Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Des moutons pour entretenir un secteur pavé de Paris-Roubaix ?

Paris-Roubaix : Des moutons pour entretenir les pavés de la Trouée d’Arenberg ?

CYCLISMEPendant 30 mois, la Trouée d'Arenberg n'a pas vu passer le Paris-Roubaix. Entre les pavés, de l'herbe a poussé. Des brebis pourraient bientôt être utilisées pour entretenir ce mythique passage de l'Enfer du Nord
Floréal Hernandez

F.H. avec AFP

On ne parle pas de brebis égarée dans le Trouée d'Arenberg. Non, le célèbre secteur pavé de Paris-Roubaix pourrait sous peu être entretenu par des moutons. Une conséquence de l'épidémie de Covid-19. Kamoulox, dites-vous? Non, on vous explique comment les moutons peuvent être l'avenir du pavé prisé ou honni par les cyclistes.

Paris-Roubaix a été annulé en 2020, et reportée en octobre en 2021. Pendant ces trente mois, la Tourée d'Arenberg, longue de 2.300 mètres et comptant environ 276.000 pavés, est restée désertée par les vélos de compétition. «On a été pris au dépourvu quand on s'est rendu compte après deux années de non-utilisation que l'herbe avait repoussé en quantité incroyable. On n'avait qu'une solution, faire un nettoyage en profondeur pour enlever toute l'herbe», explique à l'AFP Thierry Gouvenou, «Monsieur Paris-Roubaix» au sein d'ASO, la société organisatrice. «On a commencé à réfléchir à d'autres solutions, plus écologiques. Et donc l'éco-pâturage, faire venir des brebis régulièrement dans la Trouée pour manger l'herbe qui pousse naturellement», ajoute le directeur de course.

Arrivée prévue des brebis, cet été

Haut-lieu de Paris-Roubaix dont elle est le symbole international depuis 1968, la Trouée d'Arenberg est un site classé, géré par l'ONF (Office national des forêts). Strictement protégé, en raison d'une réserve ornithologique proche, interdit aux véhicules et seulement fréquenté par les promeneurs. «En accord avec l'ONF, la commune de Wallers et la communauté d'agglo de la Porte du Hainaut, on va faire une tentative. L'ONF a l'habitude de travailler avec des gens qui font de l'éco-pâturage sur certains sites», détaille Thierry Gouvenou.

Quel volume de troupeau ? Quelle durée de pâturage ? Quelle fréquence de passage ? «Il y a encore des détails à régler», répond le directeur du course. «On n'est pas sûr de notre coup à 100 %, mais on veut tenter cette opération. On sent bien qu'on se fait déborder par la poussée de l'herbe et, si on ne fait rien, on ne peut pas faire passer la course».

Le calendrier prévoit une mise en place dès cet été, au moment de la poussée la plus importante. «Si on arrive à une Trouée propre au début de l'hiver, on sera tranquille au printemps prochain», estime Thierry Gouvenou. «Il suffira ensuite d'un petit balayage au dernier moment et ce sera bien mieux pour tout le monde, aussi bien financièrement qu'écologiquement».