Monfils serre les dents

TENNIS Le Français, souffrant toujours du genou, n'est pas sûr de jouer Roland-Garros...

R.S.

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Le tennisman français Gaël Monfils lors de sa défaite en 8e de finale du tournoi de Miami face à Andy Roddick.
Le tennisman français Gaël Monfils lors de sa défaite en 8e de finale du tournoi de Miami face à Andy Roddick. — C.Barria/REUTERS

Un frisson parcourt la tribune endormie du Paris Country club. Gaël Monfils grimace. Le premier set de son match d’exhibition face à Marcos Baghdatis n’est pas encore terminé et le Français appelle déjà le soigneur. Son genou gauche le fait souffrir. Moins d’une heure après son entrée sur le court champêtre de Rueil-Malmaison, la douleur le pousse à rejoindre sa chaise, jambes tendues, les yeux rivés vers son clan. La bandelette qui soutient son genou gauche est changée pour la première fois du match. Deux autres interventions du kiné suivront quelques minutes plus tard.

L'état de santé de la Monf n’a rien de rassurant à quatre jours de l’ouverture de Roland-Garros. S’il n’a pas encore tiré un trait sur sa participation au tournoi, le Français n’est pas vraiment en mesure d’affirmer s’il défendra sa place de demi-finaliste de la saison passée. A l’occasion du Masters Guinot-Maricor, «Slideman» entendait prendre des repères, disputer quelques jeux sur terre battue face à un adversaire qui, pour l’anecdote, l’a haché menu 6-4 ; 6-0. Il quitte finalement le club ultra-sélect de la banlieue parisienne avec «la pire douleur qu’il n’a jamais ressentie sur un court».

Une heure de tennis par jour

Une douleur qui l’empêche même de marcher correctement en filant en salle de presse. Qui le fait souffrir au quotidien, mais qu’il dit apprivoiser au fil du temps. «En serrant les dents.» Depuis plus de trois semaines et son apparition éclair à Monte-Carlo, Monfils s’est tenu éloigné des tournois, s’est soigné, mais n’a jamais vraiment reposé sa raquette. «Au début, au bout d’une demi-heure je ne pouvais plus jouer. Mais là, ça va mieux. J’arrive à contrôler la douleur. Donc je m’entraîne au moins une heure par jour.»

Sur le court, les glissades, les lifts et les cris d’accompagnements sont bien présents. Mais les montées au filet et la couverture de terrain sont parfois hasardeux. Quand les dérapages se terminent en grand écart, son adversaire du jour s’enquiert immédiatement de sa santé, conscient qu’il joue un Monfils titubant. Mais toujours souriant. Vu l'attente placée en lui à Roland depuis un an, il n'est pas idiot de masquer les apparences.