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BASKETVictor Wembanyama a-t-il raison de déjà zapper l’Equipe de France ?

Basket : Victor Wembanyama a-t-il raison de déjà zapper l’Equipe de France ?

BASKETLe tout juste numéro 1 de la draft 2023, Victor Wembanyama a annoncé sa non-participation à la prochaine Coupe du monde pour se concentrer sur sa nouvelle équipe, les San Antonio Spurs
Victor Wembanyama a annoncé qu'il ne participerait pas à la Coupe du Monde avec l'Equipe de France cet été.
Victor Wembanyama a annoncé qu'il ne participerait pas à la Coupe du Monde avec l'Equipe de France cet été.  - JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
Adrien Max

Adrien Max

L'essentiel

  • La star du basket français, tout juste drafté en première position par les San Antonio Spurs, a annoncé qu’il ne participerait pas à la Coupe du monde cet été avec les Bleus.
  • Il voit cette décision comme « un sacrifice nécessaire » pour préserver sa santé face à l’accumulation de matchs.
  • Tony Parker, lui aussi joueurs des Spurs, avait parfois aussi dû faire l’impasse sur l’Equipe de France, mais beaucoup plus tard dans sa carrière.

Même pas une semaine en NBA, et Victor Wembanyama fait déjà faux bond à l’Equipe de France. Le tout nouveau joueur des San Antonio Spurs, drafté en première position dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, a annoncé dimanche soir à l’Equipe sa non-participation à la Coupe du Monde avec l’Equipe de France cet été. « Ce ne serait pas réaliste en matière de développement et pas prudent en matière de santé. J’espère que les gens comprendront. C’est frustrant pour moi aussi. L’équipe de France est toujours aussi centrale. Je veux gagner le plus de titres possible avec elle. Mais je pense que c’est un sacrifice nécessaire », a-t-il justifié dans un premier temps, avant une plus longue interview à paraître chez nos confrères.

Une déception pour les supporteurs de l’Equipe de France et les fans de Wemby, d’autant plus qu’il répétait que son départ aux Etats Unis n’était qu’un au revoir puisqu’il reviendrait sous le maillot des Bleus. Une nouvelle occasion ratée, un an après avoir manqué l’Euro à cause d’une blessure, mais parvenir à combiner saison NBA et été avec les Bleus est souvent compliqué.



Peu de sélections, mais beaucoup d’ambitions (sur le papier)

Victor Wembanyama ne compte que quatre sélections en Equipe de France sénior, mais il a déjà disputé deux compétitions internationales chez les jeunes. L’Euro U16 en 2019, avec une médaille d’argent et une place dans le meilleur cinq de la compétition, et la Coupe du monde U19 en 2021, avec là aussi une médaille d’argent et une nomination dans le meilleur cinq du tournoi. Depuis plusieurs mois, il ne cesse de répéter l’importance du maillot bleu pour lui, comme il l’a encore fait la semaine dernière dans les colonnes de l’Equipe : « J’espère que prochainement, on pourra constater qu’il y a une distinction entre tout ce qui s’est passé avant et tout ce qui commence aujourd’hui, pour le basket français, sa place sur l’échiquier mondial. J’espère qu’on pourra, tous ensemble, instaurer le règne français. Pas comme Napoléon hein, je veux simplement que la France soit la plus grande nation basket au monde, durablement ». Pour finalement annoncer sa non-participation à la Coupe du Monde moins d’une semaine plus tard, drôle de timing.

La Coupe du monde supérieure à la Summer League ?

L’annonce de « Wemby » a immédiatement fait réagir le célèbre ex-commentateur de Canal+, George Eddy, au point de laisser éclater sa déception par un « merde ! » posté sur Twitter. Pour lui, « la vraie fatigue inutile c’est ce qu’il fait en ce moment et éventuellement de faire le Summer League où le niveau approche le G-League. Si les Spurs l’ont influencé dans ce sens, ils ont tort car la CDM l’aurait fait progresser plus vite comme Collet a dit récemment ». La NBA ne reprend qu’en octobre, mais les équipes disputent la Summer League en juillet, sortes de matchs de présaison pour tester les nouveaux joueurs, mais avec peu d’enjeux sportifs comme le résument nos confrères de TrashTalk : « compétition ô combien éclatée en matière de basket mais… tellement cotée en matière de hype ». La « hype », c’est justement ce qui entoure Wembanyama depuis qu’il a posé un pied aux USA.


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L’enchaînement de matchs

Dans sa décision, Victor Wembanyama explique vouloir préserver son corps face à l’accumulation de matchs alors qu’il a disputé cette saison 62 matchs avec trente-deux minutes de moyenne en BetClic Elite, la première division française. S’il participait à la Coupe du monde, cet été, il enchaînerait, selon lui, 170 matchs en l’espace de deux ans, avec la prochaine saison NBA et les JO 2024 de Paris. Un nombre qui semble important, mais si on le ramène par saison, on arrive à 85 matchs soit légèrement plus qu’une saison régulière de NBA et ses 82 matchs. Sans compter les play-off. Il va donc rapidement falloir prendre le pli de l’intensité d’une saison NBA et ces 170 matchs en deux saisons ne sont finalement qu’une moyenne basse pour toute star de la ligue.

Le poids du premier choix de la draft et le cas Tony Parker

Tony Parker a aussi été drafté par les San Antonio Spurs à l’âge de 19 ans, mais à la différence de son cadet, il a, lui, participé aux championnats d’Europe en 2001, quelques semaines après avoir été choisi en 28e position. Une position qui ne suscitait évidemment pas autant d’attente que le premier choix de Victor Wembanyama, les Spurs n’imaginait même pas une place de « starter » pour TP au moment de son arrivée. Depuis les années 2000, seuls Yao Ming, en 2002, et Anthony Davis, en 2012, ont disputé une compétition internationale après avoir été choisis en première position de la draft, nouvelle preuve du poids d’une telle place.

L’année suivante, les Bleus n’étaient pas qualifiés pour la Coupe du monde. Mais en 2003, TP commence les 82 matchs de la saison régulière, et les 24 de play-off qui lui permettent de devenir champion NBA pour la première fois. L’été suivant, il participe de nouveau aux championnats d’Europe en Suède, en étant élu dans le meilleur cinq du tournoi. Avant d’enchaîner une nouvelle saison d’une centaine de matchs avec les Spurs. Le début d’une très longue fidélité au maillot bleu.

En août 2008, Tony Parker annonce sa participation au tournoi de qualification à l’Euro 2009, contre l’avis des San Antonio Spurs qui souhaitaient le préserver lors de l’automne. Et ce n’est finalement qu’en 2010, après sa neuvième saison NBA et dix étés passés en Bleus (blessure en 2006), que Tony Parker décide de faire l’impasse sur la Coupe du Monde après une saison marquée par les blessures. Avant de revenir en 2011 jusqu’aux JO 2016, zappant juste un Mondial sans intérêt en cours de route, comme l’immense majorité des stars internationales de l’époque.

L’importance de l’expérience internationale, un an avec les JO de Paris

Tony Parker et Victor Wembanyama n’ont évidemment pas le même gabarit, le premier est un meneur d’1.88 mètres, tandis que l’autre culmine à plus de 2.20 mètres, leur physique ne réclame pas la même attention et c’est l’un des points d’interrogations quant à l’avenir de Wemby en NBA. Mais les campagnes de Tony Parker avec les Bleus l’ont énormément fait progresser, surtout en matière de leadership.

C’est d’ailleurs ce que rappelait l’entraîneur des Bleus, Vincent Collet, il y a quelques jours, tout en poussant du pied pour que son ancien joueur des Mets 92 soit avec les Bleus cet été : « L’expérience d’un championnat du Monde, je pense que c’est ce qu’il le préparerait le mieux à son entrée en NBA. C’est important puisqu’il pourrait jouer contre les mêmes joueurs qu’il rencontrera l’année prochaine. Ce n’était pas le cas en Betclic Elite. Et à cet âge-là, l’expérience ne se remplace pas », a-t-il avancé. A un an des JO 2024 de Paris, cette Coupe du Monde « une rampe de lancement », toujours selon Collet, aurait aussi été la parfaite occasion de travailler sa relation avec Rudy Gobert, le pivot des Timberwolves qui vient, lui, d’annoncer sa présence avec les Bleus cet été après avoir longuement pesé le pour et le contre.

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