Patinage : Amélie Oudéa-Castéra veut rencontrer la nouvelle présidente, « téléguidée » par Didier Gailhaguet

ELECTIONS La ministre des Sports souhaite entendre Gwenaëlle Noury, élue samedi à la tête de la Fédération française de patinage avec le soutien supposé de Didier Gailhaguet, qui avait été évincé en 2020 après la révélation d'un scandale de violences sexuelles

N.C. avec AFP
— 
La ministre des Sports Amélie Oudéa-Castera, le 8 juin 2022.
La ministre des Sports Amélie Oudéa-Castera, le 8 juin 2022. — Jacques Witt/SIPA

La ministre des Sports et des Jeux olympiques, Amélie Oudéa-Castéra, a proposé à la nouvelle présidente de la fédération des Sports de glace de la rencontrer mardi, a-t-elle indiqué dimanche en marge de la journée olympique au Stade de France. Samedi, la présidente sortante de cette fédération, Nathalie Péchalat, s'est fait évincer par une inconnue, Gwenaëlle Noury, qu’elle assure être « téléguidée » par l'ancien président Didier Gailhaguet, accusé d’avoir couvert un entraîneur mis en cause pour viols et agressions sexuelles.

« Gwenaelle Noury a gagné par 52 % des voix, je lui ai proposé qu’on puisse se rencontrer dès mardi », a indiqué la ministre à la presse aux abords du Stade de France, interrogée sur le résultat de cette élection. « Ce qui est important pour nous c’est d’abord de respecter le résultat de cette élection mais de faire en sorte que tout le combat pour la libération de la parole des victimes et pour la prévention, la lutte contre les violences sexuelles, soit poursuivi avec la plus grande opiniâtreté », a-t-elle ajouté dans la même veine qu’un tweet fait samedi.

« La honte intersidérale »

« Il faut continuer à ce que cette fédération soit concentrée sur ces points-là en même qu’elle continue de porter sa trajectoire de développement », a-t-elle insisté. « Il y a un message de très grande fermeté et de clarté sur ces enjeux que nous voulons absolument porter et je pense qu’il est de ma responsabilité de rendre ce message tout à fait clair », a-t-elle encore martelé. La nouvelle présidente, qui n’avait eu aucune expression publique pendant la campagne, a dit samedi avoir « consulté » Didier Gailhaguet « un consultant comme tous les autres ». Elle ne s’est pas exprimée sur les violences sexuelles.

Nathalie Péchalat avait été élue il y a deux ans après le scandale des violences sexuelles secouant la fédération à la suite des révélations de Sarah Abitbol, violée adolescente par son entraîneur. En 2020, c’est à l’issue d’un violent bras de fer avec la précédente ministre des Sports Roxana Maracineanu, que Didier Gailhaguet, avait jeté l’éponge. « C’est la honte intersidérale pour l’ensemble des sports de glace, on revient à un autre système de valeurs, à un autre fonctionnement, à d’autres méthodes qui ne sont pas les miennes », a réagi Nathalie Péchalat après le résultat de l’élection.