Le contre-la-montre par équipe: un exercice très particulier

CYCLISME Les équipes vont disputer un contre-la-montre par équipe de 39 km mardi. Un exercice où la solidarité doit être parfaite…

M. Go.

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Le cyclisme est souvent affaire de sacrifice. Les équipiers obligés de se cramer au pied des cols pour bien placer leur leader ne le savent que trop bien. Mardi, lors du contre-la-montre par équipe de 39 kilomètres, le peloton va devoir redécouvrir les joies de la solidarité. «C’est un exercice qui récompense l’homogénéité d’une équipe. Les gros rouleurs doivent faire attention à ne pas faire décrocher les plus faibles qui, eux, doivent rouler à 150%», résume Frédéric Moncassin. L’ancien coureur de la Gan et directeur des équipes de France se souvient encore de son dernier contre-la-montre par équipe sur le Tour Med’ en 1999. «Backstedt roulait tellement fort qu’on a terminé à 3 avec O’Grady.»

 
L'importance du management

Exactement le cauchemar que veulent éviter les directeurs sportifs mardi. Car, au terme du parcours disputé par toutes les équipes du peloton autour de Montpellier, le temps retenu sera celui du 5e à passer la ligne. Interdiction absolue de perdre trop de coureurs lessivés par l’effort collectif. Tout un art. «Quand tu prends ton relais, il ne faut pas accélérer tout de suite mais progressivement, km/h par km/h, explique Moncassin, très bon rouleur. Il y a des jeunes fadas qui croient qu’il faut prendre son relais comme on attaque. Toute l’équipe accélère et certains coureurs sautent.» La mécanique d’une équipe qui dispute un chrono ressemble à celle d’un train. Celui qui roule devant fait office de locomotive. Il se met dans le rouge contre le vent pendant 20 à 30 secondes avant de passer le relais et de s’abriter l’arrière du groupe. «L’ordre des coureurs est déterminé à l’avance mais ça se désorganise tout de suite car certains sont trop fatigués pour prendre des relais. Le management est fondamental dans ce genre d’exercice. Le directeur sportif doit réorganiser en permanence ses troupes», analyse Moncassin.

 

Un exercice très préparé par certaines équipes de rouleurs. «On doit tout prévoir, expliquait à 20 minutes.fr Jonathan Vaughters, directeur sportif de l’équipe Slipstream-Garmin qui s’est entraînée de longues heures sous le soleil de Gérone en Espagne. On a fait passer tout le monde en soufflerie. C'est comme cela qu'on détermine le bon placement, la meilleure position.» Mais vu l’intensité de l’effort (lors du dernier contre-la-montre en 2005, la Discovery Channel avait établi une moyenne de 57,32 km/h sur 67,5 kilomètres), les grosses écuries seront de toutes façons au rendez-vous. A moins que les trois premières étapes n’aient déjà fait mal aux organismes. «Les Saxo Bank ont roulé depuis deux jours pour défendre le maillot jaune et ils ont dû laisser des cartouches», prédit Moncassin.