De notre envoyé spécial à Whistler,
Il fallait bien revenir sur le lieu du drame. Reprendre sa luge, enfoncer son casque et dévaler à nouveau cette piste sur laquelle Nodar Kumaritashvili a perdu la vie vendredi, pendant un entraînement, quelques heures avant l’ouverture officielle des Jeux. Pas question d’annuler les épreuves. La fédération internationale a simplement pris quelques précautions d’usage pour freiner ce tube glacé, redouté par tous les athlètes. Le virage 16, celui de l’envol fatal, a été légèrement surélevé. La glace y a été retravaillée. Autre changement, de taille, les hommes ne s’élancent plus du même endroit. A l’entraînement comme en course, ils empruntent l’aire de départ des femmes, un peu moins haute dans la montagne. Question pilotage, cela ne change pas grand-chose puisque le nombre de virages est le même. En revanche, les lugeurs perdent 10km/h de moyenne sur ce tracé raccourci. Une différence qui aurait pu éviter au jeune Géorgien de décoller à quelques mètres de l’arrivée.
Rarement une séance d’entraînement de luge n’avait rameuté autant de caméras. L’horloge du site indique 9h02 quand le premier concurrent s’installe au départ. C’est l’Américain Tony Benshoof qui s’y colle. Après un enchaînement de droite-gauche réussi, l’homme à la tenue couverte de flammes ne lâche pas un mot. «Je n’ai pas envie de parler de l’accident.» Tous les cadres de la discipline défilent les uns après les autres. Des colosses de plus de 100 kilos pour les plus costauds. Visages fermés, esprits dispersés. Certains promettent un commentaire à l’issue de la deuxième session de la matinée.
«Vous prenez votre voiture, quelqu’un peut vous percuter»
Pour entendre un lugeur s’exprimer, il faut se tourner du côté des athlètes des petites fédérations. Pas encore briefés par un attaché de presse et libre de s’exprimer. Un Slovène égaré, un Indien esseulé. Thomas Girod est aussi de ceux-là.
L’unique pilote français, relégué très loin dans les classements n’a pas envie de gamberger. «On essaye juste de se focaliser sur la descente. Ce n’est pas bon pour nous de penser à ça de toute façon.» Le jeune homme est conscient du risque qu’il court en embarquant sur un engin propulsé à plus de 140km/h par endroit. Il n'en fait pas pour autant une fixation. «Oui, c’est dangereux. Mais comme tout. Vous prenez votre voiture, quelqu’un peut vous percuter. Alors, il y a eu ce drame. Voilà, c'est comme ça.» Pas question de se laisser submerger. Seuls trois athlètes, dont un autre concurrent géorgien, ont préféré renoncer à un retour sur cette piste marquée à jamais. Les autres ont maintenant une compétition à préparer. Et dans ces moments-là, le mot «peur» ne doit pas être prononcé.
L’unique pilote françaisPour entendre un lugeur s’exprimer, il faut se tourner du côté des athlètes des petites fédérations. Pas encore briefés par un attaché de presse et libre de s’exprimer. Un Slovène égaré, un Indien esseulé. Thomas Girod est aussi de ceux-là.
L’unique pilote français, relégué très loin dans les classements n’a pas envie de gamberger. «On essaye juste de se focaliser sur la descente. Ce n’est pas bon pour nous de penser à ça de toute façon.» Le jeune homme est conscient du risque qu’il court en embarquant sur un engin propulsé à plus de 140km/h par endroit. Il n'en fait pas pour autant une fixation. «Oui, c’est dangereux. Mais comme tout. Vous prenez votre voiture, quelqu’un peut vous percuter. Alors, il y a eu ce drame. Voilà, c'est comme ça.» Pas question de se laisser submerger. Seuls trois athlètes, dont un autre concurrent géorgien, ont préféré renoncer à un retour sur cette piste marquée à jamais. Les autres ont maintenant une compétition à préparer. Et dans ces moments-là, le mot «peur» ne doit pas être prononcé.