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Les supporters répondent à la dissolution de leurs groupes

Les supporters répondent à la dissolution de leurs groupes

FOOTIls n'ont pas l'intention de baisser les bras...
Matthieu Payen

Matthieu Payen

Ils étaient dans le collimateur du ministère de l’Intérieur. Sept groupes de supporters de Ligue 1 ont été frappés par décrets de dissolution. En cause, les violences qui se sont produites dans et en dehors des stades depuis plusieurs saisons. Parmi les intéressés, on trouve des associations de supporters parisiennes (les Supras Auteuil 1991, les Authentiks et les Paris 1970 la Grinta de la tribune Auteuil) et lyonnaise (la Cosa Nostra de Lyon), mais aussi des «groupements de faits» à Nice (Brigade Sud de Nice) et à Paris (Commando Loubard et Milice Paris de la tribune Boulogne). 20minutes.fr a interrogé les principaux concernés pour faire le point avec eux.

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Ces annonces de dissolution sont-elles une surprise?

Non, la publication du décret n’a pas franchement fait l’effet d’une bombe. Fin mars, le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux avait déjà annoncé qu’il allait s’attaquer aux groupes de supporters. Un parti pris que dénoncent les supporters: «On est dans la chronique d’une dissolution annoncée, clame Christophe Uldry, porte-parole des Supras. Juste après les événements du 28 février, en marge de PSG-OM, Brice Hortefeux s’est empressé d’annoncer la dissolution, alors qu’il ne connaît pas le fond du dossier.» Les Authentiks avancent une autre explication à ce tour de vis. «Ca fait des années que le mouvement ultra est menacé, mais maintenant que la France veut l’Euro 2016, les groupes prennent une pression énorme, analyse Hooman, le porte-parole de l’association parisienne. En Allemagne, il s’est passé la même chose avant leur Coupe du monde, ils ont fait le ménage.»

La dissolution est-elle une bonne solution?

En tout cas, le gouvernement en fait l’une de ses mesures phares. «Je me félicite de cette décision de dissolution, parce que je l'appelais de mes vœux depuis la reprise de la Ligue 1, au moment des premiers incidents, soutient la secrétaire d’Etat aux Sports, Rama Yade qui prône même une hausse des interdictions de stades. Je pense qu'il est important d'agir et de frapper fort pour dire aux bandes violentes qu'il n'y aura pas d'impunité.» La mesure a aussi obtenu le soutien du maire de Paris Bertrand Delanoë. Les supporters sont eux évidemment beaucoup plus critiques. «La dissolution des Boulogne Boys [en 2008, ndlr] n’a entraîné à aucun moment une amélioration, peste Gilles Zamolo, chef des Brigade Sud. Lors du congrès des associations de supporters fin janvier, il a été dit que les dissolutions entraînent l’absence d’interlocuteurs et qu’ensuite les pouvoirs publics ne pourront s’en prendre qu’à eux-mêmes.»

Les groupes sont-ils assurés d’être dissous?

Non, ils ont encore quelques recours juridiques. «Nous allons déposer un référé en urgence pour suspendre la dissolution, annonce Christophe Uldry. Ensuite, il y aura un référé sur le fond devant le Conseil d’Etat pour annuler le décret.» Cette procédure avait déjà été utilisée par les Boulogne Boys en 2008. En vain. Mais Christophe Uldry se veut positif: «Contrairement aux Boys, notre association n’a jamais mis à disposition ses moyens pour favoriser les dégradations ou les actes de violence.» En ce qui concerne les Brigade Sud, l’issue est encore plus simple selon son leader: «Nous ne sommes pas une association de loi 1901, nous n’avons donc pas de recours à déposer et nous sommes indissolubles.» Pas sûr que le gouvernement l’entende de cette oreille.

Que faire en attendant la décision finale?

Malgré une solidarité affichée entre les Ultras, les positions divergent. Les Brigade Sud veulent continuer à exister en menant des actions jusqu’à ce que «les pouvoirs publics présentent des excuses pour les pressions qu’ont subi les individus qui font partie de notre groupe.» Les Supras sont aussi favorables au rapport de force. «On ne va pas lâcher l’affaire, lance Christophe Uldry. On continuera à aller au stade. D’ailleurs, nous irons comme annoncé au Stade de France pour la finale de Coupe de France, le 1er mai.» A cette occasion, les Supras souhaitent organiser avant le match une marche qui partira de la basilique Saint-Denis à 17h. Une marche à laquelle les Authentiks ne sont pas sûrs de participer. «Notre avocat nous a prévenus qu’il fallait faire attention à ne pas être accusé de réunification d’association dissoute car les sanctions sont lourdes, glisse Hooman. Donc, on devra réfléchir à ce qu’on fait. Mais une partie de nos membres hésite à retourner au stade.»