Paris-Roubaix : Les amoureux des pavés ont enfin retrouvé leur Trouée

CYCLISME 903 jours après sa dernière édition, Paris-Roubaix a retrouvé ses pavés ce dimanche 3 octobre. Exemple sur la trouée d’Arenberg.

Francois Launay
— 
Les passionnés se sont massés sur la trouée d'Arenberg
Les passionnés se sont massés sur la trouée d'Arenberg — F.Launay/20 Minutes
  • Deux ans et demi après, Paris-Roubaix a fait son grand retour ce dimanche 3 octobre.
  • L’épreuve mythique pour ses pavés a retrouvé ses passionnés massés le long des secteurs pavés.
  • Exemple dans la mythique trouée d’Arenberg où les fans étaient nombreux malgré une météo capricieuse.

Ils sont venus, ils sont tous là et pour rien au monde, ils n’auraient raté ça. Malgré la pluie, malgré le froid, les passionnés de Paris-Roubaix se sont retrouvés en nombre dimanche sur la trouée d’Arenberg, l’un des lieux mythiques de la course. Certains comme David, venu exprès de Londres n’ont pas hésité à traverser la Manche pour retrouver la reine des classiques de retour après deux ans et demi d’absence pour cause de crise sanitaire.

« Je viens ici chaque année. C’est la plus belle course d’un jour. C’est une immense classique malgré un temps typiquement anglais ce dimanche (rires). Je n’avais jamais vu un Paris-Roubaix sous la pluie. C’est toujours spectaculaire. D''habitude, on prend nos vélos et on roule sur une partie de la trouée avant la course. Mais aujourd’hui, c’était impossible », regrette le Britannique.

Beaucoup de Belges sur le parcours

Un climat qui ne fait pas non plus les affaires de Gianni. Cet ancien cycliste, ancien coéquipier de Poulidor, s’est reconverti dans la vente de maillots vintage à chaque grande course. Mais ce Paris-Roubaix 2021 ne sera pas un grand cru pour le business. « Le temps est très mauvais malheureusement. Je fais 5 % de mon chiffre d’affaires habituel. D’habitude, je vends environ 300 maillots, là j’en ai vendu cinq. Ce sont les Belges éméchés qui m’en achetaient avant mais là, on est vraiment tributaires du temps », se lamente celui qui assure avoir « lancé la mode vintage dans le monde ».

Si les Belges sont moins éméchés que d’habitude, ils sont toujours bien présents qu’ils soient flamands ou wallons. Venus de Sint Niklaas, une commune proche d’Anvers, Stijn et ses potes se réchauffent en faisant chauffer un mini-barbecue sur lesquels vont venir griller des hamburgers. « On est venu pour la fête mais aussi pour soutenir Wout Van Aert, notre grand favori. J’espère juste qu’il n’y aura pas beaucoup d’accidents chez les coureurs ». Un peu plus loin, place aux Wallons avec Erwan et ses copains. « Il fallait être là, c’est un Paris-Roubaix qui va être mythique vu les conditions climatiques. On se réchauffe avec la bière et la petite soupe que Maman a faite », sourit le jeune homme impressionné par « ces guerriers ».

Des spectateurs bluffés par le courage des coureurs

Même chose pour Valentin, un Français venu de la commune voisine de Lecelles. « Paris-Roubaix, c’est la tradition familiale. On vient chaque année à Arenberg et c’était impossible de rater ça cette année malgré le temps. S’il semble y avoir un peu moins de monde que d’habitude, les irréductibles sont là ».

Des irréductibles encore plus bluffés cette année par le passage de coureurs recouverts de boue et en pleine lutte contre les éléments. A peine le temps de les applaudir que la majorité se précipite pour reprendre sa voiture et foncer jusqu’au carrefour de l’arbre, autre secteur mythique, situé à quelques kilomètres de l’arrivée. Paris-Roubaix est bel et bien de retour et la pluie, la boue et le froid n’ont fait que renforcer la légende d’une course vraiment à part.