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Sprinteur, super-combatif, rouleur... Wout, « Aertiste » complet

Tour de France 2022 : Sprinteur, rouleur, super-combatif... Wout, « Aertiste » complet

CYCLISMEWout Van Aert avait fait du chrono de la 20e étape sa priorité et s’est imposé comme prévu, couronnant un Tour de France irréel qui n’est pas tout à fait terminé pour le Belge, également élu super-combatif à l’unanimité
William Pereira

William Pereira

Qui d’autre que Wout Van Aert peut se vanter de pouvoir jouer la gagne sur tous les terrains ? Même Tadej Pogacar, considéré comme le plus complet des leaders, a une faiblesse : les sprints. Dimanche, sur les Champs, le Slovène, maillot blanc du Tour de France pour la troisième année consécutive, n’aura pas son mot à dire. Tout l’inverse de Van Aert qui n’aura qu’à renfiler son costume de sprinteur pour le bouquet final. Après avoir enfilé celui de grimpeur jeudi et de grand seigneur vendredi, le coureur de la Jumbo-Visma s’est transformé en rouleur vorace sur les routes de Rocamadour.

Et le champion du monde du contre-la-montre, Filippo Ganna, n’a rien pu y faire : longtemps au-dessus de la mêlée, l’Italien croyait sans doute tenir le chrono qui lui permettrait de remporter sa première étape sur le Tour. Et puis Van Aert est passé par là.

Faim de loup, fin de rêve

On a pourtant presque eu peur pour Van Aert à deux reprises. La première, quand il a perdu du temps sur Ganna au dernier pointage intermédiaire. Mais il s’agissait plus de gestion de l’effort que de réel déclin. La suite le prouvera, le Belge surclassant la concurrence dans une ultime ascension tout en puissance. « C’était un parcours très particulier avec un départ technique, commentera Van Aert au micro de France TV après l’étape. Il y avait des petites bosses et des parties en descente, c’était mon plan de garder un peu de jus pour les dernières montées. C’était dur, mais je pense que c’était le bon plan. »

Un plan quasiment compromis par… Jonas Vingegaard en personne. C’est la seconde frayeur. Le maillot vert concédera d’ailleurs, sourire aux lèvres, avoir « eu peur » pour la victoire d’étape en voyant son leader – en état de grâce – allumer du vert à tous les checkpoints. Heureusement pour lui, Vingegaard a goûté au frisson de la sortie de route en fin de parcours sur un virage trop large en descente, non sans rappeler la chute de Pogacar deux jours plus tôt. La chance du champion étant ce qu’elle est, le Danois est resté assis sur sa machine. Mais l’avertissement le pousse immédiatement au calme. « Après ça, je me suis dit ''bon, maintenant dans les virages qui viennent, on se calme''. Et j’ai abordé les suivants tranquillement, parce que je ne voulais pas tomber. »

Van Aert refuse de dire s’il visera un jour le général

Ce maillot jaune jusqu’ici si léger pour les frêles épaules de Vingegaard aura donc attendu les derniers kilomètres du contre-la-montre pour peser de tout son poids. Dans les 500 derniers mètres, où le jeune homme coupe son effort – un geste de « grand champion », dira Van Aert – scellant définitivement le sort de la 20e étape et après la ligne, où il tombe en larmes dans les bras de ses proches, le sentiment de décompression est palpable. « On est soulagés quand on en arrive à ce stade. Bien sûr, il ne faudra pas perdre de temps demain, mais normalement, on n’attaque pas le maillot jaune sur la dernière étape. »

Si le Tour s’arrête là pour le futur vainqueur, ce n’est pas le cas de Wout Van Aert. Détenteur de trois victoires d’étape, à égalité avec Tadej Pogacar, le couteau suisse de la Jumbo-Visma aura l’occasion de passer devant le Slovène sur les Champs-Elysées. Un défi de plus pour le super-combatif du Tour 2022, dont on se demande s’il n’a pas envie de viser autre chose que des titres honorifiques sur le Tour de France. « Je ne peux pas parler de futur pour le moment. » On comprend. Mais si les circonstances rendaient le « oui » interdit, le non était permis. Il a pourtant préféré se taire. Alors, à quand Van Aert leader sur la Grande Boucle ?