîner les matchs et oui, il enchaîne, détaille l’homme aux 201 sélections en équipe de France. Est-ce qu’il arrive à trier son jeu ? Sur le match d’hier [face à Atlanta], il a un bon pourcentage, il fait quatre contres, il met plus de 20 points, il prend plus de 10 rebonds. Il est là, il progresse. Même si ça doit être frustrant de ne pas gagner de match, d’autant que dans sa carrière, il en a toujours gagné. »

A San Antonio face aux Los Angeles Clippers, le 22 novembre 2023.
A San Antonio face aux Los Angeles Clippers, le 22 novembre 2023. - Ronald Cortes / Getty Images North America

Le prodige, champion de France 2022 avec l’Asvel et finaliste 2023 avec les Metropolitans de Boulogne-Levallois, perd certes des rencontres, mais pas encore son humour. Mercredi, au sortir de l’entraînement, il expliquait sur un ton badin que son « pire record de défaites » datait « probablement » de ses jeunes années de footballeur. « On avait vraiment une mauvaise équipe », lâchait-il en souriant.

Un peu comme les Spurs cette année, même si, magie du système « collectiviste » du sport américain, ces sales résultats permettront aux Texans d’être bien placés en vue de la future draft. Pas de là à perdre sciemment tout de même ? Monclar rigole devant cette question de béotien. « Quand on ne connaît pas la NBA, on parle de tanking. Par définition, cela veut dire qu’ils font exprès de perdre. Eux n’ont pas à se forcer. » Un point pour Jacques.

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