Rugby : Les internationaux ont deux fois et demie plus de risques de développer des maladies neurodégénératives

DANGER Une nouvelle étude pointe les dangers de la pratique du rugby pour le cerveau

20 Minutes avec AFP
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Les joueurs de Bath à l'entraînement.
Les joueurs de Bath à l'entraînement. — Patrick Khachfe/JMP//SIPA

Bien que peu surprenants, les résultats sont éloquents. Selon une étude menée par une équipe de l’université de Glasgow, les anciens joueurs internationaux de rugby ont deux fois et demie plus de risques que la population générale de développer des maladies neurodégénératives. Le risque de développer une maladie de Parkinson serait également trois fois plus élevé et celui d’une maladie du motoneurone, un type de maladie dégénérative, serait, lui, quinze fois plus élevé, d’après les résultats de l’étude publiée dans le Journal of Neurology, Neurosurgery and Psychiatry.

L’étude, qui s’est penchée sur 412 anciens internationaux écossais de rugby avant de les comparer à 1.200 personnes issues de la population générale, vient s’ajouter à de précédentes études pointant les liens entre les commotions cérébrales subies par les joueurs et le risque de développer des maladies neurodégénératives.

Trois anciens joueurs irlandais ont récemment porté plainte contre leur fédération pour des commotions à répétition. D’autres joueurs ont déjà engagé des procédures judiciaires contre les institutions du rugby, comme l’ex-talonneur anglais Steve Thompson, qui a témoigné dans la presse souffrir de démence précoce.

Les amateurs aussi exposés que les pros ?

D’après l’étude, si les risques ne sont pas les mêmes selon le type de maladie neurodégénérative, le poste du joueur n’aurait pas d’influence. Les chercheurs relèvent que la plupart des joueurs de rugby étudiés étaient amateurs, le rugby n’étant devenu professionnel qu’en 1995, ce qui montre que les risques ne se limitent pas aux sportifs professionnels. « Notre inquiétude porte particulièrement sur le risque de maladie du motoneurone parmi les joueurs de rugby, qui est même plus élevé que pour les anciens footballeurs professionnels », a déclaré le consultant en neuropathologie Willie Stewart, qui a dirigé l’équipe de recherche.



« Au lieu de parler d’étendre les saisons et de rajouter de nouvelles compétitions il faudrait discuter afin de les réduire autant que possible », a-t-il ajouté, prenant l’exemple du football américain, qui a réduit les contacts à l’entraînement. « Je pense que le rugby peut accélérer le rythme auquel il change », estime le chercheur.

Brian Dickie, le directeur recherche et développement de l’Association des maladies du motoneurone, a salué cette étude, tout en appelant à des recherches plus approfondies. « Nous savons que la majorité des cas de maladie du motoneurone implique un mélange complexe de facteurs de risques génétiques et environnementaux, donc le facteur de risque génétique pourrait être différent chez des athlètes de haut niveau de celui de la population générale », a-t-il déclaré.