Roland-Garros 2022 : « Il faut secouer le cocotier », le DTN Nicolas Escudé dézingue le tennis français

TENNIS Le directeur technique national a tiré ce dimanche le bilan des Français à Roland-Garros

François Launay
— 
Ugo Humbert a été éliminé au premier tour de Roland-Garros
Ugo Humbert a été éliminé au premier tour de Roland-Garros — J.E.E/SIPA
  • Pour la deuxième année d’affilée, aucun Français n’a atteint les huitièmes de finale de Roland-Garros.
  • Des mauvais résultats que Nicolas Escudé veut éviter à l’avenir.
  • Le DTN, en poste depuis l’an passé, veut relancer la formation française.

Une sortie au lance-flammes. Mais au moins, on ne pourra pas reprocher à Nicolas Escudé de se cacher derrière les cinq Français qualifiés (et éliminés) cette année au troisième tour de Roland-Garros. Si le bilan est meilleur que l’an passé (zéro qualifié), le DTN n’a pas versé dans le satisfecit.

« On est forcément déçu de ne pas avoir de Français en deuxième semaine. Mais c’est compliqué en ce moment. Une génération est en train de tourner la page (Tsonga, Simon). La génération d’en dessous marque le pas. On n'a pas d'Alcaraz aujourd’hui. On a des bons joueurs mais il faut peut-être leur laisser un peu plus de temps. A nous aussi de faire en sorte que ça avance beaucoup plus vite que ça », déroule l’ancien joueur, arrivé au poste de DTN l’an passé.

« Il va falloir passer des coups de balai »

Et pour accélérer les choses et retrouver des résultats au plus haut niveau, Escudé veut mettre un gros coup de pied dans la fourmilière de la fédération et de la formation à la française. Où beaucoup d’entraîneurs restent en place sans forcément avoir des résultats. « Il faut que tout le monde prenne la mesure des choses. Ça va du DTN à l’enseignant de club. Il va falloir secouer le cocotier d’une manière ou d’une autre. Il va falloir remobiliser et passer des coups de balai. Ca va fait partie des sujets de réflexion qu’on est train de mener », reconnaît Escudé.

Un grand ménage devrait donc bientôt démarrer du côté de la FFT. Mais les entraîneurs ne sont pas les seuls visés. Les joueurs et joueuses sont aussi dans le viseur du DTN. A force d’obtenir des wild-cards en tournoi sans forcément obtenir des résultats, beaucoup d’espoirs se sont endormis sur leurs lauriers.

Les joueurs aussi pointés du doigt

« Les joueurs et joueuses ont aussi leur part de responsabilité. En tant que fédération, on n’est pas là pour faire du social. On n’est pas là pour aider et donner un petit peu d’argent si ce n’est pas pour faire de la performance. C’est simple la vie en France. On peut vivre décemment du tennis sans avoir des objectifs extraordinaires. Mais le haut niveau, ça doit être du confort dans l’inconfortable pour repousser ses limites en permanence. C’est un travail tout au long de l’année », enchaîne le DTN.

Pour réveiller tout le monde et retrouver des résultats à court ou moyen terme, plusieurs pistes de travail ont débuté ou sont en cours, comme un travail de fond sur la détection précoce en lien avec les ligues régionales, la remise en place d’un pôle féminin à Poitiers ou faire s’entraîner les meilleurs jeunes au même endroit. Seul l’avenir dira si la fédération peut vite rattraper son retard sur les autres pays. Au vu des résultats actuels chez les Français, il sera en tout cas compliqué de faire pire.