Jean-Marc Mormeck: «Je ne suis pas le grand manitou. Plus un grand frère»

BOXE Le boxeur évoque pour 20minutes.fr sa nouvelle casquette de promoteur...

M.Go.

— 

Jean-Marc Mormeck lors de son combat de retour le 17 décembre à la Halle Carpentier. 
Jean-Marc Mormeck lors de son combat de retour le 17 décembre à la Halle Carpentier.  — Sebastien Ortola/20 minutes

Bien sûr, lors de son retour sur le ring, tout le monde a retenu sa victoire contre Vinny Maddalone. Mais ce soir-là, Jean-Marc Mormeck avait remporté un autre combat en devenant son propre promoteur. Depuis, il a fait signer des jeunes espoirs comme Daouda Sow ou Khedafi Djelkhir. Alors que le 6 mai, le boxeur de Bobigny organise une nouvelle soirée où il affrontera Fres Oquendo, il a accepté de nous parler de sa double-casquette.

Dans votre livre «A poings nommés», vous évoquez souvent vos relations avec vos anciens promoteurs, parlez-nous en?

Au début, avec Gérard Teysseron, c’était assez souple. Après, quand on commence à atteindre un niveau international avec les Acariès ou avec Don King, les relations deviennent plus conflictuelles car on commence à parler d’argent. A l’époque de King, il fallait que je fasse une partie du boulot. Il me prenait en contrat avec l’objectif de revenir en France. C’était à moi de faire des démarches avec les télés. Ça m’a énormément servi par la suite.

Depuis combien de temps pensiez-vous revenir en tant que boxeur-promoteur?

Depuis un bon bout de temps. Déjà, lors de la réunification en 2005. En voyant tous les obstacles que j’arrivais à surmonter, je me suis dit: «Si j’arrive à le faire pour moi alors pourquoi je n’arriverai pas à le faire pour les autres et avoir mon team?» Après ma défaite contre Haye (en 2007), j’ai été voir les télés, France 2,  Direct 8, Eurosport. Cela m’a permis de prendre des contacts, de refaire ce que je faisais avec Don King mais pour moi cette fois-ci. En montant en lourds en 2009, j’ai joint l’utile à l’agréable: revenir sur le ring mais aussi manager des boxeurs.

Vous dites souvent qu’un boxeur-promoteur doit être bien entouré, parlez-nous des personnes qui vous aident?

Gérard Teysseron est très bon pour choisir les adversaires avec mon accord. Il me propose, je valide. Pour la partie événementielle, je fais appel à des gens spécialisés. Ils discutent par exemple avec les partenaires. Comme je connais des gens, j’amorce et eux concrétisent. On ne peut pas faire l’attaché de presse,  l’homme d’affaire, celui qui choisit les boxeurs… Il y a des spécialistes pour chaque chose. Et puis, quand il y a des trucs qui ne me plaisent pas, j’interviens. Par exemple, sur l’affiche du combat, on me fait des propositions et je refuse ou j’accepte. Don King, quand il commande des vidéos pour des combats, ce n’est pas lui qui les monte. Il les visionne puis il valide.

Parlez-nous des relations que vous entretenez avec vos boxeurs?

Je ne suis pas l’intouchable, le grand manitou comme Don King. Je suis  plutôt le grand frère. On leur propose des choses, ils acceptent ou pas. Daouda (Sow), je ne lui ai pas demandé de signer avant la première réunion. Il est venu, il a combattu. Ensuite, on a discuté. Puis, il m’a demandé de venir inaugurer une salle à Hem. Je  ne savais même pas où c’était mais j’ai pris ma voiture. Idem Pour Khedafi Djelkhir, on devait lui remettre une récompense à Belfort. Parce que c’est lui, je suis parti de mon entraînement et j’y suis allé.

Ces activités n’empiètent-elle pas trop sur votre entraînement?

Non, car ce sont des choses que j’ai toujours faites. Pour moi rien n’a changé.

Mormeck le promoteur peut-il énerver les autres promoteurs français et notamment la famille Acariès?

Je sais ce que c’est. C’est particulier la boxe. Et la mentalité de deux-trois promoteurs aussi. Mais ce n’est pas grave. Quand tu veux faire quelque choser, tu dois assumer ce qu’il peut se passer. Pour le moment, je n’ai eu subir la réaction de personne. Ce n’est pas quelque chose qui me dérangerait. Aujourd’hui, encore moins. Je suis bien entouré.