« à Strasbourg, on dit QUE je suis un tocard »

recueilli par David Phelippeau, à Nantes

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Jean-Marc Furlan
Entraîneur du FC Nantes et ex-coach du Racing (2007-2009).
En cas de défaite à Strasbourg,

serez-vous sur la sellette ?
Je suis conscient de ça. C'est toujours difficile pour un entraîneur quand il n'a pas de résultats [une victoire, un nul et cinq défaites]. Il n'y a aucun signe avant-coureur qui me fait douter de mon avenir. Donc, je travaille. Mais c'est vrai que quand tu perds autant de matchs, ça pose problème. J'ai connu beaucoup plus tendu au Racing.

La blessure est-elle refermée

avec Strasbourg ?
Oui, cela a mis trois mois. Trois mois de souffrance. A Strasbourg, ça a été très douloureux au quotidien. Je n'étais pas en symbiose avec tout le monde. J'ai une certaine philosophie et je n'en change pas. A Troyes [2004-2007], il y avait une dynamique, une synergie. on avait la même idée du foot. Dans l'Aube, on dit que j'étais un bon entraîneur, à Strasbourg, que je suis un tocard.

A quel accueil vous attendez-vous ?
Pendant deux ans, j'étais très exposé par le président [Philippe Ginestet]. Le fait qu'on soit descendus la première annéem'a beaucoup pénalisé en termeS d'image. Chaque mois, il y a eu une remise en cause de mon poste. Ce qui je pense nous a enlevé des points. Je serai bien accueilli par le staff technique et médical, par le centre de formation. J'aurai beaucoup de joie à les retrouver. Tout comme les joueurs avec qui j'ai vécu une aventure superbe pendant un an; Le public ? Je ne m'attends à rien de particulier. Je suis obsédé à l'idée que le FCN gagne. Le Racing ne me concerne plus.
Nantes et Strasbourg sont-ils

deux clubs aussi instables ?
Ce sont deux villes qui ont énormément d'exigence en terme de résultats. Et la même instabilité dans le fonctionnement général. Plus encore à Strasbourg qu'à Nantes, le résultat est incontournable au quotidien. Mais l'approche est différente. En Alsace, c'est le résultat à tout prix et sans concession, sans analyse du fond. A Nantes, il y a une véritable philosophie du foot.

Que pensez-vous du Racing actuel ?
Ils sont sur une phase ascendante. Le trou qu'on connaît nous, ils l'ont connu de juillet à septembre. Pour eux, c'était la Bérézina, la catastrophe. Après avoir connu un tsunami footballistique, ils rebondissent par la force des choses.

Que craignez-vous de cette équipe ?
Ce sont des garçons qui ont l'habitude de jouer dans une très forte hostilité à la Meinau. C'est loin d'être ce qu'on connaît à la Beaujoire. Même s'ils ne sont pas brillants, ils sont courageux. Et ça, je l'ai dit à mes joueurs. Il va falloir être plus forts qu'eux.