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Malgré cinq défaites d’affilée, Wembanyama continue d’affoler l’Amérique

NBA : Malgré cinq défaites d’affilée, Victor Wembanyama continue d’affoler l’Amérique

basketAttendu comme la 8e merveille du monde, le géant français confirme pour l’instant son énorme potentiel mais aussi l’étendue du chemin qui lui reste à parcourir avec San Antonio, une jeune équipe en pleine reconstruction
Philippe Berry

Philippe Berry

L'essentiel

  • Victor Wembanyama fait sensation pour ses débuts dans la NBA
  • Ses performances impressionnantes font l'objet de nombreuses éloges et comparaisons avec les plus grands joueurs
  • Malgré quelques difficultés au scoring et de lourdes défaites pour les Spurs, le Français reste calme et déterminé à progresser

De notre correspondant aux Etats-Unis,

« Un talent générationnel », « un alien », « le plus gros potentiel depuis LeBron James », « le futur de la NBA »… Depuis un an, les superlatifs et les hyperboles accompagnent chaque pas de Victor Wembanyama. Et après presque trois semaines sur les parquets, les médias américains – et les fans de basket – continuent de scruter chaque match du prodige français qui « ignore tout ça avec une maturité incroyable à 19 ans », se félicitait récemment le coach des Spurs Gregg Popovich. Wemby, lui, ne s’enflamme pas, même après ses 38 points claqués contre le Sun de son idole Kevin Durant. Et ne panique pas après des naufrages contre les Clippers et les Knicks, et une série de cinq défaites consécutives, dont la dernière ce dimanche soir contre Miami (113-118).

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« Je vous laisse, je ne veux pas rater Victor à l’échauffement. » Avec son maillot Tim Duncan sur les épaules, Michael, « fan des Spurs depuis 1998 », n’aurait sans doute pas bravé les bouchons de Los Angeles pour venir voir un match entre les Clippers et San Antonio l’an dernier, quand son équipe de cœur a fini bonne dernière de la conférence ouest. Mais la loterie de la draft et un géant de 2m23 ont changé tout ça. « Voir quelqu’un d’aussi grand bouger avec autant de fluidité, c’est juste dingue. Wembanyama est intelligent, il fait passer l’équipe d’abord, c’est un bon fit pour les Spurs. Il a parfois l’air un peu perdu pendant le match mais dans le dernier quart-temps, il réclame la balle. C’est un closer. »

Les statistiques de Wembanyama lors de son dernier match avec les Spurs
Les statistiques de Wembanyama lors de son dernier match avec les Spurs - Sofascore/20 minutes

Les expats français présents

Dans la salle de presse située au sous-sol de l’ancien Staples Center, que les vrais Angelinos refusent toujours d’appeler « Crypto.com Arena », des journalistes américains débattent des chances des Spurs de se qualifier pour les playoffs. Le consensus : ça sera compliqué cette année pour la plus jeune équipe de la ligue, avec Wemby (19 ans), Sochan (20 ans), Vassel (23 ans) et Johnson (24 ans). Après tout, le roi LeBron James et Kevin Durant ont dû attendre leur 3e saison NBA pour goûter à la post-season.

Dans un ascenseur, une famille discute en français. « On ne pouvait pas passer sur cette opportunité de voir jouer Wembanyama. En plus, les places démarraient à 35 dollars. En janvier, quand les Spurs reviendront contre les Lakers, ça sera presque le triple », explique le père. Car c’est aussi ça la vie d’expat : on reste connecté à la mère patrie par la bonne bouffe et le sport, des Coupes du monde de foot ou de rugby aux exploits de nos Frenchies en NBA.

Malheureusement pour cette famille et les élèves du Lycée français de LA qui ont fait le déplacement, Wembanyama réalise un début de match catastrophique. Après deux paniers ratés et deux ballons perdus en quelques minutes, « Pop » demande en temps mort et sort le Français. Qui termine avec autant de turnovers que de points (4) à la pause. La boucherie continue et San Antonio prend une valise de 40 points. « Les Clippers étaient too much pour Wembanyama et les Spurs », titre le LA Times. Le Français, lui, ne se cache pas en conférence de presse :

« La jeunesse n’est pas une excuse, il va falloir revoir le match pour essayer de comprendre. C’est une histoire de persévérance. Ce n’est qu’une défaite, ce n’est que le début de la saison, on apprend. Dans les vestiaires, personne n’avait la tête basse. On va reprendre notre travail. » »

Aux côtés de Shaquille O’Neal et David Robinson

Mais si cette équipe est jeune, elle a aussi de l’orgueil. Les Spurs répondent sur le parquet de Phoenix et donnent des cauchemars au Sun pour Halloween, avec une victoire sur le buzzer après avoir compté 20 points de retard. Le héros du match est l’ailier Keldon Johnson avec 27 points, dont le dernier panier après avoir arraché la balle des mains de Durant. Mais c’est le « poster dunk » de Wembanyama sur le pauvre Eubanks qui tourne en boucle sur ESPN et sur les réseaux.

Deux jours plus tard, le Français signe sa première performance de référence, encore contre Phoenix : 38 points, avec 15 sur 26 au shoot, et dix rebonds. Wembanyama est le premier rookie depuis Shaquille O’Neal avec plus de 100 points et 10 contres sur ses cinq premiers matchs. Et chez les Spurs, seul David Robinson a marqué plus de 38 points lors de sa première saison. Deux références qui ont plus de 30 ans.

« Je ne vois personne comme lui en NBA. Je sais qu’on est tous les deux grands et maigres, je sais qu’il m’a regardé jouer étant plus jeune, mais il en a regardé plein d’autres, dont il s’est inspiré. Il est unique. Il va créer sa propre histoire », a salué Kevin Durant après la rencontre.

Trou d’air

Mais comme souvent pour un rookie qui intègre une équipe en pleine reconstruction, la saison s’annonce en dent de scie. Les Spurs viennent d’enchaîner cinq défaites consécutives. Une qui fait mal en prolongations contre Toronto, puis deux boucheries contre Indiana (152-111) et au Madison Square Garden contre les Knicks (126-105). Wembanyama confirme son irrégularité au shoot quand il fait face à des défenseurs agressifs (3 paniers sur 12, puis 4 sur 14). Les tabloïds new-yorkais s’en délectent et titrent « Wemby trop court », « French diss » (au lieu de French kiss), et « Pas notre jardin slim » (gringalet).

Popovich, qui laisse pour l’instant beaucoup de liberté à son protégé en attaque pour qu’il progresse, et insiste surtout sur la défense, y va de son petit tacle après-match, notant que seuls Johnson et Collins ont surnagé. Et Wemby ? « Il a bien bougé. Mais comme je l’ai dit, il n’y a que deux gars qui ont été corrects. »

Dimanche, les Spurs sont restés dans le coup contre Miami jusque dans les derniers instants mais Wembanyama s’est encore montré trop approximatif au tir (8 sur 22) et a perdu 7 ballons – son plus haut de la saison – contre 10 pour tous ses coéquipiers réunis.

Allez, ne soyons pas trop chagrins : même s’il joue sur courant alternatif, Victor Wembanyama est pour l’instant le meilleur rookie de ce début de saison avec Chet Holmgren (Oklahoma), et ses moments de fulgurance restent un plaisir pour les yeux. Jabari Smith Jr, de Houston, qui s’est fait dunker dessus comme un enfant malgré ses 2m08, avant de se prendre un double contre, peut en témoigner.