Athlétisme : Une commissaire de la police judiciaire reine du 800 mètres !

WORLD POLICE AND FIRE GAMES Cheffe de groupe au 2e district de police judiciaire à Paris, Manon P., jeune commissaire de 32 ans, a remporté une médaille d’or aux World police and fire games, une compétition réunissant des policiers et des pompiers du monde entier

Thibaut Chevillard
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Manon a remporté l'épreuve en 2'21
Manon a remporté l'épreuve en 2'21 — prefecture de police
  • Manon P., commissaire de 32 ans, a triomphé sur l’épreuve du 800 mètres aux World police and fire games, qui avaient lieu cette semaine à Rotterdam, aux Pays Bas.
  • La compétition, organisée depuis 1985, réunit tous les deux ans des milliers de pompiers et de policiers originaires du monde entier, qui s’affrontent à travers 63 disciplines.

En temps normal, Manon P. court après les délinquants et les trafiquants parisiens. Mais c’est finalement sur une piste d’athlétisme que cette commissaire, âgée de 32 ans, a été mise en lumière. La policière, qui travaille au deuxième district de police judiciaire, a en effet remporté la médaille d’or à l’épreuve du 800 mètres des World police and fire games. Une compétition qui réunit tous les deux ans, depuis 1985, des milliers de pompiers et policiers du monde entier. Cette année, elle est organisée à Rotterdam, aux Pays Bas, du 22 au 31 juillet. Cyclisme, karaté, tennis, natation… Parmi les 63 disciplines présentées, Manon a choisi de s’inscrire aux épreuves d’athlétisme. Samedi dernier, elle a terminé sa course en 2’ 21”, presque 10 secondes de moins que ses poursuivantes. « C’est mon meilleur temps de la saison, je ne suis qu’à 6 secondes de mon meilleur chrono ! » sourit-elle.

Lorsqu’elle était plus jeune, Manon a pratiqué l’athlétisme à haut niveau durant une dizaine d’années. « J’ai été championne de France par équipe et 5e en individuel aux championnats de France, avec un record en 2’ 15” », se souvient la policière, qui a mis de côté la compétition lorsqu’elle est devenue commissaire, en 2015. Entre le travail et la vie de famille, il était difficile de trouver le temps pour se maintenir au plus haut niveau sportif. « Mais je n’ai pas arrêté la course à pied, j’en ai besoin pour mon équilibre. Et c’est important, pour un policier, de se maintenir en forme physiquement. Alors, pendant six ans, j’ai plutôt fait des marathons, des biathlons, des 10 km », souligne-t-elle.

« Je vais remettre ça ! »

Manon a appris l’existence de ces World police and fire games lorsqu’elle était à l’école des commissaires. « Je me suis toujours dit qu’un jour, j’y participerai, car je trouvais le concept génial ! » Soutenue par ses chefs et la direction de la police judiciaire de la préfecture de police, elle s’est donc inscrite et s’est remise à s’entraîner il y a deux ans, avec pour objectif de retrouver de bonnes « sensations ». « Je n’étais pas détachée pour l’occasion, je me suis donc entraînée comme je pouvais, environ quatre fois par semaine. Parfois le midi, parfois le soir, parfois tôt le matin, poursuit-elle. À Paris, il y a des pistes d’athlétisme qui ferment à 22h. » La policière s’est, la plupart du temps, entraînée seule. De temps à autre, elle demandait à des collègues de servir de « lièvre », courant devant elle en imposant un rythme.

En arrivant aux Pays Bas, la policière ne savait pas vraiment « quel chrono il fallait avoir pour prétendre à la victoire ». Finalement, elle ramènera à la France une médaille d’or, en surpassant largement ses neuf concurrentes. « Si j’avais su, je pense que je me serais inscrite à d’autres disciplines. Notamment au 400 mètres, une course dans laquelle je suis forte, dit-elle. Mais je voulais vraiment ramener une médaille, alors je me suis concentrée sur le 800 ». Manon est « heureuse d’avoir représenté la police nationale grâce à (son) niveau en athlétisme et d’avoir participé à un événement de cette envergure ». Les prochains World police and fire games seront organisés l’année prochaine, au Canada (ceux de cette année avaient été décalés, Covid-19 oblige). La jeune commissaire ne pensait pas y participer. Mais son succès à Rotterdam a changé la donne. « Je vais remettre ça ! »

« Je sais que je suis capable de surmonter des trucs durs »

En attendant, elle a retrouvé le groupe qu’elle dirige au sein du 2e DPJ, un service en pointe dans la lutte que mène la police aux délinquants et criminels parisiens. Selon elle, cette victoire ne pourra que lui être profitable dans son travail. « Aller au bout de mes limites physiques, c’est quelque chose qui me sert, car je sais que je suis capable de surmonter des trucs durs, que cela soit sur le plan psychologique comme physique. » Les malfaiteurs, s’ils veulent avoir un temps d’avance sur elle, n’ont plus qu’à s’entraîner sérieusement.