Combiné nordique: Jason Lamy-Chappuis victime d'un concours de saut tronqué

VANCOUVER2010 Dans le vent et la pluie, le champion olympique du petit tremplin n'a rien pu faire. Certains pensent que le concours de saut aurait dû être reporté...

Matthieu Goar avec R.S.

— 

Jason Lamy-Chappuis à l'arrivée de son saut sur le grand tremplin, le 25 février 2010.
Jason Lamy-Chappuis à l'arrivée de son saut sur le grand tremplin, le 25 février 2010. — Dmitry Lovetsky/AP/SIPA

De notre envoyé spécial à Whistler

Les faits
Jeudi matin, sur le grand tremplin du Whistler Olympic park, un vent tournoyant, la pluie et la neige perturbent le concours du saut du combiné nordique (sur grand tremplin). Une épreuve dont le favori est Jason Lamy-Chappuis, champion olympique sur petit tremplin. A 10h30, le jury annule les résultats des premiers sauteurs et relance une manche à 11 heures. Les conditions ne semblent pas avoir changé et certains sauteurs sont perturbés par le vent dont les cinq derniers, leaders de la Coupe du monde. Jason Lamy-Chappuis s’élance, réalise un saut à 113 m alors qu’il saute  à 130 m à l’entraînement. Parti à 2’22'' du premier Bernhard Gruber sur le ski de fond, le Français termine 18e de l’épreuve. «Je me suis bien défoulé sur cette course de fond. J’avais la rage.»


>> Retrouvez notre blog
 et notre Twitter

>> Et notre dossier spécial JO ici


>> Les plus belles photos des JO sont ici


La polémique
Après son saut, Lamy-Chappuis fulmine. «Les conditions sont tellement changeantes. C’est une loterie. Il y en a qui ont eu des bonnes conditions. D’autres la neige et le mauvais vent… C’est dommage de faire une compét’ des JO là-dessus.» Lamy-Chappuis n’est pas tout seul. C’est une hécatombe chez certains favoris, surtout chez les leaders de la Coupe du monde qui se sont élancés en fin de concours. L'Autrichien Felix Gottwald s'est classé 40e, l'Allemand Eric Frenzel 41e et le Finlandais Anssi Koivuranta 44e. «Les conditions étaient catastrophiques pour les cinq premiers mondiaux», lance le visage fermé Felix Gottwald. Après de nombreuses pauses, les derniers sauteurs se sont presque élancés les uns à la suite des autres. «Ils ont voulu terminer la manche alors ils ont envoyé le vert (le drapeau vert qui autorise les sauteurs à s’élancer) pour les cinq derniers. Ils n’ont pas regardé le vent. La partie sportive a été oubliée. Je pense qu’ils ont la pression des télés pour essayer de finir la compétition», lâche Lamy-Chappuis. Une polémique qui vient s’ajouter à celle sur les skis norvégiens, mercredi, au fond.

Qu’aurait souhaité le clan français?

A l’instar de Fabien Saguez, le DTN du ski, le clan français est révolté. Il aurait souhaité que le jury attende des conditions favorables pour lancer les cinq derniers ou décide même de reporter le concours comme cela se fait en Coupe du monde. «On aurait dû annuler la manche et remettre ça à demain. On n’a pas compris non plus qu’il n’y ait pas des compensations de vent comme ça se fait en Coupe du monde (quand le vent est défavorable, le sauteur reçoit des points en plus)», explique Adrien Mantez, technicien de l'équipe. «Il fallait être patient. Surtout qu’il n’y a plus de compétitions sur ce tremplin avant la fin des JO», lance Sylvain Guillaume, vice-champion olympique de la discipline à Albertville et consultant pour France Télévisions. «Ils pouvaient attendre un petit peu pour les derniers. Ils l’ont bien fait plus tôt pendant la manche.»

Que répond la Fédération internationale de ski (FIS)?

La Fédération internationale réfute les accusations du clan français. «Nous avons annulé dans un premier temps car le tremplin était de moins en moins rapide. Lorsque l’on a relancé la manche, les conditions de vent et de neige étaient toujours difficiles. Mais elles ne se sont pas dégradées. A chaque fois qu’un sauteur s’est élancé, le vent était inférieur à 1m/s», détaille Egon Theiner, responsable technique à la FIS. Réfutant des pressions de la télé, l’officiel explique aussi le fait qu’il n’y ait pas de points de compensation pour les sauteurs les plus défavorisés: «Notre jury est comme un arbitre de foot. Il applique les règlements. Et le CIO a validé celui-là l’été dernier avant que celui de la Coupe du monde ne change.»