Tour de France 2022 : McNulty, Madouas… A Peyragudes, les équipiers ont porté leurs leaders

CYCLISME Brandon McNulty ou encore Valentin Madouas ont tout donné pour Tadej Pogacar et David Gaudu lors de la 17e étape du Tour de France.

William Pereira
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Brandon McNulty porte sa croix
Brandon McNulty porte sa croix — Thibault Camus/AP/SIPA
  • La 17e étape du Tour de France a été remportée par Tadej Pogacar, ce mercredi. 
  • Le Slovène a été sacrément aidé par ses équipiers Mikkel Bjerg et Brandon McNulty, qui ont abattu un boulot de titans pour essorer la Jumbo-Visma et reprendre tous les échappés du jour. 
  • En difficulté toute la journée, David Gaudu a lui aussi pu compter sur le soutien précieux de Valentin Madouas pour ne pas sombrer. 

Les yeux dans le vide, presque éteints, Brandon McNulty répond aux questions des journalistes en zone mixte avec le peu d’énergie qui lui reste. Avant un repos bien mérité. Le coureur le plus combatif de la 17e étape du Tour de France a traîné son leader – et dans sa roue l’inusable Jonas Vingegaard – sur les deux dernières montées du jour dans son style bien à lui. Le cul vissé à la selle, le grimpeur américain a prouvé mercredi que Tadej Pogacar ne courait pas seul, et qu’on pouvait former une bonne équipe à quatre.

UAE, puissance 4

La victoire du maillot blanc est venue couronner un travail collectif amorcé par Mikkel Bjerg dans le col d’Aspin. Deux, c’était bien suffisant pour faire exploser tout le monde – sauf le meilleur. Au bout de l’agonie, la journée des UAE se termine de la meilleure des manières alors qu’elle avait commencé par l’abandon de Rafal Majka. Le seul, pensait-on, capable d’envoyer Pogi sur orbite sur les pentes pyrénéennes. « Aujourd’hui, même si on a perdu Rafa, on a prouvé qu’on a encore des armes pour essayer de récupérer le maillot jaune jeudi », applaudissait le jeune Slovène au micro de France TV.

« Au Tour, chaque étape a sa saveur, aujourd’hui ça a été particulier pour mes coéquipiers. J’ai vu beaucoup d ‘émotion sur leur visage ces deux semaines, on a été frappé par la malchance. J’espère que demain je me referai la cerise. Aujourd’hui, c’était pour les coéquipiers. »




Tadej Pogacar ne croit pas si bien dire. Derrière lui aussi, les Sam Gamegie du peloton ont fait d’un dévouement illimité à des leaders parfois à la ramasse. Si David Gaudu se couche ce soir à une poignée de secondes de la 4e place de Nairo Quintana, il le doit autant à son sprint à bout de forces en haut de Peyragudes qu’au boulot de taré abattu par Valentin Madouas. Ce dernier s’est évertué à remonter son leader à la surface alors qu’il semblait couler dans un naufrage précoce. Le rescapé salue la performance. « Valentin, je l’ai rarement vu à ce niveau-là. Merci à lui, sans lui je ne fais pas grand-chose. Il m’a trainé dans la dernière montée. C’est pour ça que j’ai pas lâché dans la tête. C’est le mental qui me fait tenir, parce que j’ai vraiment mal aux jambes. C’est la tête qui dirige ! »

Leknessund méritait mieux

Saluons aussi le travail de Leknessund. Après avoir porté Romain Bardet sur ses épaules la veille, le coureur de DSM a sacrifié ses ambitions sur l’étape du jour pour permettre au Français de reprendre du temps à ses concurrents direct et se rapprocher d’un top 5 qui paraissait hors d’atteinte au départ de Saint-Gaudens. Un choix stratégique au pire discutable, au mieux sans grand panache : au vu de sa forme du jour et de la valeur d’une victoire d’étape sur un grand tour, Leknessund avait bien le droit d’aller jouer la gagne contre Pogacar et Vingegaard plutôt que d’assurer une place d’honneur au général que tout le monde aura oubliée d’ici deux, trois ans.

Brandon McNulty, lui, a le privilège de donner un sens à sa souffrance. La quête du maillot jaune de son général vaut tous les efforts du monde, y compris ceux du lendemain, qu’il imagine déjà pénibles. « Demain, on va mettre le paquet, on va tout donner. Ça sera sûrement dur mais on verra bien ce qu’on arrivera à faire pour Tadej ».