Evans l'éternel second gagne enfin

CYCLISME Après une multitude de places d'honneur...

Matthieu Payen

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 Cadel Evans devient champion du monde de cyclisme à Mendrisio, le 27 septembre 2009.
 Cadel Evans devient champion du monde de cyclisme à Mendrisio, le 27 septembre 2009. — C.Hartman / REUTERS

Etaient-ce les absences de Contador et Armstrong ou bien l’abandon d’Andy Schleck? Une chose est sûre, Cadel Evans a enfin conjuré le mauvais sort. L’Australien, deuxième des Tour de France 2007 et 2008, s’impose dans un championnat du monde comme souvent débridé. Il s’est placé aux avant-postes dans les vingt derniers kilomètres du circuit de Mendrisio. Une dernière attaque lui permet de creuser l’écart sur un groupe composé d’hommes forts, tels que le Suisse Cancellara, l’Italien Cunego ou l’Espagnol Valverde.

«C'est fantastique, sest réjoui Evans après la course. Des Mondiaux, j'en ai disputés beaucoup, notamment en VTT, j'ai sept médailles chez moi mais aucune en or. Cette victoire est une réponse à toutes les critiques que j'ai subies, aux doutes que j'ai vécus. J'ai eu quasiment tout le monde contre moi.»

Pas qu'un suiveur

 

Il est vrai qu'en devenant le premier Australien à endosser le maillot arc-en-ciel, Evans sauve une saison très moyenne. Son sponsor, la Silence-Lotto, lui a signifié en début d'année qu'il n'était plus question qu'il concentre tous ses efforts sur un Tour de France qu'il ne parvient pas à remporter. Le coureur obtempère et prend le départ du critérium du Dauphiné Libéré et du Tour d'Espagne, annihilant ses chances sur la course de ses rêves. Il termine trentième de la dernière Grande Boucle et fait sans doute regretter à sa formation les places d'honneur passées.

La Silence-Lotto n'aura cependant pas à douter des qualités de son coureur. Evans a prouvé à Mendrisio qu'à 32 ans il avait toujours les jambes pour finir fort après plus de 250 km de course. Il a aussi montré qu'il n'est pas qu'un suiveur et qu'il peut lâcher ses adversaires sur ses attaques. Il a enfin envoyé un message aux deux grands absents Contador et Armstrong. L'été prochain, l'Australien arborera sa tunique arc-en-ciel sur les routes de France. Peut-être un bon moyen de chasser la guigne.