Athlétisme : Un entraîneur britannique banni à vie pour des « comportements sexuels déplacés »

VIOLENCES Toni Minichiello, l’un des principaux entraîneurs de l’athlétisme britannique, a été banni à vie par sa fédération, à l’issue d’une enquête interne

N.S. avec AFP
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L'entraîneur d'athlétisme Toni Minichiello lors d'un concours d'heptathlon à Goetzis, en Autriche, le 26 mai 2012.
L'entraîneur d'athlétisme Toni Minichiello lors d'un concours d'heptathlon à Goetzis, en Autriche, le 26 mai 2012. — Kerstin Joensson / AP / Sipa

La sanction est tombée. Toni Minichiello, un des principaux entraîneurs britanniques d'athlétisme, a été banni à vie par la fédération britannique (UKA) après qu’une enquête interne a conclu qu’il avait eu de longue date des « comportements sexuels déplacés » envers plusieurs athlètes, a annoncé mardi la fédération.

Minichiello, qui était notamment l’entraîneur de Jessica Ennis-Hill lors de son titre en heptathlon aux Jeux olympiques de 2012 à Londres, a aussi eu des gestes et comportements « parfois agressifs » relevant du « harcèlement moral » envers des athlètes, selon les conclusions de cette enquête.

Toni Minichiello nie en bloc

« Je nie fermement toutes les accusations portées contre moi » a réagi mardi en fin d’après-midi dans un communiqué l’entraîneur de 56 ans.

L’identité des athlètes ayant été victimes de Minichiello n’a pas été dévoilée par le rapport de la fédération. Selon le Guardian et le Daily Telegraph, Ennis-Hill ne figurerait pas parmi elles. Elle n’a pas encore réagi publiquement après la sanction de son ancien entraîneur.

Minichiello avait été suspendu il y a un an dans l’attente des résultats de l’enquête de la fédération. Celle-ci a conclu qu’il avait « enfreint à de multiples reprises les termes de sa licence, sur une période excédant 15 ans », évoquant une « grave rupture de confiance ».

La santé des athlètes en jeu

« Je suis entraîneur depuis plus de trente ans et bien que j’aie été dur et exigeant, je ne me suis jamais comporté de manière inappropriée envers aucune de mes athlètes », a insisté l’entraîneur.

Alors que sa licence a expiré durant sa suspension, la UKA est « convaincue » qu’il n’y aura « plus jamais » la possibilité d’en accorder une autre à Toni Minichiello. Aussi toute nouvelle demande sera rejetée « à perpétuité ». La fédération britannique « considère que le sujet et les résultats de l’enquête sont de la plus grande gravité », avec « des répercussions majeures sur la santé et le bien-être mental des athlètes dont il a eu la charge », est-il encore écrit.

L’entraîneur remet en cause l’enquête

Pour sa part, Minichiello a affirmé que la justice « n’avait pas réussi à engager des poursuites » avec les preuves disponibles contre lui. « L’une des accusations les plus graves a eu lieu alors que je me trouvais dans un pays différent de la personne qui m’accusait » a-t-il assuré.

« Il est très important que la fédération réagisse rapidement aux allégations d’inconduite, en particulier lorsqu’elles sont faites par des jeunes athlètes. Cependant, ces enquêtes doivent être menées avec soin dans le respect d’une procédure équitable. Je ne crois pas avoir été traité de manière juste dans cette affaire », a-t-il conclu.