France-Côte d’Ivoire : Giroud as usual, la fratrie Hernandez pas toujours raccord... Les leçons de la victoire française

FOOTBALL Les Bleus se sont imposés à la toute dernière minute après un match à la fois emballant et préoccupant sur certaines séquences

Julien Laloye
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Olivier Giroud a inscrit son 47e but avec les Bleus face à la Côte d'Ivoire.
Olivier Giroud a inscrit son 47e but avec les Bleus face à la Côte d'Ivoire. — Daniel Cole/AP/SIPA

Giroud revient par la fenêtre, as usual

Qui peut encore douter de la force mentale monumentale de l’attaquant tricolore ? Pas un mot plus haut que l’autre depuis que DD l’a jeté à la benne sans égards après l’Euro, un retour par la petite porte en raison du forfait de Benzema, une place de titulaire grâce au petit rhume de Kylian Mbappé, et un 47e but en équipe de France, à quatre longueurs de Titi Henry.

Giroud a fait du Giroud, pivot, remiseur, premier défenseur, même si on peut lui reprocher d’avoir râlé plutôt que de s’être replacé avant l’ouverture du score de Pépé. Le Vélodrome a fêté son but comme si c’était Milik, ce qui dit le respect, désormais, des supporteurs tricolores, pour l’attaquant milanais. Et des joueurs. « Il mérite cette opportunité, il l’a saisie, a réagi Lloris. Ce n’est pas n’importe qui avec les Bleus et même si en attaque il y a beaucoup de talents, les choix appartiennent au coach. On sait ce qu’il est capable de donner pour notre équipe et c’est bien. Il a eu l’opportunité de se rapprocher du record de Titi. Il ne le doit qu’à lui-même ».

On a le droit de penser que DD s’est mis dans la sauce tout seul en rappelant un joueur qui répond TOUJOURS présent en équipe de France, mais c’est un débat pour plus tard, a répondu en substance le sélectionneur : « Je ne suis pas là pour relancer les débats, je vous fais confiance pour en trouver de nouveaux s’il y a des besoins ou de continuer ceux existants. Je ne me crée pas de problèmes, je fais en sorte d’être cohérent par rapport à ce que je dis aux joueurs. Quand je mets Olivier, je ne le mets pas pour que ça se passe mal. Il a retrouvé le groupe, tant mieux pour lui qu’il ait augmenté son compteur. Après vous allez dire : " Après ? Et si ? " On verra ».

Peut-on mettre Tchouaméni sur le banc ? (non)

82 ballons joués, 12 duels gagnés sur 16, 2 dribbles réussis sur deux dribbles tentés, 9 ballons récupérés, 2 interceptions, et un coup de caboche à la 92e pour donner la victoire à l’équipe de France. Aurélien Tchouaméni n’a que 8 sélections en bleu, mais on se demande déjà comment le sortir de l’équipe. Bien sûr, Kanté peut mettre tout le monde d’accord par son activité quand il n’est pas blessé, bien sûr il n’a pas la virtuosité de la Pioche dans ses ouvertures longue distance, mais c’est un mini-Pogba en puissance sens les trous d’air de son aîné, parfois.

DD en était tout ému : « Aurélien, c’est du haut niveau. Il a un potentiel énorme avec beaucoup de maîtrise. Avec Paul (Pogba), c’est un binôme. Il a cette capacité dans l’agressivité et la récupération qui est un peu supérieure à Paul. Paul est porté un peu plus vers l’avant quand même. Ils ont vraiment fonctionné en doublette, voire en triplette avec Antoine Griezmann qui est important. »

Interrogé par M6 au bord du terrain, le milieu monégasques est apparu aussi serein que sur le terrain : « J’essaie de rester calme. C’est vrai que c’est beau ce qui m’arrive mais comme je l’ai dit depuis le début j’ai différents objectifs et là, par exemple, marquer mon premier but était un objectif. Maintenant on va passer à autre chose. Il y a l’équipe et le staff qui m’aident beaucoup à montrer ma personnalité et c’est ça qui fait que sur le terrain je me sens super bien ».

Théo Hernandez attaque mieux qu’il ne défend

Le 3-4-3 tricolore, qu’on imagine définit dans l’esprit du staff, a confirmé ses vertus et ses défauts. Dans cette configuration, l’équipe de France est très séduisante, parfois irrésistible, comme l’a estimé Patrice Beaumelle, le sélectionneur ivoirien, mais elle se fragilise parfois toute seule défensivement sans qu’on comprenne toujours comment la chaîne de responsabilité peut foirer à ce point-là, comme sur le but de Pépé.

Théo Hernandez incarne à lui seul ce double visage. La mobylette milanaise a ravagé son couloir, réveillant tous les voisins pour son rodéo au milieu de la nuit. Pas moins d’une dizaine de montées décisives, dont la moitié s’est terminée par une frappe ou un duel avec le gardien. Le cadet des Hernandez aurait pu s’offrir un doublé, il s’en sort finalement avec sa 4e passe dé en cinq sélections.

Côté pile, maintenant. Théo a galéré comme pas permis avec son frère pour combler les trous en défense, parfois hors de position, parfois mal placé pour boucher les intervalles de passe, même s’il a été plus solide après le repos. « En première mi-temps on a vraiment attaqué, ce qui fait que sur certaines contre-attaques la Côte d’Ivoire a eu la possibilité de nous percer, a concédé Tchouaméni. En deuxième mi-temps on a un peu resserré la vis et je pense qu’on a même pas concédé une seule occasion ».

C’est vite dit, puisque Lloris a dû se détendre deux fois​ de tout son long pour éviter le drame sur des frappes lointaines, à un moment où le jeu tricolore se délitait dangereusement. Mais ce sera autre chose avec Mbappé et Benzema, dont la force de frappe offensive peut suffire à en planter trois en dix minutes et souffrir le reste du temps. Au Vélodrome, c’est Coman qui a dû s’occuper de tout quand ça ne ressemblait plus à rien, après une première heure très discrète. Mais ça a failli ne pas suffire.