Le Dakar: un dernier tour en Amérique du Sud?

AUTO L'organisateur pense à revenir en Afrique en 2011...

Matthieu Payen

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Le directeur de course du Dakar, Etienne Lavigne, lors d'une conférence de presse à Lisbonne le 4 janvier 2008.
Le directeur de course du Dakar, Etienne Lavigne, lors d'une conférence de presse à Lisbonne le 4 janvier 2008. — REUTERS

Jamais deux sans trois? Amaury sport organisation (ASO), organisateur du rallye-raid Dakar, pourrait bien aller à l’encontre de l’adage. Après deux années d’exil en Amérique du Sud, ASO pourrait rapatrier la course l’an prochain sur le continent africain. L’annulation de l’édition 2008 pour cause de menace terroriste en Mauritanie, Etienne Lavigne, directeur du Dakar, ne l’a pas oubliée. Pourtant, comme il l’a admis lors de la présentation du parcours 2010 à la presse, «il serait bon de revenir aux sources du Dakar.»

 

Ce retour n’est pas seulement motivé par le non-sens que constituent les panneaux «Dakar» plantés en plein milieu de la Pampa. Les contraintes médiatiques jouent un rôle important. Le décalage horaire avec l’Amérique du Sud est une aiguille dans le pied de France Télévisions. «L’an dernier, nous devions jongler avec les images, récupérer les réactions au dernier moment pour alimenter l’émission quotidienne de 18 heures», explique Daniel Bilalian, le patron des sports de France Télévisions. Certes, cette année, le groupe a trouvé la parade avec une case horaire un peu plus tardive, aux alentours de 18h50. Le hic, c’est que l’émission «Le Dakar» ne sera pas diffusée sur France 2, mais sur France 4…

 

100 véhicules de moins cette année

 

L’autre forte contrainte imposée par l’Amérique du Sud concerne l’environnement. Si l’Argentine est plutôt conciliante en la matière, le Chili l’est nettement moins. «La porte-parole du gouvernement chilien, madame Carolina Toha, est liée au mouvement écologiste», précise Etienne Lavigne. Du coup, le tracé 2010 a fait l’objet de nombreuses tractations et de modifications afin d’éviter les zones naturelles protégées et les sites archéologiques. Des considérations nettement moins présentes en Afrique. «Les Etats africains n’ont pas encore les structures suffisantes pour imposer de telles contraintes», reconnait Etienne Lavigne. Avant de se projeter vers le lieu du tracé 2010, ASO suivra avec attention les élections présidentielles au Chili le 11 décembre.

 

Il ne faudrait cependant pas croire qu’un retour en Afrique est assuré. D’abord parce que la situation géopolitique africaine n’est toujours pas très engageante. «Si l’on revient ce sera probablement en Afrique de l’Est, même si on a gardé de bons contacts à l’ouest», concède Etienne Lavigne. Ensuite pour des raisons économiques. La crise n’épargne évidemment pas le Dakar. Mitsubishi a décidé d’arrêter les frais et moins de 400 véhicules sont au départ, contre 500 l’an passé. «En Amérique du Sud, nous sommes invités, l’Argentine et le Chili nous versent 12 millions d’euros pour organiser la course». Pas négligeable en période de disette.