Denis Auguin: «Si Alain bat le record du monde, tant mieux»

NATATION L'entraîneur d'Alain Bernard est plus focalisé sur la place de son nageur que son temps...

Propos recueillis par Romain Scotto

— 

Le nageur français Alain Bernard, en discussion avec son coach, Denis Auguin, lors d'un entraînement à Castres, le 17 juillet 2009.
Le nageur français Alain Bernard, en discussion avec son coach, Denis Auguin, lors d'un entraînement à Castres, le 17 juillet 2009. — J.-P.Castres/REUTERS
De notre envoyé spécial à Rome,

Quand il parle de son élève, Denis Auguin emploie le «on». Comme s'il allait plonger lui aussi en série du 100m nage libre, mercredi matin, au côté du Brésilien Cielo. Le coach du champion olympique est même prêt à aller chercher un titre mondial...

Dans quel état de forme se trouve Alain, pour son entrée en lice sur 100m?

Il va bien, il n'y a pas de souci. Il a pris ses derniers repères avant le grand saut. Il est dans une belle série et ce n'est pas gênant. Encore une fois, les séries ne sont pas déterminantes pour le titre. Ce qui sera déterminant, ce sera la façon dont Alain s'y prend pour lancer sa compète.

N'y a-t-il pas un risque qu'il se prenne au jeu face à Cielo?

Ils sont joueurs, hein... Donc on ne sait pas comment ça peut tourner. S'il y en a un qui exagère un peu, l'autre va vouloir répondre. Je ne sais pas. Moi je lui ai donné les consignes, après...

Comment gère-t-on l'entrée en lice dans une épreuve dont on rêve d'aller chercher le titre?

On a la chance d'avoir eu le relais pour faire une première course, c'est important. Même si on aurait aimé que ça se passe différemment. Après... cette première course sert vraiment à poser les fondations d'un vrai 100m. Au niveau technique, surtout. Il faut faire une belle course et après, il suffit de passer dans les cinq.

Cielo est-il l'adversaire numéro 1?

Si on prend les résultats bruts, oui. Pour le titre en tout cas. Je ne peux pas uniquement fixer une stratégie sur un adversaire. Cielo, pour ne rien vous cacher, j'ai regardé la vidéo du relais. Dès la fin des Jeux, je l'ai identifié comme l'un des meilleurs nageurs de tous les temps. Il a une façon de s'y prendre qui est remarquable. C'est d'abord quelqu'un qui se propulse de façon remarquable. C'est un client.

D'où peut venir le danger sinon?

D'Alain. Il faut être joueur et ne pas être trop sûr de soi à la fois. On peut s'attendre à des demies finales extrêmement compactes. Avec ces combinaisons qui rapprochent certains nageurs. Il faut être extrêmement vigilant.

La course d'Alain en finale du relais, c'est ce que vous voulez voir à nouveau?

Je veux voir mieux (rires!) Surtout jeudi. Il y a eu quelques erreurs. Deux trois respirations qui ne sont pas bien placées, une coulée qui n'est pas au niveau. Ce sont des petites choses. Le but c'est de réussir à s'exprimer le jour de la finale.

Par rapport à Pékin, la hiérarchie a-t-elle changé à cause des combinaisons?

Je crois que les mêmes sont devant. Ce sera juste plus resserré. C'est pour cela que je me méfie des demi-finales.

Ca veut dire qu'on peut voir un record en demi-finales?

Oui! Mais on ne partira pas pour ça. Ce n'est pas l'objectif. On part pour se qualifier sans se mettre en difficulté. Si on bat le record du monde tant mieux. Après, l'objectif, c'est de toucher le premier en finale.