La Super Ligue se dote d’un PDG pour relancer le projet, nouvelle menace en vue pour l’UEFA ?

Football Sortez-les par la porte, ils reviennent par la fenêtre

N.C. avec AFP
— 
Le président du Barça Joan Laporta et celui du Real Madrid Florentino Perez en discussion avant un match entre les deux clubs, le 24 octobre 2021.
Le président du Barça Joan Laporta et celui du Real Madrid Florentino Perez en discussion avant un match entre les deux clubs, le 24 octobre 2021. — AFP OR LICENSORS

Il faut reconnaître une qualité aux défenseurs de la Super Ligue : l’opiniâtreté. Alors que l’immense majorité du monde du foot a massivement exprimé son rejet face à ce projet de compétition européenne réservée à l’élite, la société promotrice de cette riche idée ne s’avoue jamais vaincue. Elle a annoncé ce mercredi avoir nommé un PDG en la personne de l’Allemand Bernd Reichart, qui aura pour mission d’ouvrir un « dialogue » sur l’avenir du football de clubs.

Ancien patron du groupe de médias RTL Group en Allemagne, Bernd Reichart prend les commandes de la structure A22 Sports Management, la société « créée pour parrainer et aider à la création de la Super Ligue en Europe ». « Le football européen a besoin d’un dialogue ouvert et honnête autour de son avenir », a déclaré Bernd Reichart dans un entretien accordé à l’AFP, 18 mois après l’échec d’une première mouture de ce projet rival des compétitions de l’UEFA.


« Au cours des prochains mois, avec nos partenaires, nous allons lancer un dialogue structuré, bien organisé et professionnel », explique-t-il, faisant le constat d’un « système cassé » et d’un « football européen qui n’atteint pas tout son potentiel ». Bernd Reichart, âgé de 48 ans, est un spécialiste des médias et des droits sportifs, passé notamment par l’agence de droits Sportfive, le groupe de média espagnol Atresmedia et le groupe allemand RTL, dont il était PDG de 2019 à 2021.

Cette nomination fait de lui la nouvelle incarnation de la Super Ligue. Ce projet de compétition privée lancé par douze grands clubs européens (censés être membres de droit) avait été dévoilé en fanfare en avril 2021. Mais face à la fureur de nombreux supporteurs et à la menace de mesures politiques, l’affaire avait capoté en quarante-huit heures. Neuf des douze clubs mutins, notamment les puissants clubs anglais, ont fait amende honorable, mais le Real Madrid, le FC Barcelone et la Juventus Turin continuent d’entretenir la flamme.

Le nouveau format de la C1 « ne va pas dans la bonne direction »

Ces dernières semaines, le président madrilène Florentino Pérez et ses homologues barcelonais Joan Laporta et turinois Andrea Agnelli ont tous réaffirmé leur engagement dans le projet, censé permettre aux clubs d’être « maîtres de leur destin » selon Laporta.

Pour contrer la Super Ligue, l’UEFA a annoncé une profonde réforme de la Ligue des champions pour 2024, avec 36 équipes au lieu de 32, et un mini-championnat de huit journées au lieu de la traditionnelle phase de groupes. Les droits TV doivent rapporter la somme record de quinze milliards d’euros sur trois ans (2024-2027). « Ce projet ne va pas dans la bonne direction », tranche Bernd Reichart.

« Je suis assez convaincu que les fans n’aimeront pas le format 2024-2027, qui a des faiblesses claires », lance-t-il, pointant notamment la forte augmentation du nombre de matchs et le fait que la phase à élimination directe à partir des huitièmes de finale, la partie la plus « intéressante et enthousiasmante », ne s’ouvre qu’au printemps. « Discutons pour voir si nous pouvons faire mieux », plaide-t-il. Il sera sûrement bien reçu par les associations de supporteurs.